Traité de la croyance de Abou Ja"far At-Tahawiyy



L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ceci est l’énoncé de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama"ah selon la voie des savants de la communauté Abou Hanifata n-Nou"man Ibnou Thabitini l-Koufiyy, Abou Youçouf Ya"qoub Ibnou Ibrahim Al-’Ansariyy et Abou ^Abdi l-Lahi Mouhammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybaniyy, que l’agrément de Allah soit sur eux tous, c’est l’énoncé de ce qu’ils ont eu pour croyance concernant les fondements de la religion et l’énoncé de la croyance dont ils sont redevables envers le Seigneur des mondes"

 

Commentaire : At-Tahawiyy dit que cette épître est l’énoncé de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama"ah selon ce qu’ont décrété Abou Hanifah, Abou Youçouf Ya"qoub Ibnou Ibrahim et Abou "Abdi l-Lahi Mouhammad Ibnou l-Haçan Ach-Chaybaniyy, du fait qu’il a fondé les expressions constituant cette épître sur la méthode de ces trois Imams. Toutefois du point de vue du sens, ceci est la voie de l’ensemble des Gens de la vérité, les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama"ah, tous sans exception. Ahlou s-Sounnah wa l-Jama"ah, ce sont les compagnons et ceux qui les ont suivis dans la croyance, même s’ils furent défaillants du point de vue des actes pratiques dans de vastes proportions.

 

At-Tahawiyy a mentionné ces savants en particulier parce que lui-même était sur la voie de l’Imam Abou Hanifah, que Allah l’agrée, du point de vue des sciences annexes de la jurisprudence. Pourtant ce traité de croyance n’est pas spécifique de ces savants-là, c’est la croyance de tout Ahlou s-Sounnah wa l-Jama"ah.

 

Il a dit dans l’ouverture de ce traité de croyance : "Ceci est l’énoncé de la présentation de la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama"ah". Il a dit cela en raison de la parole de Allah ta"ala à Son prophète :

[قُلْ هذِهِ سَبِيلِى أَدْعُوا إِلَى اللهِ عَلَى بَصِيرَةٍ أَنا وَمَنِ اتَّبَعَنِي] (qoul hadhihi sabili ‘ad"ou ‘ila l-Lahi "ala basiratin ana wa man ittaba"ani) [sourat Youçouf / 108] ce qui signifie : "Dis : Ceci est ma voie, j’appelle à la religion agréée par Allah, la mienne et celle de ceux qui m’auront suivi". La Sounnah est une expression qui fait référence à la voie.
[عَلَى بَصِيرَةٍ] ("ala basirah) signifie que rien de ce qui nous est parvenu par l’Islam n’est quelque chose que la raison saine réfute. Quant à la signification de Al-Jama^ah, ce sont ceux qui l’ont suivi sur la voie de sa communauté.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous disons concernant la croyance en l’unicité de Allah, en ayant cela pour croyance par la réussite que Allah accorde : Allah est unique, Il n’a pas d’associé"

 

Commentaire : Sa parole "Nous disons concernant la croyance en l’unicité de Allah" signifie : je commence par le tawhid car c’est le premier devoir pour les personnes responsables et c’est à cela qu’ont appelé les prophètes et les messagers ; c’est avec la croyance en l’unicité de Allah, le tawhid, qu’ont été descendus les Livres célestes. Quant aux messagers et aux prophètes, ce sont ceux qui ont eu sur leurs mains les miracles hors de portée de la capacité des créatures, comme par exemple le feu qui est devenu fraîcheur et paix pour Ibrahim, ou le bâton de Mouça qui s’est transformé en un véritable serpent qui se déplace, ou encore le vent, les oiseaux et les jinn qui ont été soumis à Soulayman, ou encore les montagnes qui ont fait du tasbih ou le fer qui est devenu souple pour Dawoud, ou encore la chamelle qui est sortie de la roche pour Salih, ou le retour à la vie des morts pour ^Iça, ou la lune qui s’est fendue en deux et l’eau qui est sortie d’entre les doigts ou encore le mouton empoisonné qui a parlé ou le témoignage du loup et du lézard, ou encore les pierres qui faisaient du tasbih dans la main, tout cela ayant été accordé à notre maître Mouhammad r que Allah l’honore lui ainsi que tous ses frères les prophètes et les messagers, tous ont appelé au tawhid, à la croyance en l’unicité de Allah. Pour preuve la parole de Allah ta"ala :

[ وَمَا أَرْسَلْنَا مِن قَبْلِكَ مِن رَسُولٍ إِلاّ نُوحِى إِلَيْهِ أَنَّهُ لا إِلهَ إِلاّ أَنَا فَاعْبُدُونِ] (wa ma ‘arsalna min qablika min raçoulin ‘il-la nouhi ‘ilayhi ‘annahou la ‘ilaha ‘il-la ‘ana fa"boudoun) [sourat Al-’Anbiya / 35] ce qui signifie : "Nous n’avons pas envoyé de messager avant toi sans que Nous lui ayons révélé qu’il n’est de dieu que Moi. Alors adorez-Moi".

 

Il y a dans sa parole "en ayant cela pour croyance" le reniement des hypocrisies et la confirmation de la foi. Car l’hypocrisie s’accompagne de la reconnaissance par la parole mais ne s’accompagne pas de la reconnaissance par le cœur d’une manière catégorique. Ainsi la foi, l’attestation de la véracité et la ferme conviction, tout cela a lieu par le cœur. Allah ta"ala dit
au sujet de ceux qui ont reconnu par la langue mais pas par le cœur :

[قَالُوا ءَامَنَّا بِأَفْوَهِهِمْ وَلَمْ تُؤْمِن قُلُوبُهُمْ](qalouamanna bi’afwahihim wa lam tou’min qouloubouhoum) [sourat Al-Ma’idah / 41] ce qui signifie : "Ils ont dit "Nous avons cru" avec leurs langues mais leurs cœurs n’ont pas cru". Dans sa parole "en ayant pour croyance", il y a la précision que la parole à elle seule ne suffit pas selon le jugement de Allah sans la croyance. Ainsi, quelqu’un ayant prononcé les deux témoignages sans avoir cru en leur sens en son for intérieur est musulman pour nous mais n’est pas musulman selon le jugement de Allah.

 

Il a dit : "par la réussite que Allah accorde" car le fait de parvenir à ce que Allah agrée a lieu par la réussite et la bonne guidée que Allah nous accorde. C’est cela la voie de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah et c’est conforme à ce que dit notre Seigneur "azza wa jall : [وَالَّذِينَ جَـهَدُوا فِينَا لَنَهدِيَنَّهُمْ سُبُلَنَا] (wa l-ladhina jahadou fina lanahdiyannahoum souboulana) [sourat Al-"Ankabout / 69] ce qui signifie : « Et ceux qui auront fournit un effort sincèrement par recherche de Mon agrément, Allah leur crée la réussite et la capacité à obéir et Il les guide vers le bien".

 

La signification de la parole de l’auteur : "l’Unique" (Al-Wahid) au sujet de Allah a été expliquée par le fait qu’Il est Celui Qui n’a pas d’associé concernant Son Être, Ses attributs et Ses actes.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Rien n’est tel que Lui".

 

Commentaire : c’est-à-dire qu’il n’existe pas une seule chose qui Lui soit semblable, que ce soit à tous points de vue ou à certains points de vue. Car la similarité peut avoir lieu soit à tous points de vue, c’est ce qui est visé quand on parle de similarité dans l’absolu, soit à certains points de vue, c’est ce qui est visé par certaines expressions : si l’on dit que Untel est tel que Untel en voulant dire qu’il est semblable à lui par certains côtés, ceci est une similarité partielle. Quant à ce qui est de l’ordre de l’absolu, c’est de sorte qu’il puisse le remplacer. On dit : Untel est comme Untel et il s’agit là d’une similarité absolue. Or on peut employer le terme de similarité même si ce n’est pas une similarité absolue mais ceci vaut pour les créatures. Mais concernant le Créateur, on ne dit pas que Allah est semblable à telle chose en telle chose. Quant à la correspondance des termes, elle ne constitue pas une similarité. Ainsi ce n’est pas une similarité entre le Créateur et les créatures que de dire de Allah qu’Il est vivant et concernant une créature qu’elle est vivante. Ou de dire que Allah existe et qu’une créature existe. En effet, l’existence de Allah ta^ala n’est pas comme notre existence qui, elle, est entrée en existence. L’existence de Allah est propre à Lui-même, elle n’a besoin de rien, alors que toute chose a besoin de Lui. La similarité qui est niée au sujet de Allah, c’est la similarité concernant la signification. Ainsi la parole des philosophes est infondée lorsqu’ils disent qu’on ne dit pas au sujet de Allah qu’Il est vivant, qu’Il est éternel, qu’Il est puissant, qu’Il entend, qu’Il voit, ni qu’Il parle, même si certains d’entre eux prétendent que cela impliquerait la similarité. En effet, il ne s’agit pas d’une similarité mais d’une correspondance de termes. On emploie ces expressions au sujet de Allah ta"ala : qu’Il existe, qu’Il est vivant, qu’Il entend, qu’Il voit, qu’Il parle, qu’Il a une volonté, qu’Il a une science et on utilise également ces termes pour autre que Lui car il y a une correspondance de termes et non de sens, cela ne conduit donc pas à une assimilation ni à une association.

 

Remarque importante : Deux choses semblables sont deux choses telles que chacune d’elles peut prendre la place de l’autre, ceci vaut dans l’usage le plus courant. Si par exemple il y avait deux savants, chacun des deux pouvant remplacer l’autre, on dirait qu’ils sont semblables.

 

Information précieuse : La science du tawhid s’appelle également la science de al-kalam parce que le principal objet de recherche de cette science dans le passé fut la question concernant la parole (al-kalam). Il y a eu en effet de grands débats entre Ahlou s-Sounnah et les mou"tazilah. Il est même arrivé qu’un certain calife Abbasside ait adopté leur parole, la parole des mou^tazilah et se mette lui aussi à dire que le Qour’an est créé. Celui qui ne disait pas comme lui que le Qour’an est créé, il le soumettait à la torture. C’est là ce qu’il a pris des mou"tazilah mais il n’a rien pris d’autre d’eux, comme lorsqu’ils prétendent par exemple que c’est l’esclave qui crée ses actes.

 

Les mou"tazilah niaient carrément l’attribut de Allah de la parole. Quant aux hachawiyyah [1], à savoir les moujassimah [2] comme Ibnou Taymiyah ou comme ceux qui l’ont devancé et ceux qui l’ont suivi après cela, ils disent que Allah a une parole mais que Sa parole serait constituée de lettres et de sons qui se produiraient puis prendraient fin mais qu’Il serait ainsi de toute éternité. Selon cette prétention qui est la leur, ils L’ont considéré semblable aux humains, gloire à Allah Qui est exempt de tout cela.

 

Les gens de la vérité sont restés fermes sur leur croyance, à savoir que Allah parle d’une parole qui est un attribut éternel, exempt de début et exempt de fin, qui n’est pas de lettres ni de sons. Il a fait descendre des livres sur certains de Ses prophètes qui sont récités avec des lettres et qui sont des expressions de Sa parole propre qui n’est pas de lettres ni de sons. En effet, s’il n’y avait pas cette distinction entre la parole qui consiste en ces expressions révélées et la parole qui est un attribut éternel, propre à l’Être de Allah, ceux qui ont entendu ces termes descendus seraient kalimou l-Lah [3] tout comme Mouça est kalimou l-Lah, or ceci n’est pas possible. Sa parole ta^ala indique cela également :

[وَإِنْ أَحَدٌ مِنَ المُشْرِكِينَ اسْتَجَارَكَ فَأَجِرْهُ حَتَّى يَسْمَعَ كَلَـمَ اللهِ](wa ‘in ‘ahadoun mina l-mouchrikina stajaraka fa’ajirhou hatta yasma"a kalama l-Lah) [sourat At-Tawbah / 6]. C’est-à-dire que Allah a ordonné à Son prophète que si l’un des associateurs demandait une garantie de sécurité pour entendre le Qour’an, qu’on lui octroie cette garantie puis, s’il n’entre pas en Islam après cela, qu’on le fasse parvenir à son lieu d’origine dans sa région.

 

De plus, la science de al-kalam est une science qui a été établie par les gens de vérité et qui n’est pas blâmable comme le pensent à tort les moujassimah [4]. Il y a en effet parmi les Salaf vertueux des gens qui se sont occupés de cette science en composant des ouvrages, en l’enseignant ou en l’expliquant. Certains parmi eux l’ont reconnue pour eux-mêmes mais ne s’en sont pas occupés en composant des ouvrages ou en l’expliquant, du fait que le besoin de composer des ouvrages se faisait moins sentir à leur époque. Puis il y a eu un grand besoin de gens qui puissent s’occuper de cette science en composant des ouvrages et en argumentant. Cette science ne comporte rien qui contredise la Loi de Allah. Elle n’est que pure religion. C’est la plus honorable des sciences de la religion car c’est grâce à cette science que l’on connaît ce qui est obligatoire s’agissant de Allah parmi Ses attributs éternels que Allah a rendu obligatoire à Ses esclaves de connaître. C’est également par cette science que l’on apprend ce qui est impossible au sujet de Allah en tant que défauts et ce qui est possible à Son sujet, avec ce qui s’ensuit des sujets traitant de la prophétie et concernant l’au-delà. L’Imam Abou Hanifah a composé dans la science de al-kalam cinq traités. D’autre part, il partait de Baghdad jusqu’à Al-Basrah pour débattre avec les mou"tazilah, avec les assimilationnistes (mouchabbihah) et avec les irréligieux (moulhid) au point de s’y rendre vingt et quelques fois. L’Imam Ach-Chafi"iyy, que Allah l’agrée, maîtrisait lui aussi cette science. Ce qu’il a blâmé, ce n’est pas cette science mais bien la parole de ceux qui suivent leurs passions, ceux qui se sont distingués de Ahlou s-Sounnah comme les mourji’ah, les jahmiyyah, les mou"tazilah, les khawarij et ceux qui leur ressemblent. L’Imam Ach-Chafi"iyy, que Allah l’agrée, a dit : "Que l’esclave vienne au jour du jugement de Son Seigneur avec tout péché en deçà de l’association, c’est mieux pour lui que de venir avec une part de ces passions".

 

Le terme qu’il a utilisé, al-’ahwa, les passions, c’est le pluriel de hawa la passion et c’est ce vers quoi penchent les âmes des mauvais innovateurs qui se sont distingués de ce sur quoi étaient les gens du Salaf. Donc ce qu’a blâmé Ach-Chafi^iyy par les passions ce n’était pas cette science qu’il est obligatoire d’apprendre. De même, parmi ceux qui se sont occupés de cette science, il y a "Oumar Ibnou ^Abdi l-"Aziz le Calife bien guidé qui a composé un traité dans lequel il précise la voie des gens de la vérité et annule la parole infondée et les avis des mou"tazilah. Il y a également Al-Haçan Al-Bisriyy qui est l’un des grands tabi"iyy [5]. L’Imam Malik a aussi parlé à son sujet et d’autres parmi les Imams du Salaf. Cette science à laquelle se sont attachés les gens de Ahlou s-Sounnah ne subit aucun mal de la part de ceux qui l’ont blâmée. Il a eu raison à ce sujet le poète qui a dit :

 

Ont blâmé la science de al-kalam

des gens qui n’ont pas de raison

mais ne lui fait aucun tort

leur condamnation,

pas plus que cela ne fait de tort

au soleil se levant à l’horizon

qu’il ne voit pas son éclat

celui qui n’a pas de vision.

