Dhou l-Qarnayn que Allah l’agrée

Le récit de notre maître Dhou l-Qarnayn radiya l-Lahou "anhou wa ’ardah a été rapporté dans le Qour’an honoré. Il était au nombre des grands saints vertueux. Comment s’appelait-il et qu’a-t-il donc fait ?

 

Il s’appelle As-Sa"b fils de Al-Harith. Il a été dit qu’il s’appelait As-Sa"b fils de Dhou Mara’id qui était le plus réputé des Toubba", la dynastie des rois du Yémen. Un de ses descendants l’a cité par des vers de poésie ancienne, parmi lesquels :

 

Dhou l-Qarnayn mon aïeul était musulman

            Un roi qui a gouverné sur terre sans être injuste

Il avait atteint les levants et les couchants en recherchant

            Une souveraineté que lui a accordée un Seigneur généreux et juste.

 

On rapporte que notre maître Al-Khadir était son ministre et qu’il était à la tête de son armée. Dhou l-Qarnayn a fait le pèlerinage à pied du Yémen jusqu’à La Mecque honorée. Il y a rencontré notre maître ‘Ibrahim et notre maître ‘Isma"il "alayhima s-salam. Il a effectué en leur compagnie les tours rituels autour de la Ka"bah honorée et a égorgé les sacrifices pour Allah ta"ala.


Lorsque notre maître ‘Ibrahim avait entendu la nouvelle de son arrivée, il l’avait accueilli et avait fait des invocations en sa faveur. Il lui a également fait des recommandations. On lui amena un cheval pour qu’il le monte mais il avait répondu avec respect et politesse : Je ne monte pas sur une monture dans une ville dans laquelle se trouve le Khalil ‘Ibrahim "alayhi s-salam. Allah ta"ala lui a alors asservi les nuages et notre maître ‘Ibrahim lui a annoncé cette bonne nouvelle. Les nuages l’emportaient ainsi quand il le désirait.


Parmi les choses qui l’ont caractérisé, Allah lui a donné longue vie. Il lui a donné la victoire au point de lui accorder la domination des pays. Il a pu conquérir les villes et a avancé jusqu’à atteindre le levant et le couchant. Celui qui suivait la religion de l’Islam était épargné. Sinon, il le confondait et le couvrait de honte.

Parmi les prodiges éclatants par lesquels Allah l’a honoré, Allah lui a enseigné la connaissance des hauts lieux et des vestiges de la terre. Il avait également la compréhension des différentes langues. Il n’a jamais fait la conquête d’un peuple sans qu’il ne leur parle dans leur langue. Parmi les bienfaits qui lui avaient été accordés, Allah lui a asservi une lumière et une obscurité. Lorsqu’il marchait de nuit, sa route était éclairée devant lui et l’obscurité restait derrière lui.

 

Il arrivait aussi que l’obscurité soit jetée par la volonté de Allah contre un peuple qui refusait la religion de l’Islam et tentait de combattre Dhou l-Qarnayn. Elle pénétrait alors dans leurs antres et dans leurs maisons. Elle les enveloppait de toutes parts au point qu’ils cédaient et reculaient. C’est ce qui était arrivé lorsqu’il avait marché un jour en direction d’une région de l’occident, là où se couche le soleil. Il avait vu là un peuple de mécréants. Ils étaient injustes et criminels et avaient multiplié la corruption, faisant couler beaucoup de sang. Il leur avait donné à choisir : subir un châtiment terrible, et pour subir, après leur mort, un châtiment encore plus intense au jour du jugement, ou devenir croyants, accomplir les bonnes œuvres pour gagner ainsi la grande félicité au paradis. Il résida parmi eux un certain temps à diffuser la bonne guidée et le bien.


Il décida ensuite d’aller du couchant du soleil à son levant, là où il se lève. Il parvint à une terre sans habitations, ni montagnes ni arbres. Il vit là des gens surprenants : lorsque le soleil se levait, ils entraient dans des galeries qu’ils avaient creusées dans le sol, par crainte de la chaleur intense du soleil. Ou encore, ils plongeaient dans l’eau. Lorsque le soleil se couchait, ils sortaient et pêchaient le poisson. Il arriva un jour qu’une armée parvienne jusque chez eux. Ils dirent alors aux soldats : Ne restez pas ici de sorte que le soleil ne se lève pas alors que vous êtes toujours là. Ils leur répondirent : Nous ne bougerons pas jusqu’à ce que le soleil se lève. Puis les soldats inspectèrent la région. Ils trouvèrent beaucoup d’ossements. Ils leur demandèrent quelle en était l’origine. Ils leur répondirent : ce sont les squelettes et les cadavres d’une armée qui a été exposée au soleil qui se levait, il y a un certain temps. Ils sont morts ici. C’est alors que l’armée a battu retraite.


