La prière du vendredi

La prière du vendredi (al-joumou"ah) est constituée de deux rak^ah. C'est une obligation d’ordre personnel (fardou "ayn) pour tout musulman pubère, sain d'esprit, libre, de sexe masculin, résident, non dispensé par une excuse qui autorise son délaissement, s'il y a quarante résidents établis à vie (moustawtin). Ainsi, la prière du vendredi n'est pas obligatoire pour le mécréant d'origine, d'un devoir requis de lui dans le bas monde. De même, elle n'est pas obligatoire pour le jeune enfant, ni pour le fou, ni pour l'esclave, ni pour la personne de sexe féminin, ni pour le voyageur même si son voyage est d'une distance inférieure à la distance qui permet de raccourcir la prière, ni pour celui qui a une excuse qui permet son délaissement, comme le malade d'une maladie à cause de laquelle il lui est éprouvant de se rendre à l'endroit où a lieu la prière du vendredi.

Elle est également obligatoire pour celui qui a eu l'intention de résider dans la ville où a lieu la prière du vendredi au moins quatre jours complets, c'est-à-dire en dehors de ses jours d'arrivée et de départ ; en effet, il n'a plus dans ce cas le jugement de voyageur.

 

Conditions de la prière du vendredi :

1/  qu'elle ait lieu dans un endroit faisant partie de la ville, même si c'est dans une construction en bois, en roseaux ou en branches de palmiers. Ainsi, elle est valable dans la limite de la ville : dans une mosquée, dans une maison ou bien à l’extérieur dans l'espace qui s'y trouve. Mais elle n'est pas valable en-dehors des limites de la ville ;

2/  qu'elle soit précédée par deux discours (khoutbah) qui soient entendus par les quarante hommes établis à vie. Il est une condition que chacun d'eux soit musulman, pubère, sain d'esprit, libre, de sexe masculin et résident établi à vie ;

3/  qu'elle soit effectuée en assemblée avec eux, c'est-à-dire avec les quarante résidents établis à vie ;

4/  qu'elle ait lieu dans le temps de adh-dhouhr, de sorte qu’elle n'est valable ni avant ni après ce temps ;

5/  qu'une autre prière du vendredi ne soit pas simultanée avec elle dans la même ville, même si la ville est grande ; c'est-à-dire, si le rassemblement des gens de la ville en un lieu unique ne présente pas une réelle difficulté. Le cas échéant, celle qui a précédé l'autre est valable et pas la suivante. Si l'on ne sait pas laquelle des deux a précédé l’autre, aucune des deux n'est valable. Certains compagnons de Ach-Chafi"iyy ont dit : il n'est pas valable qu'il y ait plus qu'une prière de vendredi, quelle qu’en soit la raison.

 

Les piliers des deux discours (khoutbah) sont :

1/  la louange à Allah en disant : (al-hamdou li l-Lah) ou (lil-Lahi l-hamd) ou (hamdan lil-Lah) ou ce qui est semblable ;

2/  l'invocation en faveur du Prophète  (as-salatou "ala n-Nabiyy), en disant par exemple : (Allahoumma salli "ala Mouhammad). Il est suffisant de dire : (salla l-Lahou "ala Mouhammad) ;

3/  la recommandation de la piété (at-taqwa) en incitant à l'obéissance et en réprimant la désobéissance ou l'un des deux. Il n'est pas une condition de prononcer le mot (taqwa) (piété) mais il suffit de dire ('ati"ou l-Lah) ce qui signifie : « obéissez à Allah ».

     Il est une condition de faire ces trois piliers dans chacun des deux discours ;

4/  une 'ayah –un verset– ayant un sens complet dans l'un des deux discours. La meilleure façon, c'est que cela ait lieu dans le premier discours à la fin du discours ;

5/  l'invocation en faveur des croyants dans le deuxième discours, incluant les croyantes. Il est recommandé de citer les croyantes et il n'est pas une condition de généraliser : si l'on cite en particulier ceux qui sont présents ou quarante d'entre eux, cela suffit.

 

 

Les conditions de validité des deux discours sont :

1/   la purification des deux hadath, petit et grand, et l’élimination des najaçah non tolérables sur le corps, sur l'emplacement des discours et sur ce que l'on porte sur soi, comme un vêtement ou autre ;

2/   couvrir la zone de pudeur, c'est-à-dire la zone comprise entre le nombril et les genoux ;

3/   la position debout pour celui qui le peut. Si on est incapable de se tenir debout, on donne le discours assis ;

4/   la position assise entre les deux discours au minimum le temps de la quiétude. Mais la façon la plus complète, c'est le temps équivalent à celui de la récitation de sourat Al-'Ikhlas et il est ici recommandé de la réciter à voix basse ;

5/   faire successivement leurs piliers et faire suivre par la prière à la fin des deux discours ;

6/   que les piliers des deux discours soient en arabe ;

7/   qu'ils aient lieu après que le soleil a quitté sa position du zénith ;

8/   que les quarante hommes établis à vie entendent les piliers des discours ;

9/   faire précéder la prière par les deux discours.

 

Ce qui est recommandé :

1/   le ghousl pour la prière du vendredi. Le temps de ce ghousl commence avec l'aube. Il est déconseillé de délaisser ce ghousl ;

2/   mettre des habits blancs ;

3/   se parfumer ;

4/   se couper les ongles ;

5/   se rendre tôt à la prière, à pied, dès l'aube ;

6/   être attentif à celui qui donne le discours. La signification de « être attentif » est de se taire tout en l'écoutant. Si on délaisse cela, c'est déconseillé.

Celui qui entre alors que l'imam est en train de donner le discours accomplit deux rak"ah légères puis s'assoit.