 

L’Imam ‘Ahmad n’est pas comme le pense à tort les mouchabbihah puisqu’ils ont prétendu que c’est la voie de ‘Ahmad que de dire que la parole de Allah est de lettres et de sons. En effet, Ahmad n’acceptait pas qu’on dise dans l’absolu : (le Qour’an est créé) ni qu’on dise : (mes termes à moi du Qour’an sont créés) parce qu’il se pourrait que quelqu’un s’imagine à partir de ces deux expressions que le Qour’an serait créé, c’est-à-dire que la parole propre à Lui-même, Son attribut, serait créé, et que ce serait qualifier la parole propre de Allah par le fait d’être créée. Quant à croire que Allah tabaraka wa ta"ala parlerait avec des lettres, avec un son qui seraient propres à Son Être, cela également l’Imam Ahmad en est innocent. Il défendait donc de dire les deux expressions par prudence pour éviter cela.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Rien ne Le rend incapable"

 

Commentaire : Il y a en cela une réplique à la parole des mou"tazilah qui disent que Allah n’a pas la capacité de créer ce que font les esclaves parce qu’Il aurait donné aux esclaves la capacité de faire les choses, qu’Il en serait devenu incapable mais qu’Il en aurait été capable avant cela. Ceux qui prétendent cela, il n’est pas permis de diverger pour les déclarer mécréants. De nombreuses personnes ont été sujettes à confusion à ce propos. Elles disent que les mou"tazilah ne sont pas déclarés mécréants selon l’avis le plus plausible. Ceux qui sont visés par le fait que certains savants n’aient pas déclaré mécréants certains mou"tazilah, ce ne sont pas ceux qui disent cette parole des mou"tazilah ni ceux qui sont du même acabit.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il n’y a pas d’autre dieu que Lui"

 

Commentaire : Al-’ilah –le Dieu– c’est Celui Qui a la divinité, c’est-à-dire la capacité à la création. Ainsi le terme al-’ilah –le Dieu– n’est pas donné à l’origine à autre que Allah ta"ala. Seulement les associateurs utilisaient ce terme et ont attribué aux choses qu’ils adorent le mot divinité, c’est ainsi que Al-Fayyoumiyy spécialiste de la langue arabe l’a mentionné dans son livre Al-Misbahou l-Mounir puisqu’il a dit : "Le Dieu c’est Celui Qui est adoré et c’est Allah soubhanahou wa ta"ala. Puis les associateurs l’ont utilisé pour désigner ce qu’ils ont adoré au lieu de Allah ta"ala." Quant à Al-Moubarrid, il a dit : "Al-’ilah –le Dieu– c’est celui qui a al-’ilahiyyah, la divinité. Al-’ilahiyyah –la divinité–, c’est la capacité à créer et à faire exister ce qui n’existait pas." Il n’est donc pas permis de dire que le Dieu c’est ce qui est adoré, qu’il mérite de l’être ou non. L’Imam Abou Mansour Al-Baghdadiyy a compté le nom Al-’Ilah –le Dieu– parmi les noms de Allah. Tout cela est une preuve contre ceux qui prétendent que Al-’Ilah –le Dieu– signifie al-ma^boud –celui qui est adoré– qu’il le mérite ou non. Mais si ce terme est restreint, il n’y a plus de problématique. Par conséquent, on dit des mécréants : ceci est leur dieu, dans le sens que c’est ce qu’ils adorent. Ce n’est pas dans le sens d’être en accord avec eux mais bien dans le sens du blâme envers eux.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est éternel exempt de début"

 

Commentaire : Al-Qadim signifie Celui Qui n’a pas de début à Son existence et c’est cela le sens du terme Al-Qadim lorsqu’on l’attribue à Allah. Ce terme a pour synonyme Al-’Azaliyy, l’Eternel exempt de début. Mais lorsqu’il est attribué à autre que Allah, il s’agit de ce sur quoi de longues années se sont écoulées. Il se peut qu’on dise : (ma taqadama "ahdouh) "ce qui est très ancien" et on dit d’une construction : elle est qadim, ancienne.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est éternel exempt de fin"

 

Commentaire : Ceci est une expression de son exemption de fin ta^ala, qui est une exemption de fin propre à Son Être. Ce n’est pas une exemption de fin accordée par quelqu’un d’autre comme l’éternité du paradis et de l’enfer. Il n’est pas atteint par le néant.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il ne s’anéantit pas et Il ne périt pas"

 

Commentaire : C’est l’explication de sa parole baqin au sujet de Allah c’est-à-dire qu’Il est exempt de fin. Al-Qadim, Celui Qui est exempt de début, il ne Lui advient pas d’anéantissement.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "N’a lieu que ce qu’Il veut"

 

Commentaire : C’est-à-dire que les substances aussi petites soient elles, les mouvements, les immobilités, les idées qui traversent l’esprit et toute chose autre que Allah n’entrent en existence que par la volonté de Allah et par Son vouloir. Il n’y a donc pas de différence entre ce qui est du bien parmi les actes des esclaves et ce qui est du mal ; parce que tout cela entre dans la catégorie de ce qui est possible selon la raison. Si la volonté de Allah était spécifique aux actes de bien, cela entraînerait qu’il y aurait quelqu’un qui spécifierait la volonté de Allah par le fait de vouloir le bien. Or Allah est exempt de qui le spécifie par quoi que ce soit, car le bien et le mal sont équivalents dans la possibilité.

 

La volonté ici vient dans le sens du vouloir et ce n’est pas dans le sens de l’amour. Ainsi la volonté qui signifie l’amour est telle que dans Sa parole ta^ala : [يُرِيدُ اللهُ بِكُمُ اليُسْرَ وَلا يُرِيدُ بِكُمُ العُسْرَ](youridou l-Lahou bikoumou l-yousra wa la youridou bikoumou l-"ousra) [sourat Al-Baqarah / 185]. C’est-à-dire que Allah agrée pour vous la facilité parce qu’Il n’a pas fait qu’il y ait de gêne dans votre religion.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les illusions ne L’atteignent pas"

 

Commentaire : Al-’awham, les illusions, c’est le pluriel du mot wahm. Cela veut dire que les illusions des créatures c’est-à-dire leurs imaginations ne peuvent imaginer Allah. En effet, l’imagination de l’être humain n’aborde que ce à quoi elle est habituée, parmi les choses perceptibles qui ont une limite, une forme, une couleur. Or, Allah ta"ala n’est pas ainsi.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les raisons ne Le conçoivent pas".

 

Commentaire : C’est-à-dire que les raisons ne conçoivent pas Allah c’est-à-dire ne cernent pas Sa réalité parce que cela implique l’entrée en existence et l’entrée en existence est impossible s’agissant de Allah. Il en est tel que l’a dit Dhou n-Noun Al-Misriyy : "Quoi que tu imagines en ton esprit, Allah en est différent". Ceci a été rapporté de lui par le Hafidh Al-Khatib Al-Baghdadiyy dans son livre "L’histoire de Baghdad" avec une chaîne de transmission. Abou l-Fadl "Abdou l-Wahid Ibnou "Abdi l-Ghaniyy At-Tamimiyy l’a également rapporté de l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal. Or l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal et Dhou n-Noun Al-Misriyy étaient contemporains.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il n’a aucune ressemblance avec les créatures"

 

Commentaire : Le terme al-’anam signifie les créatures. Le semblable c’est celui qui s’associe à autre que lui en quelque chose même d’un seul point de vue. La négation de l’équivalent à Son sujet implique la négation du ressemblant. Notre parole : "Allah n’a pas d’équivalent" est plus poussée dans le tanzih –l’exemption de toute ressemblance– que notre parole : "Allah n’a pas de ressemblant".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Vivant, Il ne meurt pas, éternel Qui ne s’anéantit pas, Il ne dort pas"

 

Commentaire : Al-Hayy au sujet de Allah ta^ala est expliqué par Celui Qui a pour attribut la vie qui est éternelle, exempte de début et exempte de fin. Et Al-Qayyoum signifie Ad-Da’im Celui Qui n’est pas anéanti. Et il a été dit que Al-Qayyoum c’est Celui Qui destine tout ce qui arrive à Ses créatures parce que la prédestination de toutes choses n’est valable que pour Allah. Quant aux anges que Allah a qualifiés par Sa parole : [فَالمُدَبِّرَاتِ أَمْرًا](fa l-moudabbirati 'amra) [sourat An-Nazi"at/ 5] ils ne gèrent que des choses particulières, comme la pluie, le vent, les plantes et autre chose encore mais ce n’est pas toute chose. Il n’est pas permis d’appeler autre que Allah Al-Qayyoum.

 

Que l’on soit en garde contre un groupe qui se prétend soufi et qu’on appelle les Chadhiliyy Yachroutiyy. Ils prétendent que Al-Qayyoum signifie celui qui est présent en nous, et l’un d’entre eux dit à l’autre : (tu es Allah) et (ce mur c’est Allah). Leur mécréance compte parmi les plus atroces des mécréances. Quant au Chaykh "Aliyy Nourou d-Din Al-Yachroutiyy de qui ils se réclament, il est innocent de ce qu’ils disent. Il avait au contraire la croyance du tanzih, la croyance de l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde a dit au sujet de Allah : "Créateur sans besoin"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’Il a créé ce monde et l’a fait surgir du néant à l’existence sans qu’Il en ait un quelconque besoin, et ce n’est pas pour en tirer un bénéfice ou un profit pour Lui-même, ni pour repousser de Lui une quelconque nuisance. Seulement Allah a créé ce monde comme manifestation de Sa puissance.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Pourvoyeur sans charge".

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah ta"ala fait parvenir aux esclaves leur subsistance sans que cela ne Lui occasionne de dépense ou de difficulté. Allah ne fait pas quelque chose comme nous par l’exercice d’outils et l’accomplissement de mouvements. Mais c’est par le simple fait que Sa volonté éternelle et Sa prédestination éternelle concernent quelque chose que cette chose existe.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il fait mourir sans crainte"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah ta"ala fait mourir les vivants parmi Ses esclaves sans que ce soit par crainte, ce n’est pas parce qu’Il craindrait d’eux qu’ils Lui fassent parvenir une quelconque nuisance. Il fait mourir qui Il veut conformément à Sa sagesse et ceci comme manifestation de Sa parfaite toute-puissance. Tout comme Allah ta"ala dit : [وَلا يَخافُ عُقْبَـهَا](wa la yakhafou ^ouqbaha) [sourat Ach-Chams / 15] ce qui signifie :"Allah ne craint pas les conséquences de cet acte".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit au sujet de Allah : "Il fait ressusciter sans difficulté"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah ta"ala ressuscite les morts sans qu’aucune difficulté ne se présente à Lui, par le simple fait au contraire que Sa volonté se rapporte à leur résurrection, tout comme pour leur création également. Allah ta"ala dit à ce sujet :[مَا خَلْقُكُم وَلا بَعْثُكُم إِلاَّ كَنَفْسٍ وَاحِدَةٍ] (ma khalqoukoum wa la ba"thoukoum ‘il-la kanafsin wahidatin) [sourat Louqman / 28] ce qui signifie :"Votre création tous et votre résurrection à tous est comme la création et la résurrection d’une seule âme".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est de toute éternité exempt de début avec Ses attributs, avant l’existence de Ses créatures ; par l’existence de Ses créatures, Il ne s’est pas accru de quelque chose qui n’ait pas fait partie de Ses attributs avant que Ses créatures n’existent. Tout comme Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de début, de même Il est éternel attribué de Ses attributs exempt de fin"

 

Commentaire : L’existence de toute éternité est obligatoire s’agissant de Allah ta^ala, d’une obligation selon la Loi et selon la raison. C’est-à-dire que s’Il n’était pas éternel exempt de début, Il serait entré en existence. Or s’Il entrait en existence, Il aurait besoin de qui Le fait entrer en existence et ceci est en contradiction avec la divinité [6]. De plus, l’entrée en existence est impossible s’agissant de Lui selon la Loi également, car Allah ta^ala dit : [هُوَ الأَوَّلُ](houwa l-‘awwal) [sourat Al-Hadid / 3] ce qui signifie : "Il est Celui Qui est premier" c’est-à-dire l’Existant Qui n’a pas de début. Al-’Awwal dans cette ayah signifie l’Existant Qui n’a pas de début à Son existence parce que la primauté relative est liée à l’entrée en existence, ce qui est impossible s’agissant de Allah. Il n’y a donc aucun sens de primauté s’agissant de Allah si ce n’est la primauté absolue. L’exemption de début est également obligatoire pour Ses attributs car si Ses attributs n’étaient pas de toute éternité mais advenaient au contraire à Son Être, ceci entraînerait l’obligation de l’entrée en existence de l’Être. Or le changement d’état de l’être est la plus grande preuve de l’entrée en existence. Ainsi Ses attributs sont de toute éternité de par la toute-éternité de l’Être. C’est-à-dire qu’il n’est pas possible que les attributs se différencient par rapport à l’Être éternel exempt de début. Nous savons donc à partir de là que Allah n’est pas concerné par des attributs qui ne sont pas de toute éternité et il n’arrive à Allah aucune nouvelle connaissance, ni aucune nouvelle volonté, ni aucune nouvelle puissance, ni aucune nouvelle vie, ni aucune nouvelle ouïe, ni aucune nouvelle vue.

 

De plus, une partie des gens de la science ont connu des divergences au sujet des attributs pour lesquels l’exemption de début est obligatoire. Parmi eux, il y a ceux qui ont dit : Ce sont des attributs éternels c’est-à-dire des attributs de l’Être. Selon ceux-là donc, les attributs des actes sont entrés en existence car ils ne sont pas propres à l’Être mais ne sont que des manifestations de la toute-puissance qui est de toute éternité. Ceux-là sont les Ach"ariyy c’est-à-dire le groupe qui se réclame de l’Imam Aboul-Haçan Al-’Ach"ariyy, que Allah l’agrée. Mais ce n’est pas là l’avis de la totalité des Ach"ariyy. Ce fut l’avis de certains d’entre eux, l’avis de la plupart des derniers Ach"ariyy. Quant aux premiers d’entre eux, beaucoup disaient que les attributs des actes sont de toute éternité également. Les attributs des actes sont donc par exemple le fait qu’Il donne la vie à Qui Il veut qu’il soit vivant parmi Ses créatures et le fait qu’Il donne la mort à qui Il fait mourir, le fait de rendre heureux dans l’au-delà et le fait de rendre malheureux dans l’au-delà et autres choses encore parmi ce qui ne peut être énuméré. Chez les Matouridiyy, on fait référence à cela par le terme at-takwin, le fait de faire exister. Selon eux le takwin fait partie des attributs qui sont de toute éternité exempts de début. Or l’éternité du takwin n’entraîne pas l’éternité du moukawwan, ce qui est fait exister. Ils ont dit : De même que l’éternité de la puissance divine n’entraîne pas l’éternité de ce qui est créé. Ce monde est fait de créatures de Allah que Allah a fait entrer en existence par Sa toute-puissance éternelle. Ainsi la toute-puissance est de toute éternité et ce à quoi elle se rapporte, à savoir le monde, est entré en existence. Ils ont dit : De même le takwin est de toute éternité et le moukawwan, ce qui est fait exister, est entré en existence. On fait référence à cela également par le terme al-fi"l, l’acte. On dit : l’acte de Allah est de toute éternité et ce qui résulte de l’acte est entré en existence. De la même façon, il a été démontré et il est apparu clairement que Allah tabaraka wa ta"ala ne s’accroît pas, par le fait qu’Il fait entrer en existence les créatures, d’un attribut entré en existence.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ce n’est pas après la création des créatures (al-khalq) qu’Il a acquis le nom de Créateur (Al-khaliq), ni en donnant le début à la création (al-bariyyah) qu’Il a obtenu le nom de Créateur (Al-Bari’)"

 

Commentaire : Il n’advient pas à Allah soubhanahou wa ta^ala de nouvel attribut par le fait qu’Il fait exister la création. Al-bariyyah, la création désignant al-khalq, ce qui est créé, les créatures. Il est tabaraka wa ta^ala Khaliq, Créateur, avant l’entrée en existence des créatures et Il est Bari’, Auteur de la création, avant l’entrée en existence de la création, c’est-à-dire des créatures. De même qu’Il est Qadir, Tout-Puissant, avant l’existence des manifestations de Sa puissance c’est-à-dire du monde.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est attribué de la souveraineté sur les créatures de toute éternité sans qu’il y ait de créatures sujettes à Sa souveraineté de toute éternité. Il est attribué de l’attribut de création de toute éternité sans qu’il y ait de créatures de toute éternité"

 

Commentaire : Cela signifie que Allah ta"ala a l’attribut de al-khaliqiyyah, la création des créatures et de ar-rouboubiyyah, la souveraineté sur toute chose, avant les choses sujettes à création et sujettes à souveraineté. Nous, nous faisons partie du monde, nous sommes marbouboun li l-Lah, sujets à la souveraineté de Allah, makhlouqoun lahou, nous sommes sujets à Sa création. Ainsi avant notre existence, Il a, ta^ala, l’attribut de la souveraineté sur toute chose et l’attribut de la création des créatures. Donc il ne Lui advient pas l’attribut de souveraineté sur toute chose par notre existence, ni la création des créatures par l’existence des créatures.