Notre maître Dhou l-Qarnayn partit en conquérant, combattant, appuyé et victorieux jusqu’à parvenir à un pays situé entre deux montagnes. Il s’agit de deux montagnes élevées et lisses en face l’une de l’autre. Entre ces deux montagnes résidait un peuple dont on pouvait à peine comprendre la langue. Ils étaient voisins d’un peuple de gens méchants, à savoir le peuple de Ya’jouj et Ma’jouj. Ce sont des corrupteurs sur terre, égarés et égarant autrui.

Quand les habitants du pays situé entre les deux montagnes virent que Dhou l-Qarnayn est un roi fort et puissant, âpre au combat, au pouvoir étendu et disposant de beaucoup d’aides, ils recherchèrent auprès de lui le secours pour qu’il édifie un barrage qui les séparerait de leurs voisins. Ce barrage couperait le pays et les protègerait de leur injustice. Ils lui donneraient en contrepartie de ce service une rémunération. Dhou l-Qarnayn dit avec chasteté et vertu : Le bienfait et le pouvoir que mon Seigneur m’a accordé valent plus que tout ce que vous collecterez pour moi. Cependant, aidez-moi avec la vigueur de votre travail et tout le matériel de construction disponible pour construire le barrage.

Ils amenèrent d’énormes morceaux de fer comme il le leur avait demandé. Chaque morceau pesait un quintal ou plus. Il les disposa entre les deux montagnes, les uns sur les autres de la fondation jusqu’aux sommets des deux montagnes. Ensuite il recouvrit les morceaux de fer avec du charbon et du bois et il attisa le feu. Il ordonna que l’on ventile avec des soufflets afin que les braises chauffent davantage. Il amena ensuite du cuivre fondu avec du plomb et le déversa sur ces morceaux de fer. Ils se soudèrent, se consolidèrent et collèrent les uns aux autres. Ils constituèrent ainsi un barrage gigantesque, lisse et extrêmement épais. Son hauteur atteignait deux cent cinquante coudées de sorte qu’il était très difficile de l’escalader puisqu’il ne comportait aucune prise ni aucune fissure. Il était de plus extrêmement difficile de le percer.

Lorsque Dhou l-Qarnayn termina la construction du barrage par l’aide de Allah et la réussite qu’Il accorde, il dit : « Ceci est une miséricorde de la part de mon Seigneur. Lorsque ce que mon Seigneur a promis arrivera, Il fera qu’il soit pulvérisé. Ce que mon Seigneur promet est véridique ». C’est ainsi qu’il emprisonna le peuple de Ya’jouj et Ma’jouj derrière ce barrage.


Le Messager de Allah r nous a appris qu’il n’y a pas un seul d’entre eux qui meurt sans qu’il donne naissance à mille ou plus de ses descendants directs. Leur nombre deviendra très élevé avant leur sortie, au point que les humains au jour du jugement représenteront un pour cent de leur nombre. Mais il n’est pas confirmé, selon ce que certains disent, que leurs oreilles seraient longues, qu’ils poseraient leur tête pour dormir sur l’une d’elles et se couvriraient de l’autre, et qu’ils seraient de petite taille.


Chaque jour, ils essaient de percer le barrage mais n’y parviennent pas. Après un dur labeur, en fin de journée, ils disent : Demain nous poursuivrons. Au lendemain, ils reviennent et trouvent que ce qu’ils avaient commencé la veille est rebouché ! Ils demeureront ainsi à travailler chaque jour jusqu’au jour où ils diront : Demain nous poursuivrons si Dieu le veut. Ils reviendront alors le lendemain et retrouveront ce qu’ils avaient entamé la veille tel qu’ils l’avaient laissé. Ils continueront à creuser pour pouvoir sortir. Leur sortie constitue l’un des grands signes annonciateurs du jour du jugement, que Allah nous protège ainsi que vous du châtiment et des épreuves de ce jour.


Dhou l-Qarnayn a vécu des centaines d’années jusqu’à ce que Allah ta^ala le fasse mourir. C’est ainsi qu’il a amassé beaucoup de provisions : la piété et les bonnes œuvres.