Le Tasbih des montagnes et des oiseaux avec Dawoud "alayhi s-Salam

Parmi les différentes choses que Allah ta"ala a révélées à Son Prophète Mouhammad salla l-Lahou "alayhi wa sallam, il y a les nouvelles concernant certains prophètes honorés. Ces prophètes ont patienté face à l’incrédulité de leur peuple, et ils ont patienté face aux épreuves et aux difficultés qu’ils ont pu rencontrer jusqu’à ce que Allah les en délivre : leur patience fut telle qu’Il leur a donné une immense récompense.

 

Allah a cité ces prophètes du temps jadis afin que notre Prophète Mouhammad soit réconforté par leur récit. Parmi eux, il y a notre maître Dawoud "alayhi s-salam. Malgré sa souveraineté fermement établie, il n’a pas échappé à la tristesse et aux tourments, et il n’y a pas moyen de se débarrasser de la tristesse dans le bas monde.

 

Dawoud "alayhi s-salam était le roi le plus fermement établi des rois dans sa souveraineté : chaque nuit, trente six mille soldats forts et fidèles montaient sa garde. Leur tour de garde ne revenait que l’année suivante tant il avait de soldats, qui se comptaient par millions. Lorsque l’aube se levait pour ces soldats, on leur disait : Rentrez, le Prophète de Allah est satisfait de vous.

 

Bien qu’il possédât un pouvoir étendu, bien qu’il inspirât le respect et ne craignît pas son ennemi lorsqu’il venait à le rencontrer, il était modeste à l’égard de Allah, humble avec les croyants, ascète dans sa vie de tous les jours. Il consommait du fruit de son labeur. Il dormait au début de la nuit puis se réveillait pour accomplir la prière et invoquer par autant d’invocations que Allah lui avait prédestiné de faire. Ensuite il se recouchait le reste de la nuit pour se reposer de la fatigue de sa veillée.

 

Dawoud "alayhi s-salam a reçu un miracle éclatant de la part de Allah. Allah lui a accordé une voix belle et forte qu’Il n’a accordée à personne d’autre avant lui. Lorsqu’il récitait Az-Zabour, le Livre céleste qui lui avait été révélé, les oiseaux s’immobilisaient dans les airs : les anges et le vent les rassemblaient pour lui. Ils écoutaient son beau tasbih ­–ses évocations de glorification­– et répétaient ce qu’il disait, ils faisaient avec lui le tasbih avec des sons très divers et des mélodies des plus belles.


Il n’y avait pas que les oiseaux qui faisaient le tasbih avec lui : lorsque Dawoud "alayhi s-salam avec sa voix imposante faisait le tasbih, les montagnes aux cimes élevées, auxquelles Allah accordait alors une capacité et un langage, faisaient le tasbih avec lui où qu’il aille, en disant : « Soubhana l-Lah », c’est-à-dire qu’elles exemptaient Allah de tout associé, de tout semblable et de tout ressemblant.


Allah les faisait prononcer tout comme Il a fait prononcer les pierres dans la main de notre maître Mouhammad salla l-Lahou "alayhi wa sallam, un miracle qui constituait en sa faveur une preuve de la véracité de sa prophétie afin que les gens le suivent.

Allah ta^ala dit :


] وإنْ من شىءٍ إلا يُسبِّحُ بحمدهِ ولكن لا تَفْقَهُونَ تسبيحَهُم  [

 

ce qui signifie : « Il n’y a pas une chose sans qu’elle fasse le tasbih et qu’elle loue Allah mais vous ne comprenez pas leur tasbih » [Al-‘Isra / 44].

 

La voix de Dawoud "alayhi s-salam était si belle lorsqu’il récitait le Livre de Allah que les fauves se rassemblaient et se bousculaient dans son assemblée autour de lui, de telle sorte que si on les saisissait par le cou et qu’on les tirait, ils ne s’enfuyaient pas. L’eau qui coule également s’arrêtait de couler au son de sa belle voix, "alayhi s-salam.

 

Parmi ses miracles qui ont été cités dans le Qour’an, il lui a été accordé l’assouplissement du fer : Allah ta"ala a fait que le fer devienne malléable entre ses mains, il pouvait le malaxer comme de la cire, comme de la pâte ou encore de la terre glaise sans utiliser le feu ou les coups de marteau. Il pouvait l’effiler entre ses mains comme des fils et il en fabriquait ce qu’il voulait.

 

Dawoud "alayhi s-salam a été inspiré de fabriquer des boucliers qui n’étaient pas connus auparavant. Les soldats utilisaient jusqu’alors des armures qui étaient handicapantes lors de l’attaque et ailleurs. Dawoud ^alayhi s-salam fut le premier à les rendre plus pratiques, avec des anneaux de sorte qu’il était désormais facile de se déplacer avec.


Les gens ont appris par la suite comment les fabriquer et les populations sur terre ont pu en profiter. Les gens étaient protégés des ennemis lorsqu’ils les portaient.


Les boucliers qu’il fabriquait étaient complets, larges et reposants, de taille moyenne : ils n’étaient pas petits de sorte qu’ils soient insuffisants pour se protéger, ni grands de sorte à handicaper le soldat dans ses mouvements. Les clous qu’il utilisait dans leur fabrication étaient bien enfoncés. Ils n’étaient pas gros de sorte que leur trou ne grossisse avec le temps et que les clous ne s’y mettent à bouger. Ils n’étaient pas fins non plus de sorte que les clous ne s’en échappent et n’y tiennent pas.


Dawoud "alayhi s-salam fabriquait chaque jour un bouclier qu’il vendait pour six mille dirham comme cela a été dit. Il en consommait, pour lui et sa famille, deux mille dirham. Il subvenait ainsi à de nombreux membres de sa famille et à des proches parents pauvres. Il donnait les quatre mille restants en aumône pour les nécessiteux et les miséreux parmi les fils de ‘Israil. Toutefois, il n’occupait pas tout son temps à les fabriquer ; il occupait la majeure partie de son temps dans l’appel à la religion de l’Islam, dans l’adoration et le règlement des affaires des gens.


La fabrication de boucliers n’était pas un métier qui diminuait le rang du Prophète. C’était au contraire une augmentation en honneur et en mérite. D’ailleurs, il ne fut pas le seul prophète à travailler de ses mains. Adam était laboureur. Nouh était dans le métier du bois. Louqman était tailleur. Youçouf était le garde du trésor public d’Egypte.

 

Notre Prophète Mouhammad salla l-Lahou "alayhi wa sallam faisait du commerce avant de recevoir sa mission de prophète. Après la révélation, il s’est entièrement consacré à l’appel à l’Islam.


Ainsi, le métier permet à la personne de ne pas dépendre des gens. Il lui permet de repousser les nuisances et les difficultés.