 

Donc selon l’école matouridiyy, les attributs des actes sont comme les attributs de l’Être, du point de vue de la toute éternité. Leur preuve est claire, il n’y a pas de problématique en cela. Par conséquent, on dit : Allah a fait vivre cela, a fait mourir cela ; le sens qui est visé selon eux les Matouridiyy c’est que Allah a fait vivre cette créature qui fait partie de ce qui est possible selon la raison par Son attribut qui Lui est propre de toute-éternité et qui est l’attribut de donner la vie. Donc ce qui a été fait vivre est entré en existence. Quant à l’attribut par lequel Allah lui donne la vie, il est de toute éternité. De même on dit selon eux, concernant l’attribut de donner la mort par lequel Allah fait mourir certaines de Ses créatures : le fait de donner la mort à ces choses qu’Il fait mourir est un attribut éternel exempt de début, exempt de fin propre à Lui-même. Mais ces choses qui sont caractérisées par la mort, elles, sont entrées en existence. Il n’y a pas là de problématique pour celui qui a compris le sens visé, et il en est de même pour ce qui est de cet ordre. On dit par conséquent : Allah ta"ala rend heureux les heureux parmi Ses créatures, de même Il rend malheureux les malheureux parmi Ses créatures, le fait de rendre heureux et de rendre malheureux sont tous deux des attributs éternels de Allah sans que cela implique l’éternité de celui qui est rendu malheureux ou de celui qui est rendu heureux. Ainsi les esclaves que Allah rend malheureux sont entrés en existence et leur malheur est également entré en existence. De même les esclaves que Allah ta"ala rend heureux sont entrés en existence, et leur félicité est entrée en existence. Quant à l’attribut de donner la félicité par lequel Allah les rend heureux et l’attribut de donner le malheur par lequel Allah les rend malheureux, ils sont tous deux de toute-éternité. Cette croyance était bien la croyance du Salaf [7], même si cette formulation n’a pas été réputée de leur part, la signification existait de leur temps. Or l’Imam Abou Hanifah a bien déclaré dans certaines de ses épîtres que l’acte de Allah est un attribut qui Lui est propre de toute éternité et que c’est la manifestation de l’acte de Allah qui est entrée en existence. Et il a vécu dans la première partie de l’époque du Salaf. On ne dit donc pas : si cela était véritablement la croyance du Salaf on aurait entendu cela de la part de Untel et de Untel parmi les compagnons et parmi les successeurs des compagnons et les successeurs des successeurs. Ainsi, l’absence de manifestation de cette formulation de leur part c’est-à-dire la parole selon laquelle les attributs des actes sont de toute-éternité, cela ne nuit aucunement à la confirmation de l’éternité pour les attributs des actes. La notoriété de cette expression n’est pas une condition pour confirmer que les Salaf aient eu cela pour croyance.

 

Quant aux Ach^ariyy, la plupart d’entre eux disent : Allah fait vivre qui Il veut, c’est-à-dire qu’Il fait exister en lui la vie par Sa toute-puissance. Ainsi le fait de rendre vivant selon eux est une manifestations de la puissance de Allah et ce n’est pas un attribut propre à l’Être de Allah. C’est pour cela qu’ils sont allés jusqu’à dire que le fait de rendre vivant est un attribut d’un acte et qui est entré en existence. C’est ainsi selon eux et ce n’est pas un attribut propre à l’Être de Allah de toute éternité. Mais croire que le fait de rendre vivant serait à la fois un attribut propre à l’Être de Allah et entré en existence, cela ne fait pas partie de leur croyance. Cependant, cela n’implique pas pour eux qu’ils attribuaient à Allah l’entrée en existence ni qu’ils attribuaient à Allah un attribut qui serait entré en existence et en même temps propre à Son Être. Il en est de même pour le fait de donner la mort, le fait de rendre heureux et le fait de rendre malheureux. Il est même arrivé que de nombreux Ach^ariyy aient débattu avec les Matouridiyy à ce sujet, ils ont dit : c’est comme si vous aviez dit que ce qui est créé est de toute éternité !

 

Etant donné l’accord des deux parties, Ach"ariyy et Matouridiyy sur le fait que Allah, l’Être de Allah n’a pas d’attributs qui ne sont pas Siens de toute-éternité, il n’y a pas dans leur divergence à ce sujet quelque chose de préjudiciable quant au fondement de la croyance. Il n’y a là qu’une divergence sur les termes dans l’expression. Chacun des deux groupes est sur la bonne guidée. Néanmoins, le plus grand préjudice, la mécréance et l’irréligion c’est que quelqu’un dise : Allah ta"ala a de toute-éternité un attribut qui est entré en existence, comme l’a dit Ibnou Taymiyah.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tout comme Il est Celui Qui fait vivre les morts après les avoir fait vivre, Il mérite ce nom avant de les faire vivre"

 

Commentaire : La signification c’est que Allah tabaraka wa ta^ala a l’attribut de faire vivre avant même l’entrée en existence des créatures et Il leur accorde la vie qui, elle, est entrée en existence. De même, on dit de Lui ta^ala qu’Il est Celui Qui fait mourir. C’est-à-dire que Allah tabaraka wa ta^ala est de toute-éternité Celui Qui fait vivre les morts avant même l’entrée en existence des morts et que l’entrée en existence des morts ne contredit pas l’exemption de début se Son attribut de faire mourir. De même, faire vivre les esclaves à qui Il donne la vie qui est entrée en existence n’implique pas l’entrée en existence de Son attribut de faire vivre.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "De même, Il mérite le nom de Créateur avant le fait qu’elles soient créées"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’Il mérite qu’on Lui attribue la signification du terme Al-Khaliq –le Créateur– avant la création des créatures. Ce qui est visé par al-’incha, ici c’est la manifestation de la création car al-’incha, la création, si on en vise l’attribut de Allah, c’est un attribut qui est de toute éternité.

 

Or l’exemption de début de al-khaliqiyyah –le fait de créer– et de ar-rouboubiyyah –la souveraineté sur toute chose– nécessite qu’il ne Lui advienne, par la création d’une créature, aucun attribut entré en existence. En effet, par Son attribut éternel Il a rendu créature ce qu’Il a rendu créature comme choses entrées en existence. Ainsi, de la confirmation de Sa toute-puissance sur toute chose, on comprend l’entrée en existence de ce qu’Il a rendu créé et de Ses créatures et l’éternité du fait de donner la vie et du fait de donner la mort à ce à quoi Il donne la vie et à ce à quoi Il donne la mort parmi les créatures. Ce jugement s’applique dans la globalité et dans le détail. Ainsi donc, si nous disons que Allah ta"ala rend créées les choses entrées en existence auxquelles Il veut la vie par l’attribut éternel de faire entrer en existence et par l’attribut éternel de donner la vie, c’est comme lorsque nous disons par le détail : Allah ta"ala fait vivre Untel par Son attribut de donner la vie qui Lui est propre de toute éternité. Cette voie que nous venons de citer, qui est la voie du Salaf, est plus convenable et plus forte pour annuler la parole de ceux qui disent qu’il y a des choses entrées en existence qui n’ont pas de début. Car selon cette voie, Son acte de créer les choses entrées en existence est éternel. Il n’a donc pas besoin d’un autre acte.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tout ceci du fait qu’Il est sur toute chose Tout-Puissant ; toute chose a besoin de Lui et toute chose Lui est facile. Il n’a besoin de rien ; rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit"

 

Commentaire : Sa parole : "Tout ceci" renvoie à l’ensemble de ce qui précède de ce qui a été mentionné de Ses attributs. La puissance de Allah ta^ala concerne toute chose, c’est-à-dire que tout ce qui accepte l’entrée en existence, et tout ce qui est ainsi a besoin de Lui. Or tout ce qui est ainsi, il Lui est facile de le réaliser. D’autre part, ce qui est visé par le fait de nier la similarité avec Allah ta"ala, c’est la similarité à tous points de vue tout comme la similarité d’un seul point de vue, tout cela étant impossible.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il crée les créatures conformément à Sa science. Il leur prédestine des destinées et leur fixe des échéances. Rien ne Lui échappe avant qu’Il les crée, Il sait ce qu’elles font avant de les créer"

 

Commentaire : La signification c’est que Allah tabaraka wa ta^ala a créé les créatures selon Sa science éternelle, Sa toute-puissance éternelle et Sa prédestination éternelle. Et Il a prédestiné soubhanahou des destinées aux créatures qu’il s’agisse du bien, du mal, l’obéissance, la désobéissance, la subsistance, la félicité, le malheur et ce qui est de cet ordre. Il a prédestiné les échéances des créatures. Rien ne Lui échappe de ce qui est entré en existence ou qui entrera en existence dans le futur qui n’a pas de fin. Ainsi les créatures qu’Il a créées et sont entrées en existence et celles qui vont être créées et ne sont donc pas encore entrées en existence, tout cela est par Sa science éternelle qui est une science unique, universelle, qui concerne l’ensemble des choses possibles selon la raison, des choses obligatoires selon la raison et des choses impossibles selon la raison. Par cet attribut, Il sait tout ce qui est entré en existence et tout ce qui entrera en existence, globalement et dans le détail. Et cela n’implique pas que Sa science change.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il leur ordonne l’obéissance envers Lui et leur interdit la désobéissance envers Lui"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah ta^ala ordonne aux esclaves l’obéissance et leur interdit la désobéissance et ceci comme réalisation du sens de l’épreuve. Allah ta^ala dit :[وَمَا خَلَقْتُ الجِنَّ وَالإِنْسَ إِلاَّ لِيَعْبُدُونِ] (wa ma khalaqtou l-jinna wa l-‘insa ‘il-la liya"boudoun) [sourat Adh-Dhariyat / 56] ce qui signifie : "Je n’ai créé les jinn et les humains que pour leur ordonner de M’adorer".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Toute chose a lieu par Sa prédestination et Son vouloir"

 

Commentaire : L’auteur a commencé ici par expliquer le vouloir qui est l’un des attributs éternels dont la connaissance a une grande importance dans les fondements de la religion. Il s’explique par le fait de caractériser les choses possibles selon la raison par certaines choses qui leur sont possibles et non par d’autres. Ainsi le mal qui entre en existence, c’est par la caractérisation de Allah ta^ala qu’il entre effectivement en existence. Selon la raison, il était possible qu’il reste dans le néant. Seulement Allah ta^ala le fait surgir du néant du fait que Sa volonté éternelle concerne son existence. Il est ainsi entré en existence.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Son vouloir se réalise absolument, les esclaves n’ont de vouloir que ce qu’Il veut pour eux. Ce qu’Il veut pour eux a lieu et ce qu’Il ne veut pas n’a pas lieu"

 

Commentaire : On comprend de là que les esclaves n’ont de vouloir que ce qu’Il veut pour eux. La signification c’est que la volonté des esclaves fait partie de l’ensemble des choses entrées en existence, c’est-à-dire que leur volonté n’entre en existence que par Sa volonté. Il n’y a donc de volonté pour les esclaves que si Allah en veut l’entrée en existence. Ainsi notre volonté est entrée en existence. Elle n’est entrée en existence que par la volonté de toute éternité de Allah ta"ala qu’elle entre en existence. Mais avant que notre volonté n’entre en existence, Allah veut de toute éternité son entrée en existence. Cependant, que les esclaves veuillent quelque chose alors que Allah ta"ala ne veut pas de toute éternité qu’ils aient cette volonté, cela n’a pas lieu. C’est au contraire impossible. La preuve à cela selon les textes, c’est Sa parole ta"ala : [وَمَا تَشآءُونَ إِلَّآ أَن يَشَآءَ الله](wa ma tachaouna ‘il-la ‘an yacha’a l-Lah) [sourat At-Takwir / 29] ce qui signifie : "Et vous ne voulez que si Allah veut".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il guide qui Il veut, Il préserve et sauve par grâce, Il égare qui Il veut, Il crée la perdition et éprouve par justice"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah crée la bonne guidée en qui Il veut parmi Ses esclaves par Sa grâce et l’honneur qu’Il leur accorde. C’est Lui Qui les guide par Sa grâce et par bienfait de Sa part. Ainsi, s’Il ne créait pas en eux la bonne guidée, Il ne serait pas injuste à leur égard car rien ne Lui est obligatoire. Il n’a personne qui Le commande. Il n’a pas quelqu’un qui Lui ordonne ni quelqu’un qui Lui interdise. Il n’a pas créé soubhanahou la bonne guidée en les mécréants. Il les égare par justice de Sa part. C’est-à-dire que ce n’est pas par injustice de Sa part. L’injustice n’est en effet pas concevable à Son sujet. Ainsi, Il agit en ce qui Lui appartient véritablement. Sa souveraineté sur les choses n’est pas synecdotique [8] comme notre souveraineté à nous. Notre possession à nous est une possession dans le sens figuré selon la raison car les esclaves et ce qu’ils possèdent tout cela est une propriété de Allah ta"ala. Il n’y a pas de différence entre toi et entre ce qui t’appartient en considérant le fait que tout cela appartient à Allah ta"ala. Toi, Il t’a créé et Il t’a fait entrer en existence à partir du néant. De même, ce qui t’appartient, c’est Lui Qui l’a créé, Qui l’a fait surgir du néant à l’existence. Il gouverne soubhanahou les esclaves. Ce qu’Il leur a empêché de faire et ce qu’Il leur a interdit, ils doivent s’en empêcher. S’ils ne s’en empêchent pas, ils seront sujets au blâme et ils méritent la punition et le châtiment.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tous agissent selon Son vouloir entre Sa grâce et Sa justice"

 

Commentaire : C’est-à-dire que les esclaves agissent selon la volonté de Allah tabaraka wa ta"ala. S’ils agissent en bien, c’est par la grâce de Allah ta"ala. S’ils agissent en commettant les désobéissances et les choses mauvaises, c’est par la justice de Allah tabaraka wa ta"ala. En cela il y a une annulation de l’avis qu’ont émis les mou"tazilah, à savoir que l’agissement des esclaves en mal ne serait pas par la volonté de Allah ta"ala alors que leur agissement en bien serait par la volonté de Allah. Cette distinction est infondée et la vérité est en contradiction avec cela. Ainsi, quoi que les esclaves fassent, parmi les œuvres de bien ou de mal, c’est par la volonté de Allah. Il y a en cela une preuve que ce n’est pas un devoir pour Allah de faire pour Ses esclaves ce qui comporte leur bien ou ce qui est le mieux pour eux .

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est exempt des opposants et des semblables"

 

Commentaire : Cela signifie que Allah tabaraka wa ta"ala est exempt du fait d’avoir des semblables, c’est-à-dire des équivalents, ou bien des opposants, c’est-à-dire des choses qui Lui seraient opposées. La signification de al-moudadd c’est-à-dire de l’opposant, c’est celui qui agit d’un agissement par lequel il voudrait vaincre Allah selon sa prétention. Or Allah tabaraka wa ta"ala n’a personne qui Le vainque car Il domine toute chose et toute chose Lui appartient. Il ne peut donc pas y avoir d’opposants à Lui c’est-à-dire de choses qui agissent contrairement à Sa volonté. Le terme al-’andad, les semblables, est un pluriel de nidd qui veut dire l’équivalent, et le terme al-’addadd, les opposants, c’est un pluriel de didd.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Rien ne repousse Sa prédestination"

 

Commentaire : C’est-à-dire que personne ne repousse la prédestination de Allah tabaraka wa ta"ala. Al-qada, selon l’avis de certains savants de la jurisprudence de Ahlou s-Sounnah, c’est la volonté de Allah qui se rapporte aux choses qui entrent en existence. Selon certains autres, le qada de Allah c’est la création de Allah des choses c’est-à-dire le fait qu’Il les fasse surgir du néant. Allah ta"ala dit : [فَقَضَـهُنَّ سَبْعَ سَمَـوَاتٍ] (faqadahounna sab"a samawat) [sourat Foussilat /12] ce qui signifie : "Il les a créés sept cieux". La première explication du qada est plus connue chez les Ach^ariyy. L’un d’entre eux a dit :

La volonté de Allah

Du fait qu’elle se rapporte de toute éternité

C’est son qada

alors sois sûr de cela.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Rien ne revient sur Son arrêt (al-houkm), et rien n’a le dessus sur Sa prédestination"

 

Commentaire : C’est-à-dire que rien ne revient sur l’arrêt de Allah tabaraka wa ta"ala c’est-à-dire que personne ne l’annule. Donc si l’on vise par al-houkm l’arrêt par lequel Il charge les esclaves, l’explication vient d’en être donnée. Et si l’on vise par al-houkm l’arrêt par lequel Il donne l’existence, c’est dans le sens que nul n’a la capacité d’empêcher la réalisation de la volonté de Allah. Ce qu’Il veut a donc lieu inévitablement, c’est-à-dire que cela se réalise.

 

D’autre part sa parole : "Et rien n’a le dessus sur Sa prédestination" c’est-à-dire qu’aucun vainqueur n’a le dessus sur ce que Allah veut.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous avons cru en tout cela et nous avons eu la ferme certitude que tout est de Sa part"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous avons reconnu vrai et nous avons eu la ferme certitude que tout est de Sa part, c’est-à-dire que toute chose qui est entrée en existence ne s’est réalisée que selon la science éternelle de Allah, conformément à Sa prédestination et à Sa création.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "D’autre part, nous disons que Mouhammad r est Son esclave élu, Son prophète honoré et Son messager agréé, et qu’il est le dernier des prophètes, l’Imam des pieux, le Maître des messagers et le Bien-aimé du Seigneur des mondes"

 

Commentaire : Les termes Al-Moustafa, l’Elu et Al-Moujtaba, l’Honoré ont tous deux le même sens. Il y a en cela un surcroît d’éloges par rapport au terme Al-Mourtada l’Agréé. Il est donc un devoir de croire qu’il est l’esclave de Allah et Son messager et qu’il est le dernier des prophètes et le meilleur d’entre eux.

