Hizqil "alayhi s-salam

Allah ta"ala dit :


]ألم ترَ إلى الذين خَرَجُوا مِنْ ديارِهِمْ وهم أُلوفٌ حَذَرَ الموتِ

 

فقال لَهُمُ الله مُوتوا ثم أحياهم، إن الله لَذُو فضلٍ على الناسِ

 

ولكنَّ أكثرَ الناسِ لا يَشْكُرون[

 

[Al-Baqarah / 243] ce qui signifie : « Vois-tu ceux qui sont partis par milliers de chez eux par crainte de la mort. Allah leur dit : Mourez. Puis Il les a ressuscités. Certes Allah a une grâce sur les gens mais la plupart des gens ne remercient pas ».

 


Le désintérêt des fils de ‘Israil pour le combat


Après la mort de Mouça "alayhi s-salam, ce fut son serviteur Youcha" fils de Noun "alayhi s-salam qui prit en charge les affaires des fils de ‘Israil. Après Youcha^, ce fut le mari de Maryam, la sœur de Mouça "alayhi s-salam, Kalab fils de Youfna. Celui-ci n’était pas prophète. Après lui, ce fut notre maître Hizqil fils de Youdha. Il est le prophète qui invoqua Allah afin que soient ressuscités ceux qui avaient quitté leurs maisons par milliers par crainte de la mort.

Il a été rapporté qu’un des rois des fils de ‘Israil était dans un village qui s’appelait Dawardan quelque part en direction de l’est de Wacit en Iraq. Il ordonna à son peuple de partir combattre leurs ennemis mais son peuple ne fit preuve que de peu de courage. Ils craignaient en fait de trouver la mort durant le combat. Ils prétendirent alors que la peste sévissait dans la région où ils devaient aller se battre et qu’ils ne s’y rendraient que lorsque l’épidémie aurait disparu. Allah les éprouva aussitôt. Il fit que la peste s’abatte sur leur village. La majorité des habitants s’enfuit alors vers une autre région. La plupart de ceux qui étaient restés dans le village moururent ; seuls quelques-uns furent épargnés. Ainsi, nombreux furent ceux qui, partis, échappèrent à la mort. Lorsque la peste disparut, ils revinrent sains et saufs. Ceux qui étaient restés dirent : « Nos compagnons qui sont partis durant l’épidémie de peste ont été plus courageux que nous. Si nous avions fait comme eux, bon nombre d’entre nous aurait également été sauvé ».

 

Quelques temps plus tard, la peste réapparut. Une partie des habitants s’enfuit alors vers une contrée aux vallées étendues, en disant : « Nous fuyons pour gagner une terre dans laquelle nous échapperons à la mort ». Leur Prophète ayant vu leur négligence pour le combat, par crainte de la mort, voulut leur faire comprendre que rien ne les protègerait de ce qui leur est prédestiné. La fuite devant le jihad ne fait ni rapprocher l’échéance de la mort ni la retarder. L’échéance est prédéfinie. La subsistance est prédestinée et elle n’est ni augmentée ni diminuée, conformément à la parole de Allah ta"ala :


]أينما تكونوا يُدْرِككُّمُ الموتُ ولو كُنْتُم في بُرُوجٍ مُشيَّدَةٍ

 


[An-Niça / 78] ce qui signifie : « Où que vous soyez, la mort vous atteindra quand bien même vous vous trouveriez dans des tours élevées ».


Le Prophète Hizqil "alyhi s-salam invoqua son Seigneur en disant :


"اللهمَّ ربَّ يعقوبَ وإلهَ موسى، ترى معصيةَ عبادِك فَأَرِهِمْ ءايةً في

 

أنفسِهم حتى يعلموا أنهم لا يستطيعونَ الفِرارَ من حُكْمِك وقضائِك"

 

ce qui signifie « Ô Allah, Toi le Seigneur de Ya"qoub, le Dieu de Mouça ! Tu vois la désobéissance de la part de Tes esclaves ! Aussi, montre-leur un signe en eux-même afin qu’ils sachent qu’ils ne peuvent pas fuir ce que Tu as prédestiné ».


Lorsqu’ils arrivèrent dans la vallée, avec leurs animaux, deux anges s’écrièrent de part et d’autre de celle-ci : « Mourez » et tous moururent en un instant, tout comme leurs bêtes.


Huit jours s’écoulèrent à peine que leurs corps éclatèrent et devinrent nauséabonds. Les tribus des fils de ‘Israil sortirent les voir et furent étonnées de ce qui leur était arrivé. Leurs corps étaient tellement couverts de mouches qu’ils ne purent les enterrer. C’est ainsi qu’ils les laissèrent sur cette terre. Ils bâtirent autour d’eux une enceinte en pierres afin d’éviter que les fauves ne consomment leurs cadavres.