 

Sa parole : "le dernier" peut être prononcée avec al-fat-hah (khatam) et avec al-kasrah (khatim) mais le sens est le même c’est-à-dire qu’il est le dernier des prophètes. Allah ta"ala dit :
[وَلـكِن رَّسُولَ اللهِ وَخَاتَمَ النَّبِيِّنَ](wa lakin raçoula l-Lahi wa khatama n-nabiyyin) [sourat Al-’Ahzab / 40] ce qui signifie : "Mais il est bien le Messager de Allah et le dernier des prophètes". Or les qadiyaniyyah ont fait une mauvaise interprétation de al-khatim en prétendant que ce terme vient dans le sens de az-zinah, l’embellissement. Tout cela parce que leur chef Ghoulam Ahmad a prétendu être un prophète-messager, ceci étant de la mécréance et de l’égarement.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Toute prétention d’une prophétie après sa mission de prophète est une hérésie et un effet de la passion"

 

Commentaire : C’est-à-dire que celui qui prétend à la prophétie après lui, sa prétention est infondée en raison de sa parole : ((لا نَبِيّ بَعدي)) (la nabiyya ba"di) [rapporté par Al-Boukhariyy et Al-Hakim dans Al-Moustadrak] ce qui signifie :"Il n’y a pas de prophète après moi". Il s’agit d’un hadith sûr. Concernant la parole

[اللهُ يَصْطَفِى مِنَ المَلـَئِكَةِ رُسُلاً وَمِنَ النَّسِ] (Allahou yastafi mina l-mala’ikati rouçoulan wa mina n-nas) [sourat Al-Hajj / 75] ce qui signifie :« Allah élit parmi les anges des messagers ainsi que parmi les gens », les qadiyaniyyah prétendent que [يَصْطَفِى] (yastafi) est un verbe à l’inaccompli (moudari"). On leur dit يَصْطَفِى (yastafi) est un verbe à l’inaccompli qui a le sens d’un passé par rapport à ceux qui sont élus mais par rapport à Allah ta"ala, l’acte est détaché du temps passé, inaccompli ou présent parce que Son acte est éternel sans doute aucun. On ne dit pas de ce qui est éternel : cela est passé et cela a cessé. On leur dit aussi : il y a comme preuve à cela beaucoup d’exemples semblables dans le Qour’an, comme Sa parole ta"ala : [فَفَرِيقًا كَذَّبْتُمْ وَفَرِيقًا تَقْتُلُونَ] (fafariqan kadh-dhabtoum wa fariqan taqtouloun) [sourat Al-Baqarah / 87] ce qui signifie : "Vous avez démenti un groupe et vous avez tué un groupe", ici (taqtouloun) a le sens de (qataltoum) "vous avez tué".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est l’envoyé au commun des jinn et à toute l’humanité avec la vérité et la bonne guidée, la lumière et les clartés"

 

Commentaire : C’est-à-dire que notre maître Mouhammad  a été envoyé aux humains et aux jinn et non à l’ensemble des créatures : anges, animaux, jinn et humains. Certains disent : envoyé aux anges avec un message d’honneur.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le Qour’an est la parole de Allah c’est une parole qui a été révélée de Sa part qui est sans comment"

 

Commentaire : La signification c’est que le Qour’an est de la part de Allah c’est-à-dire qu’il est manifesté, à savoir par une révélation sur Son prophète. Ce qui est visé par le mot بدا (bada) n’est pas qu’il serait provenu de Lui par la prononciation tout comme la parole de l’un d’entre nous proviendrait de sa langue par une prononciation comme le disent les assimilateurs (al-mouchabbihah). La signification de ((مِنْهُ بَدا)) (minhou bada) n’est pas que Allah l’aurait prononcé tout comme l’un de nous prononce ses mots après avoir été silencieux. La preuve en est la parole de At-Tahawiyy "sans comment" c’est-à-dire ce n’est pas une lettre, ni un son car les lettres et le son font partie des modalités et des comments.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il a descendu le Qour’an par révélation à Son messager. Les croyants ont réellement cru en la véracité du Qour’an. Ils ont eu la certitude qu’il est la parole de Allah ta"ala véritablement, qu’il n’est pas créé comme la parole des humains. Celui qui l’entend et prétend que c’est la parole des humains est devenu mécréant. Allah le blâme, le rabaisse et le menace de l’enfer puisqu’Il dit : [سَأُصْلِيهِ سَقَرَ](sa’ouslihi saqar) [sourat Al-Mouddath-thir / 26] ce qui signifie : "Je le ferai entrer en enfer"

 

Commentaire : Allah a fait descendre le Qour’an sur notre maître Mouhammad par révélation. Le terme révélation est employé pour désigner la nouvelle avec laquelle l’ange vient de la part de Allah tabaraka wa ta^ala au Prophète. Et il est employé également pour désigner ce que Allah ta^ala fait descendre sur le cœur du Prophète sans l’intermédiaire d’un ange. Il s’agit alors de la parole propre comme l’a entendue Mouça et comme l’a entendue notre maître Mouhammad la nuit de l’ascension après être parvenu à un lieu dans lequel il pouvait entendre le son des calames. Tout cela est appelé révélation.

 

Quant à Sa parole "le Qour’an est la parole de Allah" jusqu’à sa parole "que c’est la parole de Allah ta^ala véritablement et qu’il n’est pas créé comme la parole des humains", le sens qui vient communément à l’esprit suggèrerait que la parole de Allah ta^ala serait entrée en existence car la parole منه بدا (minhou bada) peut faire penser à cela. Ce que vise At-Tahawiyy, ce n’est pas la croyance des sawtiyyah, ceux qui attribuent la voix à Allah, qui disent que la parole de Allah est de sons et de lettres. Ils n’ont pas pour croyance que Allah a une parole autre que cela, ce sont des assimilateurs. Cependant At-Tahawiyy a nié cela par sa parole "sans comment". Il a nié que la parole de Allah propre à Son Être soit des lettres ou un son car les lettres et le son sont des modalités parmi les modalités.

 

Si quelqu’un dit : Que signifie donc (minhou bada) ? On lui dit : Cela signifie que Allah l’a manifesté à qui Il veut de Ses créatures, c’est-à-dire en lui faisant entendre sans que Sa parole soit entrée en existence. L’entrée en existence ne concerne que l’audition de certaines de Ses créatures auxquelles Allah a voulu qu’elles l’entendent. Ainsi l’audition de ces créatures est entrée en existence, quant à ce qu’elles entendent, ce n’est pas entré en existence. Tout comme Allah fait voir aux croyants au jour du jugement Son Être Qui est éternel exempt de début et de fin alors que la vision qu’ils En auront sera entrée en existence. Quant aux wahhabites, lorsqu’ils lisent cet ouvrage, ce qui leur plaît c’est sa parole (minhou bada). Mais ils ne comprennent pas le sens de "sans comment" selon ce que l’auteur a visé. Sa parole "véritablement" leur plaît également. On leur dit donc : ce qu’il vise en réalité par "véritablement", c’est que le terme Al-Qour’an est employé pour désigner la parole propre à l’Être ainsi que l’expression révélée car le terme "parole de Allah" est employé pour désigner l’une comme l’autre au sens propre. En effet, les deux acceptions sont des réalités selon la Loi. Ce qu’il vise n’est donc pas que le terme descendu serait propre à l’Être de Allah car cela contredirait sa parole précédente "sans comment". C’est donc une expression qui mérite une explication. Les wahhabites s’y attachent pour aller dans leur sens et les sunnites s’y attachent pour aller dans le leur. Le wahhabite dit : "c’est une parole qui a été révélée de Sa part, qui est sans comment", l’expression est ainsi. Et il dit : (La descente, on n’en connaît pas le comment mais Allah tabaraka wa ta^ala parle avec des lettres et une voix). Quant à Ahlou s-Sounnah, ils disent donc : "c’est une parole qui est sans comment". Cela signifie que Allah parle sans lettres ni voix car les lettres et la voix sont des modalités et des comments. Voilà donc ce que vise l’auteur et c’est la voie des gens de la vérité. En effet, Abou Hanifah a mentionné dans certains de ses écrits que Allah parle non comme nous parlons, qu’Il parle sans lettres ni voix. Or At-Tahawiyy fait partie de son école. N’a-t-il pas dit au début de cet écrit : "selon l’école des savants de la jurisprudence de Abou Hanifata n-Nou^man...".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Du moment que Allah menace de l’enfer celui qui dit : [إِنْ هَذَا إِلاَّ قَوْلُ البَشَرِ](in hadha ‘il-la qawlou l-bachar) [sourat Al-Mouddath-thir / 25] ce qui signifie : "ce n’est que la parole des humains", nous avons su et nous avons eu la certitude que c’est la parole du Créateur des humains et qu’elle n’a pas de ressemblance avec la parole des humains"

 

Commentaire : L’auteur dit que celui qui a entendu le Qour’an et a dit que c’est la composition d’un humain, il est devenu mécréant et Allah menace celui qui dit cela par l’enfer. Ainsi les termes du Qour’an, l’être humain ne peut pas en apporter de semblables. Quant à la parole propre à l’Être, c’est un attribut propre à Allah comme tous Ses attributs. Il n’est pas possible selon la raison qu’elle puisse avoir des semblables.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Celui qui qualifie Allah par un des attributs des humains est certes devenu mécréant. Celui qui observe bien cela en tirera les conséquences et se sera éloigné de ce qui est semblable à la parole des mécréants, il aura su que Allah avec Ses attributs n’est pas tel que les humains"

 

Commentaire : C’est-à-dire que celui qui qualifie Allah par un attribut parmi les attributs des humains qui sont entrés en existence, par une des significations propres aux humains, que ce soit par la parole ou par la croyance, celui-là est un mécréant car il aura démenti Sa parole ta^ala : [لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ] (laysa kamithlihi chay’) [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : "Rien n’est tel que Lui". Il y a donc parmi les attributs des humains, l’entrée en existence, l’évolution, le changement d’humeur, le fait d’être influencé, la couleur, le mouvement, l’immobilité, la localisation dans un endroit et ce qui est semblable à cela. Tout cela fait partie des attributs des humains. Celui qui a cru cela ou qui l’a dit par sa langue est certes devenu mécréant. Ainsi les attributs de Allah n’ont pas de ressemblance avec les attributs des humains car Ses attributs sont de toute éternité alors que leurs attributs sont entrés en existence, et il n’y a pas de similitude entre Celui Qui est exempt de début et ce qui est entré en existence.

 

Quant à la parole de l’auteur "celui qui observe bien" c’est comme s’il a visé l’observation par le cœur et non l’observation par les yeux, car les acceptions les significations ne sont pas observées par les yeux habituellement.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La vision de Allah est une vérité accordée aux gens du paradis sans qu’ils connaissent Sa réalité, sans comment"

 

Commentaire : C’est-à-dire que les croyants Le verront soubhanahou dans l’au-delà sans qu’ils connaissent Sa réalité, car Le connaître dans Sa réalité est impossible. Ceci est une vérité, il est un devoir d’y croire. Quant aux mou^tazilah et aux philosophes, ils ont contredit Ahlou s-Sounnah puisqu’ils ont nié la vision de Allah dans l’au-delà. Ils ont prétendu donner pour argument que professer la vision de Allah reviendrait à L’assimiler à Ses créatures. Ils ont dit : en effet il est indispensable que celui qui est vu soit dans une direction. Quant à nous, gens de Ahlou s-Sounnah, nous disons : ceci est admis relativement aux créatures, mais cela n’est pas admis concernant Allah. Tout comme il est valable qu’ils En aient connaissance sans qu’Il soit dans une direction, il est valable qu’Il soit vu sans qu’Il soit dans une direction. Ce n’est pas une obligation selon la raison que la vision des croyants de Allah soit semblable à leur vision des créatures concernant l’implication de la direction.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tout comme l’a formulé le Livre de notre Seigneur : [وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ](woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah / 22-23] ce qui signifie : "Et les visages ce jour-là seront resplendissants, ils verront leur Seigneur"

 

Commentaire : Les gens de la vérité ont dit : la vision de Allah avec les yeux pour les croyants dans l’au-delà après leur entrée au paradis est possible selon la raison et selon les textes. Ils ont donné pour argument à cela Sa parole ta^ala : [وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ] (woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah/ 22-23]. Sa parole [نَاظِرَةٌ] (nadhirah) signifie : "ils verront leur Seigneur ce jour-là". Ces visages font références aux croyants. Les hadith sûrs ne comportent pas de précision concernant les moments où aura lieu cette vision ni de détails à son sujet. Mais il a été rapporté dans un hadith qui comporte une certaine faiblesse dans sa chaîne de transmission, que ceux qui ont les plus hauts degrés Le verront une fois au début du jour et une fois à la fin du jour, quant aux autres ils Le verront une fois chaque vendredi.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Son explication est conforme à ce que Allah ta^ala vise et sait"

 

Commentaire : C’est-à-dire que l’explication de cette ayah :[وُجُوهٌ يَوْمَئِذٍ نَاضِرَةٌ إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ](woujouhoun yawma’idhin nadirah ‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah / 22-23] est conforme à ce que Allah ta^ala sait de toute éternité et à ce qu’Il vise comme sens par cette parole.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tout ce qui nous est parvenu à ce sujet dans le hadith sûr du Messager r est tel qu’il l’a dit, le sens étant conforme à ce qu’il a visé"

 

Commentaire : C’est-à-dire que tout ce qui est parvenu dans le hadith sûr, confirmé et sûr d’après lui rest conforme à ce qu’il a visé r. Quant aux assimilateurs al-mouchabbihah que ce soient les wahhabites ou leurs prédécesseurs, la vision selon eux a lieu avec un comment et une direction même s’ils disent par leurs propos "sans comment". Ils croient pourtant au comment car ils confirment la direction pour Allah. Selon eux, il est indispensable que la vision soit avec un comment, de face car ils expliquent ainsi le hadith : ((أمَا إنّكم سترون ربّكم كما ترون هذا القمر لا تضامّون)) (‘ama ‘innakoum satarawna Rabbakoum kama tarwna hadha l-qamara la tadammoun) [rapporté par Mouslim] ce qui signifie : "Certes, vous verrez votre Seigneur, tout comme vous voyez cette lune ; vous ne douterez pas". La signification étant selon eux que vous Le verrez de face tout comme vous voyez cette lune de face. Ahlou s-Sounnah ont répondu à cette mise en doute par leur parole : l’analogie ici concerne autre chose que le sens que vous prétendez. A savoir que les esclaves Le verront d’une vision qui ne comporte pas de doute tout comme la lune une nuit de pleine lune lorsqu’il n’y a pas de nuages sera vue d’une vision qui ne comporte pas de doute.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous n’abordons pas ce sujet en faisant des interprétations selon nos avis personnels, ni en nous imaginant quelque chose selon nos passions"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’on n’entre pas dans ce sujet en faisant des interprétations de son propre avis, dépourvues de preuves catégoriques selon la raison et de preuves confirmées selon les textes, comme le sont les interprétations des mou^tazilah pour la ayah citée. Et l’on n’entre pas dans ce sujet en s’imaginant des choses à l’aide de ses illusions, ce qui veut dire : pas comme l’ont fait les mou^tazilah en niant la vision et en portant atteinte au sens de la ayah, ni comme l’ont fait les mouchabbihah les assimilateurs en donnant un comment à la vision puisqu’ils ont confirmé la direction s’agissant de Allah ta^ala. Eux, puisqu’ils ont confirmé la direction pour l’Être glorifié Qui est exempt d’imperfection, il est indispensable qu’ils confirment la vision dans une direction. Quant à Ahlou s-Sounnah, ils sont loin de tout cela : ils ont pour croyance qu’Il sera vu sans que ce soit de face, ni de dos, sans que celui qui voit soit dans une direction par rapport à Allah, ni à droite ni à gauche, ni en haut ni en bas, ni devant ni derrière.

 

La parole de At-Tahawiyy ne signifie pas la réfutation de l’interprétation globale de Ahlou s-Sounnah ni l’interprétation détaillée des ayah et des hadith concernant les attributs qui ne sont pas explicites. Cette interprétation a été confirmée de la part de l’Imam Ahmad et d’autres parmi les Salaf. En effet, abandonner les deux sortes d’interprétation est le propre de l’assimilation et de l’attribution du corps, toutes deux réfutées par Sa parole ta^ala : [لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ] (laysa kamithlihi chay’) [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : "Rien n’est tel que Lui".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "En effet, ne sera sauvé dans sa religion que celui qui s’est soumis et a accepté sans rébellion ni opposition ce qui est parvenu de Allah ^azza wa jall et de Son Messager r et qui s’en sera remis concernant la connaissance de ce qui n’est pas explicite pour lui à qui en a la connaissance"

 

Commentaire : C’est-à-dire que la sauvegarde revient à la soumission à Allah et à Son Messager c’est-à-dire à croire que tout ce qui est parvenu dans la Loi concernant les sujets de la religion est conforme à ce que Allah ta^ala vise et à ce que Son Messager a visé. Elle n’est pas fondée sur l’illusion ni sur l’imagination tirées de l’avis personnel ou des choses qui ont lieu d’habitude chez les créatures. Les mou^tazilah ont fondé leur avis sur ce qu’ils ont considéré comme fondamental et les assimilateurs les mouchabbihah ont fondé leur avis sur ce qui est ordinaire et habituel entre les créatures. Leur source de dissension, c’est qu’il ont assimilé Allah aux créatures. Ils ont dit : (tout comme on ne voit la chose que si elle est dans une direction par rapport à celui qui voit, Allah sera vu dans une direction). Les deux voies sont infondées.

 

Ce qui est visé par sa parole : "à qui en a la connaissance", c’est que celui qui a connu une certaine confusion dans la compréhension d’une chose relative à l’au-delà ou à autre chose, il s’en remet aux gens de la science qui sont versés dans la science, la seule issue étant que celui qui s’interroge profite d’eux par l’interprétation détaillée ou par l’interprétation globale, à savoir que la personne ait pour croyance que les attributs par lesquels on qualifie Allah sont exempts de l’attitude, de la forme et des manifestations de l’entrée en existence.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La personne n’aura affermi son pas dans l’Islam qu’avec le contentement et la soumission"

 

Commentaire : At-taslim ici c’est le contentement et la satisfaction de ce qui est parvenu de la part de Allah ta^ala. Quant à l’istislam, c’est la soumission à la Loi c’est-à-dire l’acceptation de ce qui en est parvenu en fait de croyances et de jugements. La persévérance sur l’Islam n’est donc valable que pour celui qui s’est soumis à Allah ta^ala, ne s’est pas opposé à Lui et ne Lui a pas donné pour attribut ce qui n’est pas digne de Lui.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Celui qui cherche la connaissance de ce qu’il lui est impossible de connaître, celui dont la compréhension ne s’est pas satisfaite du contentement, ce qu’il recherche lui aura voilé la croyance pure en l’unicité, la connaissance claire et la foi correcte. Il oscillera entre la mécréance et la foi, la croyance en la vérité et le démenti, entre la reconnaissance et le reniement, il sera en proie aux mauvaises suggestions, perdu en état de doute sans être ni un croyant en la vérité ni quelqu’un qui réfute dans le démenti"

 

Commentaire : Cela signifie que celui qui demande à connaître la science qui lui a été interdite et qui ne s’est pas satisfait de sa soumission à Celui Qui sait cette science, ce qu’il recherche l’aura voilé du tawhid pur. Il sera ainsi perturbé, croyant en certaines choses, mécréant en d’autres. Il ne sera pas comme un mécréant qui a déclaré sa mécréance, ni comme un croyant qui a cru en la véracité de la foi et a cru véritablement sans aucune hésitation.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La foi en la vision de Allah accordée aux habitants de la Résidence de la paix n’est pas valable pour celui qui la considère selon ses illusions ou qui l’interprète à sa manière"

 

Commentaire : C’est-à-dire que celui qui considère la vision autrement que selon ce qui a été expliqué précédemment et qui est la croyance des gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, celui-là n’y croit pas comme il lui a été ordonné. Les assimilateurs al-mouchabbihah selon l’apparence disent : (Nous avons cru en la vision) mais en vérité ils n’y ont pas cru. Quant aux mou^tazilah, ils l’ont niée explicitement puisqu’ils ont dit : (Allah n’est pas vu). Eux expliquent la parole de Allah ta^ala :[إِلَى رَبِّهَا نَاظِرَةٌ](‘ila Rabbiha nadhirah) [sourat Al-Qiyamah / 23] en disant : (c’est la grâce de leur Seigneur attendue), c’est-à-dire qu’ils seraient dans l’attente. Quant au hadith, ils prétendent qu’il n’est pas confirmé. Les mou^tazilah et les mouchabbihah les assimilateurs sont aux deux extrêmes et se sont opposés les uns aux autres.

 

Sa parole : (darou s-salam) "la Résidence de la paix", c’est un nom du paradis et tous ses degrés sont englobés par cette appellation.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "En effet, l’interprétation de la vision comme l’interprétation de toute signification attribuée à la divinité se fait en délaissant la mauvaise interprétation et en s’attachant au contentement. Voilà sur quoi se fonde la religion des musulmans"

 

Commentaire : Ce que At-Tahawiyy vise ici par le délaissement du ta’wil, c’est le ta’wil qui est loin de la vérité et de ce qui est correct. Il ne vise pas l’interprétation que font les gens de Ahlou s-Sounnah, que ce ta’wil soit global ou détaillé et c’est ainsi qu’il convient de donner son sens à la parole de l’auteur ici. Quant au sens apparent, c’est de ne pas procéder au ta’wil détaillé. Quant au ta’wil ‘ijmaliyy, l’interprétation globale, il ne la renie pas car celui qui renie l’interprétation globale, il tombe dans l’assimilation inévitablement.

 

Et ce qui renforce le fait que ce que vise At-Tahawiyy en reniant le ta’wil ce n’est pas l’interprétation dans tous les cas, c’est sa parole au sujet de l’attribut de Allah la parole : (minhou bada bila kayfiyyatin qawla) parce qu’il s’agit-là d’une interprétation.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Celui qui ne se garde pas de la négation des attributs et de l’assimilation aura glissé et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption de Allah de toute ressemblance avec les créatures"

 

Commentaire : Il vise par la négation le négationnisme et il vise par l’assimilation la confirmation de la direction à Allah ta^ala ou tout autre signe de l’entrée en existence comme le mouvement, l’immobilité, le déplacement de haut en bas ou de bas en haut. Chacun de ces deux groupes "aura glissé" c’est-à-dire aura dévié de la voie de vérité. "et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption"c’est-à-dire qu’il aura manqué et sera privé de la croyance en l’exemption à savoir l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures. Il est donc valable d’expliquer sa parole "il aura glissé et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption" en disant : il aura glissé est relatif à celui qui nie à savoir le négationniste ; et sa parole "et n’arrivera pas à avoir la croyance en l’exemption", en disant qu’elle est relative à celui qui assimile. Le sens est donc que le négationniste qui nie ce que Allah ta^ala a confirmé, glisse, c’est-à-dire qu’il dévie de la voie de droiture et s’égare, et que celui qui affirme par la parole sans croire en l’exemption par le sens en faisant au contraire de l’assimilation n’atteint pas l’exemption c’est-à-dire qu’il n’exempte pas Allah de ce dont il est un devoir de L’exempter. Cette interprétation correspond donc à l’état sur lequel sont les deux groupes, le groupe du négationnisme et le groupe de l’assimilation tel que celui des wahhabites. Selon eux, confirmer la position assise même, ce n’est pas faire de l’assimilation. Par les négationnistes sont visés les mou^tazilah et les philosophes.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "En effet, notre Seigneur jalla wa ^ala a pour attribut les attributs de l’unicité"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’Il a pour attribut les attributs qui nient au sujet de Allah ta^ala la ressemblance avec autre que Lui.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est qualifié des qualificatifs de l’unicité"

 

Commentaire : Ceci a le même sens que ce qui précède mais il a donné cette deuxième expression pour confirmer la première, les termes na^t, qualificatif et wasf, attribut ayant même signification et les termes wahdaniyyah et fardaniyyahunicité– étant synonymes.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Aucune des créatures n’a d’attributs semblables aux Siens"

 

Commentaire : C’est-à-dire il n’y a aucune des créatures qui ait Ses attributs ta^ala c’est-à-dire qu’il n’est pas valable selon la raison ni selon la Loi que l’esclave ou tout autre chose parmi les choses entrées en existence ait pour attribut un des attributs de Allah ta^ala.
Il
a donc fait une mauvaise explication celui qui a dit pour expliquer le hadith rapporté par Al-Boukhariyy : ((إن الله خلق آدم على صورته)) (inna l-Laha khalaqAdama ^ala souratihi) : (Allah a fait que Adam soit attribué d’attributs qui aient les mêmes noms que les Siens comme l’ouïe, la vue et ce qui est de cet ordre). Cette formulation est mauvaise. Or la signification de : ((على صورته)) (^ala souratihi), c’est : "selon l’image que Allah a créée et a honorée", tout comme c’est le sens dans Sa parole ta^ala au sujet de ^Iça : [فَنَفَخْنَا فِيهِ مِن رُّوحِنَا](fanafakhna fihi min rouhina) [sourat At-Tahrim / 12] ce qui signifie : "Nous avons fait insuffler en lui l’âme que Nous avons créée".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est exempt des limites, des extrémités, des côtés, des membres et des organes, Il n’est pas délimité par les six directions, contrairement à la totalité des créatures"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah ta^ala n’a pas de limites. La limite (al-hadd) signifie la fin de la chose. Il n’est donc pas possible à Son sujet les limites, l’étendue et la quantité. Ainsi nier la limite à Son sujet revient à nier à Son sujet la taille (al-hajm). La signification de (al-ghayat) "extrémités" c’est : les fins et ceci fait partie des caractéristiques des corps. Le sens de (al-’arkan) "côtés" c’est : les bords. Le sens de (al-’a^da) "membres", c’est le pluriel de ^oudw, membre, qui fait également partie des spécificités des corps. Le sens de (al-’adawat) "organes", ce sont les petites parties du corps comme la glotte.

 

D’autre part, la signification de sa parole : "Il n’est pas délimité par les six directions" c’est que les six directions ne L’environnent pas. Il s’agit donc du haut, du bas, de la droite, de la gauche, du devant et du derrière car ces directions ne sont valables selon la raison que pour ce qui est un corps. Il y a en cela une réplique à Ibnou Taymiyah puisqu’il a dit : (Allah a une limite que Lui seul sait). Quant à la confirmation de la limite s’agissant de Allah, cela n’a été confirmé d’aucun des gens du Salaf contrairement à ce que Ibnou Taymiyah en a donné l’illusion. Plus encore, ce que rapporte At-Tahawiyy ici comporte que le Salaf avait pour croyance l’exemption de Allah de la limite.

 

Et Allah soubhanahou wa ta^ala n’est pas à l’intérieur de ce monde ni à l’extérieur. Il n’est pas en contact avec lui ni séparé de lui car s’Il était ainsi, Il aurait eu des semblables innombrables. Or Il a nié soubhanahou à Son sujet la similarité à quoi que ce soit par Sa parole : [لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ] (laysa kamithlihi chay’) [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : "Rien n’est tel que Lui". D’autre part, beaucoup de savants des quatre écoles les plus réputées ont mentionné l’exemption de la localisation dans un endroit, du contact, de la séparation, de la réunion au sujet de Allah ta^ala. Que l’on révise donc leurs textes.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "L’ascension (al-mi^raj) est une réalité"

 

Commentaire : L’ascension c’est le fait de s’élever vers les sept cieux et vers les lieux élevés que Allah a voulu. C’est une réalité à laquelle il est un devoir de croire concernant le Messager de Allah. Celui qui le renie est un grand pécheur. L’ascension a eu lieu après le voyage nocturne (al-’Isra) c’est-à-dire après son arrivée à la Mosquée Al-’Aqsa lorsqu’il est parti de la Mosquée Al-Haram à La Mecque. Il a été élevé vers les cieux et ce qui est au-dessus jusque là où Allah a voulu. Le voyage nocturne est déclaré explicitement dans le Qour’an par Sa parole ta^ ala : [ سُبْحَنَ الّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلاً مِنَ المَسْجِدِ الحَرَامِ إِلَى المَسْجِدِ الأَقْصَا الّذِي بَـرَكْنَا حَوْلَهُ لِنُرِيَهُ مِنْ ءَايَـتِنَا] (soubhana l-ladhi ‘asra bi^abdihi laylan mina l-masjidi l-harami ‘ila l-masjidi l-‘aqsa l-ladhi barakna hawlahou linouriyahou min ‘ayatina) [sourat Al-’Isra / 1] ce qui signifie : « Il est exempt d’imperfection Celui Qui a fait voyager de nuit Son esclave à partir de la Mosquée Al-Haram jusqu’à la Mosquée Al-’Aqsa dont Nous avons béni les alentours pour lui montrer certains de Nos signes ». C’est pour cela que celui qui le renie devient mécréant. L’ascension elle, est presque mentionnée par un texte explicite, par Sa parole ta^ala : [وَلَقَدْ رَءَاهُ نَزْلَةً أُخْرَى عِنْدَ سِدْرَةَ المُنْتَهَى عِنْدَهَا جَنَّةُ المَأْوَى] (wa laqad ra’ahou nazlatan ‘oukhra ^inda sidrati l-mountaha ; ^indaha jannatou l-ma’wa) [sourat An-Najm / 13-15] ce qui signifie : "Il l’a vu une seconde fois ; auprès du jujubier du terme ; là où se trouve le paradis". Simplement ceci n’est pas explicite car il n’a pas été mentionné par un texte clair catégorique que le jujubier du terme se trouve au-dessus des sept cieux.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Et le Prophète r a effectivement été transporté de nuit"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’il a été emmené de nuit à partir de la Mosquée Al-Haram jusqu’à la Mosquée Al-’Aqsa tout comme cela a été mentionné précédemment.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il a été élevé au ciel par sa personne même, à l’état d’éveil jusqu’au ciel puis vers les endroits élevés que Allah a voulus"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’il a été élevé au ciel à la suite du voyage nocturne. Ainsi le voyage nocturne et l’ascension eurent lieu durant une seule et même nuit l’un à la suite de l’autre. Ils ont tous deux été effectués selon les gens de la vérité, à l’état d’éveil par sa personne même, avec son âme et son corps r.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah l’a honoré par ce qu’Il a voulu et Il lui a révélé ce qu’Il lui a révélé, [مَا كَذَبَ الفُؤَادُ مَا رَأَى](ma kadhaba l-fou’adou ma ra’a) ce qui signifie :"Le cœur n’a pas menti au sujet de ce qu’il a vu", que Allah l’élève davantage en degré dans l’au-delà et ici-bas et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle"

 

Commentaire : La majorité des gens de la vérité ont tiré de Sa parole ta^ala :
[مَا كَذَبَ الفُؤَادُ مَا رَأَى](ma kadhaba l-fou’adou ma ra’a) [sourat An-Najm / 11] ce qui signifie : "Le cœur n’a pas menti au sujet de ce qu’il a vu" que le Prophète a vu son Seigneur avec son cœur cette nuit et non avec ses yeux. Ce qui est visé par le cœur, c’est le cœur du Prophète r et non celui de Jibril.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le bassin par lequel Allah ta^ala l’a honoré en tant que secours pour sa communauté est une réalité"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire au bassin duquel boiront les croyants au jour du jugement, c’est-à-dire que Allah tabaraka wa ta^ala a réservé un bassin pour notre prophète Mouhammad r. Il sera un secours pour ceux de sa communauté qui seront assoiffés au jour du jugement. Ainsi celui qui en aura bu n’aura plus jamais soif après cela. Quant à ceux qui ne seront pas atteints de soif, les pieux, ils n’en boiront que par plaisir.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "L’intercession qu’il a gardée en réserve pour sa communauté est une réalité, tout comme cela a été rapporté dans les nouvelles qui sont parvenues"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire en l’intercession que le Prophète a gardée en réserve pour sa communauté. La signification de l’intercession, c’est la demande du bien de la part de Allah tabaraka wa ta^ala en faveur de la communauté. C’est-à-dire que le Messager demandera au jour du jugement à son Seigneur de sauver un grand nombre de créatures de sa communauté de l’enfer après qu’ils y sont entrés pour certains, et sans qu’ils n’y entrent pour d’autres. Ce qui distingue notre Prophète r concernant l’intercession, ce sera la multitude de gens qui en bénéficieront, chose qui n’arrivera à aucun autre prophète que lui. Ce qui est visé, ce n’est pas que les autres prophètes à part lui n’intercèderont pas. Au contraire, l’intercession est bien confirmée à leur sujet.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le pacte que Allah ta^ala a pris de Adam et de sa descendance est une réalité"

 

Commentaire : Le pacte que Allah ta^ala a pris de Adam, c’est le pacte qui a englobé tous les prophètes. Allah ta^ala dit : [ وَإِذْ أَخَذْنَا مِنَ النَّبِيِّنَ مِيثَاقَهُمْ وَمِنكَ وَمِن نُّوحٍ وَإِبْرَاهِيمَ وَمُوسَى وَأَخَذْنَا مِنْهُم مِّيثَـقًا غَلِيظًاوَعِيسَى ابْنِ مَرْيَمَ ] (wa ‘idh ‘akhadhna mina n-nabiyyina mithaqahoum wa minka wa min Nouhin wa Ibrahima wa Mouça wa ^Iça bni Maryama wa ‘akhadhna minhoum mithaqan ghalidha) [sourat Al-’A^raf / 7] ce qui signifie : "Nous avons pris des prophètes leur engagement, de toi, de Nouh, de Ibrahim, de Mouça et de ^Iça le fils de Maryam. Nous avons pris d’eux un pacte sûr".