Peu de temps après, leurs corps se sont fragmentés et leurs os sont apparus. Le Prophète Hizqil "alayhi s-salam qui était parti à leur recherche, passa auprès d’eux. Il les regarda, immobile, étonné de ce qui leur était arrivé et, pris de miséricorde pour eux, il se mit à pleurer en disant : «  Ô Seigneur, j’étais au sein d’un peuple qui T’adorait et qui évoquait Ton nom. Si Tu le veux, Tu ressusciteras ces gens afin qu’ils remplissent les villes qui T’appartiennent et T’adorent ».

 

Allah ta"ala dit ce qui signifie : « Souhaites-tu qu’il en soit ainsi ? »

 

Alors Hizqil répondit : « Oui, Ô Seigneur ». Allah lui révéla : « Si tu le veux, Je les ressusciterai et Je ferai de cette résurrection un miracle pour toi ».

 

Hizqil répondit : « Oui ». Il lui fut révélé : « Alors, dis :


أيتها العظامُ الرميمُ التي قد رُمَّتْ وبَلِيَتْ، ليرجِعْ كلُّ عَظْمٍ إلى صاحبهِ

 

بإذنِ الله

 

ce qui signifie : « Ô os, vous qui êtes devenus poussière, qui avez subi l’usure du temps, que chaque os retourne à son corps par la volonté de Allah ».

 

Aussitôt, les os volèrent les uns vers les autres, jusqu’à ce qu’ils formèrent à nouveau des corps. Puis, il lui fut révélé : «  Dis :


أيها اللحْمُ والعَصَبُ والجِلْدُ، اكْسُ العظامَ بإذن ربِّك

 

ce qui signifie : « Ô vous chairs, nerfs et peaux, recouvrez ces os par la volonté de votre Seigneur. ».

 

Hizqil vit alors les nerfs recouvrir les os, puis les chairs furent recouvertes de peau. Les corps furent à nouveau recouverts de peau et de poils comme à l’origine mais sans âmes. Ils portaient même les vêtements qu’ils avaient lors de leur mort. Puis, il lui fut révélé : « Dis :


يَا أَيَّتُهَا الأَجْسَادُ، إِِنََّ اللهَ يَأْمُرُكُمْ أَنْ تَقُومُوا

 

c'est-à-dire : « Ô corps ! Allah vous ordonne de vous relever ».


Lorsque Hizqil fit cette invocation, quelque chose venant du ciel se rapprocha de lui au point qu’il tomba évanoui[1]. Lorsqu’il reprit connaissance, il vit les gens assis glorifier le Seigneur en disant :


سبحانَك ربَّنا وبحمدِك، لا إلهَ إلا أنت

 

ce qui signifie : « Louange à notre Seigneur Qui est exempt de toute imperfection !  Il n’est de dieu que Lui ».

 

Et lorsqu’ils revinrent chez eux ce n’était pas sans savoir qu’ils avaient été frappés par la mort auparavant. On le reconnaissait sur eux car leurs visages avaient l’aspect de celui des morts. Chaque fois que l’un d’entre eux portait un vêtement, cela se transformait en un linceul sale. Ces gens eurent des descendants après que Allah les ait ressuscités. Ils vécurent un certain temps jusqu’à ce qu’ils atteignirent le terme fixé par Allah ta"ala.


Il est rapporté qu’ils ont été ressuscités après être devenus puanteur. Cette odeur se retrouve dans leur descendance jusqu’à aujourd’hui.

 

Allah les a punis pour s’être enfuis par crainte de la mort et pour avoir refusé de faire le jihad. Il les a fait mourir pour les châtier et leur a fait grâce en les ressuscitant. Allah les a ressuscités jusqu’au terme prédestiné de leur vie afin qu’ils aient la certitude que nul ne peut échapper à Sa destinée, afin qu’ils rattrapent leurs obéissances manquées et qu’ils se repentent de leurs désobéissances. Allah nous a appris ce récit afin d’attirer notre attention de sorte que nous ne suivions pas cette voie et que nous accomplissions ce que Allah ta^ala nous ordonne.


Leur résurrection par la volonté de Allah est un des miracles de notre maître Hizqil "alayhi s-salam. Dans la mention de ce miracle dans le Qour’an honoré, il y a un miracle éminent soutenant notre maître Mouhammad salla l-Lahou "alayhi wa sallam. En effet, le Prophète "alayhi s-salam a cité aux mécréants parmi les fils de ‘Israil quelque chose qu’ils n’avaient pas vu de leurs yeux mais dont ils connaissaient la véracité.

 

Mouhammad salla l-Lahou "alayhi wa sallam n’avait pu l’apprendre dans un livre et ne l’avait pas étudié auprès de quelqu’un avant sa prophétie.


Il y a là aussi un argument contre ceux qui ne croient pas à la résurrection. Allah révèle que tout comme Il les a faits mourir, Il les a ressuscités dans cette vie. Ainsi Allah Qui est tout puissant, nous ressuscitera au Jour du Jugement.

 


 



[1]             Allah existe sans endroit et sans comment. Il n’est pas un corps palpable ni un corps impalpable. Ce qui s’est rapproché de Hizqil est une chose créée par Allah.