 

Quant au pacte qui a été pris de la descendance de Adam, c’est ce que Allah ta^ala a mentionné par Sa parole : [وَإِذْ أَخَذَ رَبُّكَ مِن بَنِى ءادَمَ مِن ظُهُورِهِم ذُرِّيَّتَهُمْ وَأَشْهَدَهُمْ عَلَى أَنْفُسِهِمْ أَلَسْتُ بِرَبِّكُمْ قَالُوا بَلَى شَهِدْنَا أَن تَقُولُواْ يَوْمَ القِيَـمَةِ إِنَّا كُنَّا عَنْ هـذَا غَـفِلِينَ] (wa ‘idh ‘akhadha Rabbouka min bani Adama min dhouhourihim dhourriyyatahoum wa ‘ach-hadahoum ^ala ‘anfoucihim ‘alastou biRabbikoum qalou bala chahidna ‘an taqoulou yawma l-qiyamati ‘inna kounna ^an hadha ghafilin) [sourat Al-’A^raf / 172]. Ce pacte, c’est-à-dire cet engagement, c’est leur reconnaissance après qu’Il les a fait sortir du dos de Adam, après que Adam a été descendu sur terre. Il leur a donné une image et a créé en eux la connaissance et la perception qu’ils n’ont de dieu que Allah. Ainsi toute la descendance de Adam a reconnu cela ce jour-là.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah ta^ala sait de toute éternité le nombre de ceux qui entreront au paradis et le nombre de ceux qui entreront en enfer dans leur totalité, ce nombre n’augmente pas et ne diminue pas. Il sait aussi de toute éternité les actes qu’ils feront ; à chacun d’eux il lui est facilité les choses pour lesquelles il a été créé"

 

Commentaire : La première phrase comporte la preuve que la science de Allah englobe ceux qui vont entrer au paradis en détail et ceux qui entreront en enfer en détail. L’auteur a voulu montrer par cette phrase ce qui a déjà été décrété au sujet de l’éternité des attributs de Allah, que ce soit les attributs de l’Être ou des actes, tout comme il a dit précédemment : "Il est de toute éternité avec Ses attributs avant la création de Ses créatures". Ceci pour montrer que la science de Allah englobe toute chose et que Sa science ne peut être évaluée par la connaissance des créatures. Pour couper court aussi à tout objet de doute au sujet de la prédestination et de la destinée de la part de ceux qui sont faibles c’est-à-dire des faibles d’esprit. Pour repousser également la feinte des illusions des qadariyyah, à savoir les mou^tazilah, à l’égard des gens du commun, du fait qu’ils ont prétendu : (Comment Allah châtierait-Il pour ce qu’Il a destiné et prédestiné ?) Ainsi At-Tahawiyy a montré ce qui confirme tout cela. La signification en est que Allah sait le nombre de ceux qui entrent au paradis, qui vont croire et qui vont obéir par choix et par leur propre préférence. D’autre part, Allah sait le nombre de ceux qui entreront en enfer, qu’ils seront mécréants et contrediront Ses ordres de leur propre choix alors qu’ils existeront en étant pubères et sains d’esprit et que ce n’est pas à la suite d’une contrainte et malgré eux qu’ils mériteront l’enfer. Il est impossible qu’Il ne sache pas ce qui va avoir lieu de la part de Ses créatures avant leur existence car cela serait une ignorance et l’ignorance au sujet de Celui Qui est exempt de début est impossible. Il a donc été confirmé que Allah sait de toute éternité ce qui aura lieu de la part de Ses créatures.

 

Quant à la parole de l’auteur "et à chacun d’eux il lui est facilité les choses pour lesquelles il a été créé", cette expression est tirée d’un hadith célèbre et sahih, de chaîne de transmission sûre qui a été rapporté par les auteurs des six livres. La signification en est que celui à qui il a été prédestiné de faire partie des gens du paradis, il lui a été prédestiné ce qui le rapproche du paradis en tant que paroles et actes ainsi que la réussite pour cela. Celui à qui il a été prédestiné de faire partie des gens de l’enfer, il lui a été prédestiné le contraire et il accomplira les actes des gens de l’enfer et y persistera jusqu’à ce que se referme sur lui le livre de sa vie.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La rétribution sera en fonction des actes de l’esclave à la fin de sa vie"

 

Commentaire : La signification de la phrase "La rétribution sera en fonction des actes de l’esclave à la fin de sa vie" veut dire que la rétribution sera en fonction des actes avec lesquels l’esclave finira sa vie. Ainsi celui qui finira sa vie avec les actes des gens de la félicité sera heureux pour l’éternité et celui qui finira sa vie avec les actes des gens du malheur sera malheureux pour l’éternité. Cela ne sera pas en fonction de ce que l’être humain aura accompli avant cela. Celui donc qui aura vécu mécréant puis sera entré en Islam et sera mort sur les actes des gens du paradis, celui-là sera rétribué en fonction de ce par quoi il aura fini sa vie. Et celui qui sera à l’opposé de cela sera rétribué à la mesure de ce par quoi il aura fini sa vie.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le fondement de la destinée est un secret de Allah ta^ala envers Ses créatures, aucun ange de degré élevé ni aucun prophète envoyé n’en a eu connaissance"

 

Commentaire : C’est-à-dire que cela est voilé pour les esclaves. C’est pour cela qu’il nous a été interdit de tenter d’approfondir la question pour atteindre son secret. Ce qu’il convient seulement de faire au sujet de la destinée, c’est d’en connaître la signification et l’explication. Ainsi le Messager de Allahr a dit :((إذا ذُكر القدر فأمسِكوا)) (idha dhoukira l-qadarou fa’amsikou) [rapporté par Al-Bayhaqiyy]ce qui signifie : "Si la destinée est évoquée alors abstenez-vous [d’en débattre pour parvenir à son secret]". Cette partie du hadith est celle qui est sûre, quant à l’ajout qu’auraient mentionné les compagnons, il n’a pas été confirmé.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le vain approfondissement et la réflexion sur ce sujet est un moyen de courir à sa perte, une voie d’accès vers la privation et une marche donnant sur l’injustice. Que l’on soit en garde de toutes ses forces contre cela, qu’il s’agisse de la réflexion, des pensées ou des mauvaises suggestions à ce sujet"

 

Commentaire : C’est-à-dire soyez en garde du point de vue de la réflexion et des mauvaises suggestions à ce sujet. Repoussez loin de vous toute tentative d’en atteindre la connaissance même par la voie des mauvaises suggestions. Que la personne occupe son cœur par ce qui va le barricader contre cela. La perdition (al-khidhlan), c’est le contraire de la réussite (at-tawfiq) car celui qui suit cette voie, c’est un signe qu’il est perdu (makhdhoul) c’est-à-dire qu’il est privé du bien (mahroum).

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah ta^ala a en effet caché la connaissance de la destinée à Ses créatures, Il leur a interdit d’y parvenir"

 

Commentaire : C’est-à-dire Il leur a interdit d’en rechercher le secret.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tout comme Il dit ta^ala dans Son Livre : [لاَ يُسْئَلُ عَمَّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْئَلُونَ](la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya / 23] ce qui signifie : "Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais eux le seront". Celui donc qui demande : (Pourquoi fait-Il telle chose) aura rejeté le jugement du Livre et celui qui rejette le jugement du Livre fait partie des mécréants"

 

Commentaire : C’est cela la signification de la parole de certains savants : rejeter les textes est de la mécréance. Celui donc qui a connu un texte du Qour’an ou du hadith et l’a rejeté, c’est un mécréant. Quant à celui qui n’a pas su que c’est un texte et en a rejeté le sens, il y a en cela un détail : si c’est une chose qui est connue chez les musulmans d’une connaissance évidente, la renier est de la mécréance, de même qu’en douter. Mais quelque chose qui n’est pas ainsi, la renier n’est pas de la mécréance.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Voici l’ensemble des choses dont a besoin celui dont le cœur est illuminé par la foi et qui fait partie des croyants par la grâce de Allah ta^ala"

 

Commentaire : C’est-à-dire que l’attachement du cœur à la croyance en la véracité de ce qui est parvenu de la part de Allah ta^ala et de la part de Son Messager, c’est un fondement auquel s’attachent les croyants.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "C’est le degré de ceux qui sont versés dans la science"

 

Commentaire : C’est-à-dire ceux qui maîtrisent la science, ce sont ceux qui ont persévéré en cela et qui l’ont maîtrisée.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "En effet la science est de deux sortes : une science qui se trouve chez les créatures et une science qui ne se trouve pas chez les créatures"

 

Commentaire : La science qui se trouve chez les créatures c’est la science vers laquelle Allah a fait exister une voie afin que les esclaves puissent l’obtenir. Quant à la science qui ne se trouve pas chez les créatures, c’est la science que Allah Se réserve et vers laquelle Il n’a pas fait exister de voie afin que les créatures puissent l’obtenir. Ainsi la connaissance des croyances et des jugements et la connaissance de ce qui est profitable pour gagner sa vie font partie des choses pour lesquelles Allah a donné aux créatures un moyen de les obtenir. Quant à ce que Allah Se réserve, comme la science de l’avènement du jour du jugement, c’est une science qui ne se trouve pas chez les esclaves. Acquérir la première sorte de science est une chose requise et louable ; quant à tenter d’acquérir la deuxième sorte de science, c’est de l’égarement.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ainsi renier la science qui se trouve chez les créatures est de la mécréance et prétendre détenir la science qui ne se trouve pas chez elles est de la mécréance. La foi n’est validée qu’en acceptant la science qui se trouve chez les créatures et en abandonnant la recherche de la science qui ne s’y trouve pas"

 

Commentaire : A partir de là, on a connu la mécréance de celui qui renie la science qui existe chez les créatures comme le reniement des sophistes de l’existence des choses. Et on apprend également la mécréance de celui des créatures qui prétend englober toute chose par sa science. Celui donc qui prétend cela pour lui-même ou pour quelqu’un d’autre que lui parmi les esclaves devient mécréant car Allah ta^ala est le seul Qui englobe les choses cachées (al-ghayb) par Sa science. Personne de Ses créatures ne sait toutes les choses cachées. Celui qui croit qu’il existe quelqu’un d’autre que Allah qui englobe toute chose cachée par sa science aura démenti le Qour’an. Allah ta^ala dit :[قُلْ لاَ يَعْلَمُ مَن فِي السَّمـوَاتِ وَالأَرْضِ الغَيْبَ إِلاَّ الله](qoul la ya^lamou man fi s-samawati wa l-‘ardi l-ghayba ‘il-la l-Lah) [sourat An-Naml / 65] ce qui signifie : "Dis : Ceux qui sont aux cieux ou sur terre, aucun d’entre eux ne sait les choses cachées ; seul Allah les sait". Certains tombés dans l’outrance ont composé un écrit dans lequel ils ont mentionné que Allah a fait connaître à Son Messager toute chose que Lui sait, sans exception, et ceci est une outrance laide.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons en la Table Préservée, au Calame et en tout ce qui y a été inscrit"

 

Commentaire : Il est un devoir pour toute personne responsable de croire en la Table Préservée et au Calame. Le terme Table fait référence à un corps du monde supérieur. Il a été dit qu’il est en-dessous du Trône et certains ont dit qu’il est au-dessus. Quant au Calame, c’est un corps du monde supérieur qui a été créé avant la Table Préservée. Ensuite la Table a été créée et il a été ordonné au Calame d’inscrire sur la Table. Il a inscrit sur ordre de Allah ta^ala. Il a écrit ce qui a eu lieu et ce qui aura lieu jusqu’au jour du jugement. Allah ta^ala dit : [وَكُلَّ شَىْءٍ أَحْصَيْنَـهُ فِي إِمَامٍ مُبِينٍ] (wa koulla chay’in ‘ahsaynahou fi ‘imamin moubin) [sourat YaSin / 12] ce qui signifie : "Toute chose a été inscrite dans un livre clair". Ainsi la Science de Allah n’a pas de fin mais ce qui est inscrit sur la Table Préservée est quelque chose de fini et la Table ne comporte pas le détail des choses qui vont avoir lieu dans l’au-delà car ceci est quelque chose qui n’a pas de fin.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Si les créatures s’unissaient toutes contre quelque chose que Allah ta^ala y a fait inscrire qu’elle existera pour faire qu’elle n’existe pas, elles n’y pourraient rien. Et si elles s’unissaient toutes pour faire exister quelque chose que Allah ta^ala n’y a pas fait inscrire, elles n’y pourraient rien"

 

Commentaire : Les termes que vient de citer l’auteur ici ont été rapportés dans certains des hadith sûrs rapportés du Messager de Allah r. Certaines expressions constituent les termes rapportés mêmes et d’autres constituent le sens des termes rapportés. Ceci fait partie des choses dont la raison témoigne de la véracité. Les preuves selon la raison indiquent en effet l’éternité de la science de Allah de ce qui aura lieu à jamais. Il est donc un devoir de croire en la teneur de ce qui a été cité.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le Calame a séché après avoir écrit ce qui doit avoir lieu jusqu’au jour du jugement"

 

Commentaire : C’est-à-dire que le Calame a fini d’écrire tout cela. Il y a par ailleurs d’autres calames avec lesquels les anges recopient de la Table Préservée ce qu’il leur a été ordonné de recopier. Pour preuve le hadith que le Prophète r a dit : ((حتّى ظهرت لمستوىً أسمع فيه صريف الأقلام)) (hatta dhahartou limoustawan ‘asma^ou fihi sarifa l-‘aqlam) [rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim]ce qui signifie :"Jusqu’à ce que je sois arrivé à un niveau où j’entendais le crissement des calames".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ce qui a manqué l’esclave ne devait pas l’atteindre et ce qui l’a atteint ne devait pas le manquer"

 

Commentaire : C’est-à-dire que ce qui a atteint l’esclave ne devait pas le manquer car Allah le sait avant que cela n’arrive et la science de Allah ne change pas. Le changement de la science comprendrait en effet une ignorance mais l’ignorance est impossible au sujet de Allah. De même, ce que Allah sait de toute éternité que cela n’atteindra pas l’esclave, il est impossible que cela l’atteigne.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "L’esclave doit savoir que Allah sait de toute éternité tout ce qui concerne toutes Ses créatures. Il aura ainsi destiné cela d’une destinée parfaite et irrévocable, qu’aucune de Ses créatures de Ses cieux ou de Sa terre ne contredit, ne révise ou n’enlève, ne change ou ne modifie, ne diminue ou n’ajoute"

 

Commentaire : Il est un devoir pour l’esclave de savoir que ce que Allah sait de toute éternité que cela aura lieu, Il veut que cela soit. Et ce qui est visé ici, c’est qu’il ne se produit rien sans que ce soit conformément à la science éternelle de Allah, et tout ce qui s’est produit ou se produira dans le monde d’ici-bas et dans le monde d’en-haut, tout cela Allah le sait de toute éternité.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ceci est l’un des piliers (^aqd) de la foi, l’un des fondements de la connaissance et de la reconnaissance de l’Unicité de Allah ta^ala et de Sa divinité comme Il le dit ta^ala dans Son Livre : [وَخَلَقَ كُلَّ شَىْءٍ فَقَدَّرَهُ تَقْدِيرًا] (wa khalaqa koulla chay’in faqaddarahou taqdira) [sourat Al-Fourqan / 2] ce qui signifie : "Il crée toute chose et lui prédestine une destinée" et Il dit ta^ala : [وَكَانَ أَمْرُ اللهِ قَدَرًا مَقْدُورًا](wa kana ‘amrou l-Lahi qadaran maqdoura) [sourat Al-’Ahzab / 38] ce qui signifie : "Ce dont Allah veut l’existence (‘amr) a lieu selon une destinée"

 

Commentaire : Ceci est un ajout qui confirme ce qui précède. Ce qui est visé par le pilier ici (al-^aqd) c’est la croyance ferme. Et ce qui est visé par al-’amr ici ce n’est pas l’ordre par lequel Allah charge ceux qui sont responsables, mais cela signifie ce dont Allah ta^ala veut l’arrivée et la venue à l’existence, que ce soit les substances des créatures ou leurs caractéristiques, leurs mouvements ou leurs immobilités. Il ne s’agit pas ici de l’ordre par lequel Allah charge les esclaves comme l’ordre de la prière ou du jeûne.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Malheur donc à celui qui se montrera rebelle envers Allah ta^ala au sujet de la destinée et qui aura eu le cœur malade pour y réfléchir, il aura cherché à atteindre par son illusion un secret caché pour scruter ce qui nous est caché, il deviendra un calomniateur pécheur suite à ce qu’il en dira"

 

Commentaire : Ceci est une déclaration de blâme explicite pour ceux qui renient la destinée. Ce sont les mou^tazilah qui disent : (Ce que Tu veux n’a pas lieu et a lieu ce que Tu ne veux pas). Ils prétendent que Allah ta^ala veut de la part des mécréants qu’ils soient des croyants mais cela n’a pas eu lieu et n’a pas d’existence. Quant à leur parole (a lieu ce que Tu ne veux pas), il s’agit du mal de la part des esclaves. Selon eux, Allah ta^ala ne l’a pas voulu. Ils disent : (et malgré tout cela il a existé par la création des esclaves alors que Allah ne l’a pas voulu et ne l’a pas créé), ceux-là ce sont des adversaires de Allah et des rebelles contre Lui.

 

Le calomniateur, ici, c’est le menteur et le pécheur, c’est le pervers.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le Trône (al-^arch) et le Piédestal (al-koursiyy) sont une réalité"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire en l’existence du Trône et du Piédestal car Allah les a mentionnés tous deux dans le Qour’an. Le Trône c’est le plus immense des corps du point de vue de l’étendue. Quant au Piédestal, il est en-dessous et il est semblable à ce sur quoi celui qui veut monter sur un lit pose le pied. Il est très petit par rapport au lit.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il n’a pas besoin du Trône et de tout ce qui est en-dessous"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah ta^ala n’a pas besoin du Trône et de toute autre chose. Ainsi Allah ta^ala n’est pas supporté par le Trône car Allah ne touche pas quelque chose et Il n’est pas touché. Cela est impossible à Son sujet en raison de ce qui a été cité précédemment comme preuves catégoriques et claires qui entraînent la connaissance catégorique concernant la confirmation de Son exemption des besoins et de la ressemblance avec les créatures, telle Sa parole ta^ala : [ يَـأَيُّهَا النّاسُ أَنْتُمُ الفُقَرآءُ إِلَى اللهِ وَاللهُ هُوَ الغَنِيُّ الحَمِيدُ](ya ‘ayyouha n-naçou ‘antoumou l-fouqara’ou ‘ila l-Lahi wa l-Lahou houwa l-Ghaniyyou l-Hamid) [sourat Fatir / 15] ce qui signifie : « Ô vous les gens, c’est vous qui avez besoin de Allah alors que Allah est Celui Qui n’a aucun besoin, Il est digne de louange ». Il a ainsi confirmé la nécessité d’autrui et le besoin pour Ses esclaves et Il a nié cela quant à Lui-même par Sa parole : [وَاللهُ هُوَ الغَنِيُّ](wa l-Lahou houwa l-Ghaniyyou) ce qui signifie :« Alors que Allah est Celui Qui n’a aucun besoin".

 

La parole de l’auteur "Il n’a pas besoin du Trône" est une réplique aux juifs et à ceux qui attribuent à Allah le corps (les moujassimah ) qui se réclament de cette communauté : ils Lui ont en effet attribué le corps et l’établissement sur le Trône.

 

Sa Parole ta^ala : [الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى] (Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa) [sourat Taha / 5]qui signifie : "Le Très-Miséricordieux istawa ^ala l-^arch". Le Trône (al-^arch) est mentionné et il en est visé le lit qui est entouré d’anges. Ce sens est clair dans la Loi. Il arrive aussi lorsqu’il est mentionné (al-^arch) qu’il en soit visé la souveraineté, comme la parole du poète:

 

« Lorsque les fils de Marwan leur ^arch sont fissurés »

 

c’est-à-dire que leur souveraineté s’estompe et est terminée.

 

Sa parole ta^ala (Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa) ne comporte pas de preuve pour confirmer l’établissement de Allah sur le Trône comme le prétendent les assimilateurs (mouchabbihah) qui attribuent à Allah le corps (moujassimah) mais plutôt le sens de la domination car Allah tabaraka wa ta^ala nous apprend que c’est un éloge à Son sujet que Sa parole (Ar-Rahmanou ^ala l-^archi stawa ). Même lorsque ce terme est employé au sujet de celui au sujet duquel l’établissement est possible, ce terme n’est pas interprété dans le sens de l’établissement : ce sens-là n’en est pas compris même ici ! C’est le cas de la parole du poète au sujet de Bichr Ibnou Marwan :

 

Qadi stawa Bichroun ^ala l-^Iraqi

Min ghayri sayfin wa damin mouhraqi

 

L’éloge fait pour Bichr Ibnou Marwan dans ce vers n’a pas pour sens qu’il serait assis sur ce pays ! Mais son éloge est à cause du fait qu’il a dominé, pris pouvoir et détenu les rênes du pouvoir de l’Irak. En effet, s’asseoir en Irak, s’y associent aussi bien l’homme honorable et fort, tout comme l’homme vil et faible. Donc l’éloge a lieu par une chose qui distingue celui dont l’éloge est fait, par une chose dans laquelle quasiment personne ne s’en approche, n’en est équivalent ou ne l’égale. Il est indispensable de comprendre par al-istiwa (al-qahr) la domination, (al-istila) la possession sous sa domination. En effet, ce sont là les plus honorables des sens de al-istiwa, et ce sont des sens dignes de Allah ta^ala. Allah nous a par ailleurs appris qu’Il est Qahhar –Celui Qui domine. Il n’est donc pas possible de délaisser ce qui est digne de Allah ta^ala pour retenir ce qui n’est pas digne de Allah ta^ala, à savoir la position assise (al-joulous) ou le contact (al-ittisal) ou l’établissement (al-istiqrar).

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il cerne toute chose par Sa science"

 

Commentaire : Cela signifie que Allah englobe toute chose par la science, la domination et la souveraineté.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "et toute chose est concernée par Sa science et Sa puissance (wa fawqah) (wa fawqah)"

 

Commentaire : ainsi toute chose est concernée par Sa science et Sa puissance, en raison de Sa parole ta^ala : [وَهُوَ الْقَاهِرُ فَوْقَ عِبَادِهِ] (wa houwa l-Qahirou fawqa ^ibadih) [sourat Al-’An^am / 18] ce qui signifie : "Et Il est Celui qui domine Ses esclaves". Et c’est le sens de al-^oulouww dont Allah S’est qualifié par Sa parole : [سَبِّحِ اسْمِ رَبِّكَ الْأَعْلَى] (sabbihi sma Rabbika l-’a^la) [sourat Al-’A^la / 1] ce qui signifie : "Exempte ton Seigneur Qui domine, de toute imperfection" et Sa parole : [وَهُوَ الْعَلِيُّ الْعَظِيمُ] (wa houwa l-^aliyyou l-adhim) [sourat al-Baqarah / 255] ce qui signifie : "Et Il est Celui Qui domine, Celui Qui est éminent". En effet, al-^oulouww dans le sens de l’élévation par l’endroit est impossible à Son sujet car cela fait partie des caractéristiques des créatures. Comment cela serait-il possible à Son sujet alors qu’Il est Celui Qui est exempt de début, Qui est exempt de la fin et de l’entrée en existence. Le corps a nécessairement un endroit.

 

Quant à la prétention de certains ignorants que Allah est au-dessus du Trône, là où il n’y aurait pas d’endroit, il s’agit d’une prétention sans fondement, car au-dessus du Trône il y a bien un endroit. La preuve en est la parole du Prophète en ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy : ((لما قضى الله الخلق كتب في كتاب فهو عنده فوق العرش: ان رحمتي غلبت غضبي))(Lamma qada l-Lahou l-khalqa kataba fi kitabin fahouwa ^indahou fawqa l-^archi : ‘inna rahmati ghalabat ghadabi) qui signifie : "Lorsque Allah a créé les créatures, Il a fait écrire sur une table qui est dans un endroit qu’Il a honoré, au-dessus du Trône : Les manifestations de Ma miséricorde sont plus nombreuses que les manifestations de Mon châtiment". Il n’y a pas d’empêchement selon la Loi, ni selon la raison, qu’au-dessus du Trône il y ait un endroit. S’il n’y avait pas eu au-dessus du Trône d’endroit, le Prophète n’aurait pas dit au sujet de ce livre : (fahouwa mawdou^oun ^indahou fawqa l-^archi) ce qui signifie : "Il est placé, dans un endroit qu’Il a honoré, au-dessus du Trône". Ce qui est visé par (^inda) ici c’est la marque d’honneur, tout comme dans Sa parole ta^ala au sujet de Aciyah : [رَبِّ ابْنِ لِي عِندَكَ بَيْتََا فِي الْجَنَّةِ] (Rabbi bni li ^indaka baytan fi l-jannah) [sourat At-Tahrim / 11] ce qui signifie : "Seigneur, fais construire pour moi une maison, dans l’endroit que Tu honores, au paradis".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il a fait que Ses créatures soient incapables d’englober toute chose par la science"

 

Commentaire : Aucune des créatures n’englobe par sa science tout ce qui concerne les créatures. Allah ta^ala dit : [وَمَا يَعْلَمُ جُنُودَ رَبِّكَ إِلَّا هُوَ] (wa ma ya^lamou jounouda Rabbika ‘il-la houwa) [sourat Al-Mouddath-thir / 31] ce qui signifie : "Et ne sait le nombre des anges de ton Seigneur que Lui". Ainsi seul Allah sait le nombre des anges. Même les présidents des anges ne connaissent pas le nombre des anges. Si déjà les anges, seul Allah en sait le nombre, que dire alors de toutes les créatures !

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous attestons que Allah a fait de Ibrahim un khalil, et que Allah a parlé à Mouça assurément, par acte de foi, en le reconnaissant et en s’y soumettant"

 

Commentaire : Cela signifie que nous croyons en cela, nous en reconnaissant la vérité et nous y adhérons sans retenue. Le fait d’être khalil n’est pas comme le fait d’être un fils qui lui implique la partition, et ceci est impossible au sujet de Celui Qui est exempt de début.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement aux anges, aux prophètes et aux Livres descendus aux messagers. Nous témoignons qu’ils ont tous été sur la vérité claire"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire en l’existence des anges. Ce sont des esclaves de Allah ta^ala. Ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur ordonne, tout comme Il nous l’a annoncé soubhanahou.

 

Pour ce qui est de la foi en les prophètes, il s’agit de croire que Allah les a agréés pour le statut de prophète. Il les a élus et les a honorés par le message entre Lui et Ses esclaves, afin qu’ils transmettent ce qu’Il leur a révélé.

 

Pour ce qui est de la foi en les Livres célestes, il s’agit de croire qu’ils sont de la part de Allah ta^ala. La parole de l’auteur prouve que les Livres ne sont descendus que sur le Messager. Celui qui est prophète non messager, il suit un Livre descendu sur le Messager.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous appelons musulmans croyants, ceux qui s’orientent selon notre Qiblah tant qu’ils reconnaissent la véracité de ce avec quoi est venu le Prophète r, tant qu’ils croient en la véracité de ce qu’il a dit et a annoncé et qu’ils n’en renient rien"

 

Commentaire : c’est-à-dire que nous les désignons par le nom de musulmans et croyants. Nous ne disons pas comme le disent les khawarij que (celui qui commet un péché devient mécréant), pour qui même les petits péchés font sortir de l’Islam. Nous ne disons pas non plus comme disent les mou^tazilah que (celui qui commet un grand péché n’est ni appelé musulman, ni mécréant).

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne discutons pas au sujet de la réalité de Allah Lui-même"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous ne réfléchissons pas au sujet de l’Être de Allah. En effet, réfléchir au sujet de l’Être de Allah mène à l’embarras et à l’égarement. Cela entraîne à assimiler Allah à Ses créatures. C’est pour cela qu’il nous a été interdit de réfléchir au sujet de l’Être de Allah. Ce n’est pas réfléchir au sujet de l’Être de Allah et en discuter que de L’exempter de la ressemblance aux créatures en disant que : Allah est un Être Qui existe exempt de début et de fin ; Il existe avant le temps et l’endroit ; Il n’a pas pour attribut une des caractéristiques des créatures ; Il voit sans œil ; Il entend sans tympan ni oreille ; Il parle d’une parole propre à Son Être qui n’est pas des lettres ni des sons, et ce qui est de cet ordre parmi les paroles des savants de Ahlou s-Sounnah, qu’ils soient de Salaf ou du Khalaf . Ceci est plutôt une exemption de Allah des imperfections, conformément à Sa parole ta^ala : [لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ](laysa kamithlihi chay’) [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : "Rien n’est tel que Lui". Celui qui est allé à sa perte est plutôt celui s’est perdu par l’assimilation de Allah ta^ala avec Ses créatures, comme leur parole qu’Il serait établi sur le Trône, qu’Il descendrait de haut vers bas, qu’il monterait de bas en haut car ils ont fait une analogie entre le Créateur et la créature. Ils ont aussi démenti Sa parole ta^ala : [لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْءٌ](laysa kamithlihi chay’) [sourat Ach-Choura / 11] ce qui signifie : "Rien n’est tel que Lui".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne débattons pas inutilement au sujet de la religion agréée par Allah"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous ne débattons pas inutilement au sujet de la religion agréée par Allah, d’un débat que Allah tabaraka wa ta^ala a interdit. Il s’agit du débat au sujet de ce qui ne peut être connu. Celui qui a connu la vérité, il débat pour montrer le vrai. Quant à celui qui ne l’a pas sue, il ne parle pas inutilement.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne débattons pas sans science au sujet du Qour’an"

 

Commentaire : Le sens en est que nous ne jugeons pas au sujet du Qour’an en niant une chose qui peut en faire partie, ni en confirmant une chose sans savoir qu’elle en fait partie. Nous récitons ce que nous avons su comme en faisant partie et nous ne nions rien et ne confirmons rien qu’il en fait partie, sans science. En effet, le Qour’an a été descendu avec plusieurs récitations. Il se peut que quelqu’un renie une récitation alors qu’elle est confirmée du Messager de Allah, et que lui, il ne l’a pas connue.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous témoignons qu’il est la parole du Seigneur des mondes, c’est l’Ange honnête qui est descendu avec et l’a enseigné au Maître des messagers Mouhammad r. C’est bien la parole de Allah ta^ala, aucune des paroles des créatures ne lui est équivalente. Nous ne disons pas qu’il est créé"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous ne disons pas que le Qour’an est créé. Le Qour’an si on en vise l’attribut propre à l’Être, qui n’est pas de lettres ni de sons, cela est clair qu’il n’est pas créé. Mais s’il en est visé les termes descendus, il est un devoir de croire que c’est une création de Allah ta^ala. Mais cela n’est pas dit explicitement, sauf pour le besoin de l’enseignement.

 

Ar-Rouhou l-’Amin –l’Ange honnête– c’est Jibril. Allah ta^ala dit : [نَزَلَ بِهِ الرُّوحُ الْأَمِينُ عَلَى قَلْبِكَ](nazala bihi r-rouhou l-’aminou ^ala qalbik ) [sourat Ach-Chou^ara / 193-194] ce qui signifie "C’est l’Ange honnête qui l’a fait descendre sur ton cœur".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne contredisons pas la majorité des musulmans"

 

Commentaire : Ce qui est visé par la majorité (al-jama^ah) ce sont Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah. Il s’agit de ceux qui sont sur ce sur quoi était le Messagerret les compagnons, en tant que croyances. La signification de sa parole est que nous ne contredisons pas l’unanimité des moujtahid. Il a en effet été confirmé de Abou Mas^oud Al-Badriyy, que Allah l’agrée, qu’il a dit : "Allah ne réunit pas la communauté de Mouhammad sur une hérésie." Rapporté par le Hafidh Ibnou Hajar dans ses Amaliyy et il l’a jugé sûr (sahih).

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne déclarons pas mécréant quelqu’un des gens de la Qiblah en raison d’un péché qu’il aurait commis tant qu’il ne se le rend pas permis"

 

Commentaire : Ce qui est visé par Ahlou l-Qiblah les gens de la Qiblah– ce sont les croyants. Celui qui est ainsi sur la foi, il n’est pas permis de la déclarer mécréant à cause d’un péché, sauf s’il se le rend permis et que ce péché est connu d’évidence de la religion comme étant un péché. C’est celui-là qui est déclaré mécréant.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne disons pas qu’avec la foi aucun péché n’est nuisible pour celui qui le commet"

 

Commentaire : Ceci est une réplique aux mourji’ah qui prétendent qu’aucun péché n’est préjudiciable avec la foi, tout comme aucune obéissance n’est profitable avec la mécréance. Selon eux, quoi que fasse le croyant comme péchés, il n’est pas châtié. Or ceci est contraire à la voie de Ahlou s-Sounnah et comporte une contradiction et une réfutation des textes, et c’est de la mécréance.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous espérons pour les croyants qui agissent en bien qu’Il leur pardonne et qu’Il les fasse entrer au paradis par Sa miséricorde mais nous ne pouvons pas le leur garantir"

 

Commentaire : C’est-à-dire que celui que nous avons vu en apparence bienfaisant, c’est-à-dire obéissant, nous disons : nous espérons que Allah lui pardonne et le fasse entrer au paradis sans châtiment. Nous ne sommes pas catégoriques à juger l’un d’eux qu’il ne sera pas du tout châtié dans l’au-delà. Mais nous disons que s’il est pieux, il entrera au paradis sans châtiment.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "et nous n’attestons pas qu’ils auront le paradis"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous ne témoignons pas de nous-mêmes qu’Untel fait partie des gens du paradis. Cependant, celui au sujet de qui est parvenu un texte nous apprenant qu’il fait partie des gens du paradis, nous lui témoignons de cela. C’est le cas des gens de Badr, les gens de Ouhoud et d’autres encore à qui le Messager a annoncé la bonne nouvelle du paradis.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous demandons le pardon pour les croyants qui ont mal agi et nous craignons pour eux le châtiment mais nous ne les faisons pas désespérer de la miséricorde de Allah"

 

Commentaire : Nous demandons le pardon pour celui qui, parmi les musulmans, a agi en mal. Nous craignons pour lui qu’il ne soit châtié pour ses péchés s’il ne se repent pas. Par contre, celui qui s’en est repenti, dans l’hypothèse où son repentir est confirmé, selon le jugement de Allah, tout comme il en est selon l’apparence pour nous, nous disons qu’il est épargné du châtiment de Allah. Allah ta^ala dit : [قُلْ يَعِبَادِىَ الَّذِينَ أَسْرَفُواْ عَلَى أَنفُسِهِمْ لَا تَقْنَطُواْ مِن رَّحْمَةِ اللهِ إِنَّ اللهَ يَغْفِرُ الذُّنُوبَ جَمِيعََا](Qoul ya ^ibadiya l-ladhina asrafou ^ala anfoucihim la taqnatou min rahmati l-Lah. Inna l-Laha yaghfirou dh-dhounouba jami^a) [sourat Az-Zoumar / 53] ce qui signifie : "Dis : Ô vous Mes esclaves qui ont dépassé les limites en commettant les péchés, ne désespérez pas de la miséricorde de Allah. Certes Allah pardonne tout péché [en deçà de la mécréance]".

 

Le sens de "nous ne les faisons pas désespérer" c’est-à-dire les pécheurs, désobéissants, nous ne les rendons pas désespérés de la miséricorde de Allah. Nous disons qu’il est possible que Allah leur pardonne et il est possible qu’Il les châtie.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Se croire protégé du châtiment de Allah et désespérer de la miséricorde de Allah, ces deux choses font sortir de la communauté de l’Islam. La voie de vérité est située entre ces deux pour les gens de la Qiblah"

 

Commentaire : Se croire protégé du châtiment de Allah et désespérer de la miséricorde de Allah, tous deux font sortir la personne de la religion agréée par Allah. Ceci est selon l’explication des hanafiyy. Ils considèrent cela comme étant de la mécréance. Mais selon les chafi^iyy, ils considèrent les deux comme étant des grands péchés et non pas des mécréances. La voie de vérité est intermédiaire entre le fait de se croire protégé et le désespoir. Nous disons que si nous mourons sur l’état du repentir, nous serons sauvés du châtiment de Allah dans la tombe et dans l’au-delà. Mais sinon il est possible qu’Il nous châtie pour ces péchés. Expliquer le fait de se croire protégé du châtiment de Allah par celui qui renie le châtiment de Allah pour les désobéissants, c’est celui qui se sera cru protégé du châtiment de Allah et qui sera ainsi au nombre des mécréants. Il en est de même pour celui qui désespère de la miséricorde de Allah. S’il s’agit de celui qui a pour croyance que Allah ne pardonne pas le péché du musulman qui s’est repenti, c’est celui-là qui est mécréant. C’est l’explication selon les hanafiyy. Quant au fait de se croire protégé du châtiment de Allah, selon les chafi^iyy qui est compté parmi les grands péchés, c’est le fait de persister à commettre les péchés tout en comptant sur la miséricorde de Allah. Pour ce qui est de désespérer de la miséricorde de Allah, selon eux, c’est que la personne est catégorique à affirmer que Allah ne lui fera pas miséricorde à cause de ses péchés mais qu’Il la châtiera. Cela est également un grand péché selon eux. Ils ne considèrent pas ces deux-là comme étant une sorte d’apostasie ; c’est avec ce sens que les chafi^iyy les ont comptés au nombre des grands péchés dans le chapitre des témoignages. Ce sont en effet des péchés qui empêchent d’accepter le témoignage de celui qui les commet.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "L’esclave ne sort de la foi qu’en reniant ce qui l’y a fait entrer"

 

Commentaire : L’esclave ne sort pas de la foi à cause d’un péché mais plutôt en reniant ce qui l’a fait entrer dans la foi. Il s’agit de démentir explicitement ou implicitement la religion agréée par Allah. Ainsi s’il dit une parole qui constitue un démenti de la Loi de Allah, d’une expression claire, celui-ci nous le considérons sorti de la religion agréée par Allah. Ou encore s’il fait un acte qui constitue un démenti, celui-là également, nous le considérons comme sorti de la foi. C’est aussi le cas de celui qui a eu une croyance qui contredit la croyance de l’Islam.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La foi consiste à reconnaître par la langue et à croire par le cœur"

 

Commentaire : La foi, c’est reconnaître les deux témoignages en croyant à la véracité par le cœur. An-Nawawiyy a dit : « Celui qui a cru en la véracité par le cœur mais n’a pas prononcé par la langue, c’est un mécréant, qui restera éternellement en enfer, selon l’unanimité. »

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "tout ce qui a été confirmé comme étant transmis par le Messager de Allah r, que ce soit la Loi ou les autres informations est entièrement vrai"

 

Commentaire : Le Chaykh Ahmad Al-Marzouqiyy a dit :

 

Wa koullou ma’ata bihi r-raçoulou

Fahaqqou t-taslimou wa l-qaboulou

ce qui signifie :

 

Et tout ce que le Messager a rapporté

Nous nous devons de nous y soumettre et de l’accepter

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La base de la foi constitue une seule et même chose et les gens de la foi sont, par rapport à la base de la foi, tous égaux. La différence de mérite entre eux tient à la crainte et à la piété, à la contradiction des passions et à l’attachement à ce qui est le plus précautionneux"

 

Commentaire : C’est-à-dire que la foi, par rapport à sa base, est une seule et même chose pour tous les croyants. Il n’y en a pas un qui dépasse un autre en cela. Mais c’est en considérant ses caractéristiques qu’il y a une différence de mérité. Ainsi, celui qui craint Allah ta^ala, c’est un pieux qui contredit ses passions, qui s’attache à ce qui est prioritaire c’est-à-dire qui suit la voie de la piété. Celui-là dépasse autre que lui car sa foi dépasse la foi d’autre que lui par ses caractéristiques. Mais du point de vue de la base de la foi, aucune foi ne dépasse une autre.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les croyants sont tous saints du Très-Miséricordieux"

 

Commentaire : Tous les croyants entrent dans la sainteté générale. Mais pour ce qui est de la sainteté particulière, elle n’est que pour les gens de la droiture, et seulement eux.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le plus honorable d’entre eux selon le jugement de Allah, c’est celui qui fait le plus preuve d’obéissance et qui œuvre le plus conformément au Qour’an"

 

Commentaire : C’est-à-dire celui d’entre eux qui s’attache le plus à l’obéissance, c’est lui le plus honorable selon le jugement de Allah, c’est-à-dire qui œuvre le plus conformément au Qour’an.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La foi, c’est la croyance en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au jour dernier et en la destinée qu’elle soit du bien ou du mal, ce qui en est doux et ce qui en est amer de la part de Allah ta^ala"

 

Commentaire : C’est-à-dire que ces choses citées sont les plus importants des sujets et les plus éminents d’entre eux. Il est ainsi un devoir de croire en ce qui est prédestiné. C’est-à-dire qu’il est un devoir de croire en ce qui est prédestiné, que ce soit du bien ou mal, que ce soit doux ou amer, qu’il est de la part de Allah, c’est-à-dire qu’il s’est produit par la volonté de Allah et conformément à Sa science. Quant à l’attribut de Allah de prédestination, il n’est pas qualifié par cela. On ne dit pas qu’Il a bien fait ou qu’Il a mal fait car les attributs de Allah sont tous des attributs de perfection, ils ne comportent pas d’imperfection. La destinée, s’il en est visé l’attribut de la prédestination de Allah, on ne dit pas que la destinée est un mal. Le doux, c’est ce qui convient à la nature de la personne, et l’amer, c’est ce qui ne lui convient pas.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement en tout cela. Nous ne faisons pas de discrimination entre aucun de Ses messagers, nous reconnaissons la véracité de tous concernant ce qu’ils ont transmis"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous croyons en tous Ses Messagers et Ses Prophètes. Nous croyons en leur véracité à tous.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les grands pécheurs de la communauté de Mouhammad rméritent l’enfer ; ils n’y restent pas éternellement s’ils sont tous morts sur la croyance en l’unicité, même s’ils n’étaient pas repentants"

 

Commentaire : Les grands pécheurs lorsqu’ils meurent croyants mais qu’ils ne font pas le repentir, ils ne resteront pas éternellement en enfer. C’est pour cela qu’il a dit : « même s’ils n’étaient pas repentants », c’est-à-dire que même s’ils ne font pas le repentir, ils ne restent pas éternellement en enfer contrairement à ce que disent les mou^tazilah.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "après être morts en ayant connu Allahet Son messager et en étant croyants"

 

Commentaire : Le sens ici de "en ayant connu Allah" est en étant morts en connaissant Allah et Son messager. Sa parole "croyants" signifie en reconnaissant cela par leur cœur. Ceux-là, même s’ils meurent sans repentir, ne resteront pas éternellement en enfer. Celui d’entre eux qui sera châtié, indispensablement, il sortira de l’enfer et entrera au paradis.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ils sont sous Sa volonté et sujets à Son jugement : s’Il veut, Il leur pardonne et les excuse par Sa grâce, tout comme Il l’a cité ^azza wa jall dans Son Livre : [وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَـلِكَ لِمَن يَشَآءُ](wa yaghfirou ma douna dhalika liman yacha) [sourat An-Niça / 48] ce qui signifie : "Et Il pardonne ce qui est en deçà à qui Il veut". S’il veut, Il les châtie dans l’enfer par Sa justice, puis Il les en fait sortir par Sa miséricorde et l’intercession des intercesseurs parmi les gens de l’obéissance envers Lui. Il les fait par la suite parvenir à Son paradis. En effet, Allah ta^ala préserve les gens qui L’ont connu et ne les rend pas dans les deux résidences comme ceux qui L’ont dénié, qui ont été frustrés de Sa bonne guidée et n’ont pas obtenu Sa protection. Ô Allah, Toi Qui protège l’Islam et le gens de l’Islam, fais que nous persévérions sur l’Islam jusqu’à ce que nous venions à la mort en étant musulmans"

 

Commentaire : La signification de "puis Il les en fait sortir par Sa miséricorde et l’intercession des intercesseurs", est que parmi les croyances de Ahlou s-Sounnah, que les désobéissants croyants qui sont morts sans repentir et qui faisaient partie des grands pécheurs, si Allah les châtie, c’est-à-dire s’Il châtie qui Il veut d’entre eux, indispensablement, Il les fera ensuite sortir de l’enfer par Sa miséricorde et l’intercession des intercesseurs des gens de Son obéissance. Ceux-là, qui intercèderont, seront soit prophètes soit savants pieux, ou auront d’autres caractères, comme les martyrs. Sa parole : "En effet, Allah préserve les gens qui L’ont connu" signifie que Allah protège les gens qui L’ont connu, qui ont cru en Lui.

 

La signification de "ceux qui L’ont dénié", c’est-à-dire ceux qui ont démenti, soit en niant l’existence de Allah comme les dahriyy ou naturalistes, ou bien en adorant autre que Lui, ou en démentant Son messager, ou ce qui est de cet ordre.

 

La signification de "n’ont pas obtenu Sa protection" c’est-à-dire qu’ils n’ont pas eu de part dans la sainteté générale de Allah ta^ala à savoir l’Islam.

 

Sa Parole : "fais que nous persévérions sur l’Islam jusqu’à ce que nous venions à la mort en étant musulmans" signifie fais que nous persévérions sur la foi jusqu’à la mort. C’est ce qui est visé par (liqa’ou l-Lah).

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit :"Nous considérons la prière valable derrière tout pieux ou tout grand pécheur des gens de la Qiblah"

 

Commentaire : La signification en est qu’il est permis d’accomplir la prière dirigé par tout pieux et grand pécheur des gens de la Qiblah, avec le caractère déconseillé derrière le grand pécheur. Ce qui est connu dans l’école de l’Imam Ahmad Ibnou Hanbal est que la prière en assemblée n’est valable derrière le grand pécheur que pour la prière du vendredi ou la prière de la fête (^id).

 

Sa parole "Nous considérons" est nous avons pour croyance.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "ainsi que la prière funéraire pour ceux d’entre eux qui meurent"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous avons pour croyance que la prière funéraire est obligatoire en faveur de celui qui meurt parmi les musulmans pieux ou grands pécheurs.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne déclarons aucun d’entre eux comme faisant partie des gens du paradis ni des gens de l’enfer"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous ne jugeons pas de nous-mêmes qu’Untel fait partie des gens du paradis et qu’Untel fait partie des gens de l’enfer. Même si c’est quelqu’un qui est plongé dans les péchés, qu’est-ce qui nous fait savoir si Allah ne lui a pas prédestiné de mourir après s’être repenti. De même, nous ne savons pas au sujet de celui dont l’apparence maintenant est du bien, si Allah lui a prédestiné le malheur pour l’éternité. Indispensablement alors, il aura pour fin, des actes des gens de l’enfer. C’est pour cela que nous ne disons pas qu’Untel fait partie des gens du paradis ni qu’Untel fait partie des gens de l’enfer, de notre propre chef sauf pour celui en faveur de qui la Loi a témoigné. Nous disons au sujet de Abou Lahab qu’il fait partie des gens de l’enfer car le Qour’an lui témoigne de cela. Mais pour les gens de l’engagement d’obéissance de ar-ridwan(bay^atou r-ridwan) et leurs semblables, nous leur témoignons du paradis car la Loi leur a témoigné de cela.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne déclarons aucun d’entre eux mécréant, associateur ou hypocrite tant qu’il n’y a rien de cela qui soit apparu de leur part"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous ne déclarons mécréant personne sans preuve. Nous ne déclarons personne associateur sans preuve. Nous n’accusons personne d’hypocrisie sans preuve légale. L’hypocrisie ici (an-nifaq), c’est d’avoir pour croyance autre que ce que la personne montre.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous remettons à Allah ta^ala la réalité de leur for intérieur"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous disons que Allah sait plus que tout autre ce qu’il y a dans les cœurs, car Allah est Celui Qui sait ce qu’ils contiennent et pas les esclaves. C’est donc un devoir de s’en remettre à Lui.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne considérons pas licite de brandir l’épée face à quiconque de la communauté de Mouhammad r sauf si c’est un devoir de le faire"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’il n’est pas permis de tuer le musulman pieux ou grand pécheur, excepté celui pour qui l’exécution est confirmée : celui qui a été l’auteur d’un homicide délibéré, le mouhsan coupable de fornication et il est également permis de combattre les rebelles jusqu’à ce qu’ils reviennent à l’obéissance au Calife.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne considérons pas licite la rébellion contre nos imams et nos gouverneurs même s’ils font preuve d’injustice"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’il est interdit de se rebeller contre le Sultan pour qui a été réalisé légalement l’engagement d’obéissance. Nous ne combattons pas nos Imams, nous ne les destituons pas du califat même s’ils sont injustes. Mais l’on se rebelle contre eux s’ils deviennent mécréants.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne faisons pas d’invocations contre eux et nous ne délaissons pas l’obéissance envers eux"

 

Commentaire : Cela signifie que nous ne faisons pas contre eux d’invocations qui provoquent la dissension. Pour ce qui est de sa parole "et nous ne délaissons pas l’obéissance envers eux", cela signifie que nous leur obéissons, même s’ils sont injustes, en ce en quoi il n’y a pas de désobéissance.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous considérons que l’obéissance envers eux fait partie de l’obéissance envers Allah ^azza wa jall et qu’elle est obligatoire tant qu’ils n’ordonnent pas de désobéissance"

 

Commentaire : L’obéissance que Allah a ordonnée aux croyants envers ceux qui sont en charge de nous, c’est l’obéissance dans ce qui comporte une obéissance à Allah. Nous considérons que Allah ta^ala a rendu obligatoire d’obéir à ceux qui sont en charge de nous.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous faisons des invocations pour eux afin qu’ils obtiennent vertu et sauvegarde"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous faisons des invocations en leur faveur pour que Allah fasse qu’ils se corrigent. Sa parole : "et sauvegarde" c’est-à-dire : pour qu’Il leur ôte l’iniquité et l’injustice dont ils font preuve en leur accordant le repentir.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous suivons As-Sounnah wa l-Jama^ah et nous évitons la singularité, la divergence et la séparation"

 

Commentaire : Sa parole : "As-Sounnah wa l-Jama^ah" désigne ceux qui ont pour croyance la croyance des compagnons, de leurs successeurs et de ceux qui les ont suivis véritablement. Ils n’ont été appelés Ahlou s-Sounnah, les Gens de la Sounnah, que parce qu’ils ont suivi la Sounnah la croyance du Messager de Allah. En effet le Messager a ordonné de suivre ce sur quoi étaient ses compagnons. Ils sont par ailleurs appelés Al-Jama^ah parce qu’ils ne sont pas sortis de la majorité de cette communauté concernant la croyance de vérité. Quant aux groupes qui se sont distingués d’eux pour atteindre soixante-douze groupes, ceux-là ont contredit la croyance des compagnons. Ce qu’il veut dire par singularité, c’est la sortie de l’unanimité concernant les questions de déduction des lois sur lesquelles se sont prononcés les gens de l’ijtihad. Et par divergence, il veut dire la contradiction de celui qui a contredit ces questions en se séparant d’eux.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous aimons les gens de la justice et de l’honnêteté et nous détestons les gens de l’iniquité et de la trahison"

 

Commentaire : Ceci confirme l’interdiction de sortir de l’unanimité. L’auteur a visé par (les gens de la justice et de l’honnêteté) Ahlou s-Sounnah fermement attachés à la justice parmi les dirigeants. Par (les gens de l’iniquité et de la trahison) il a visé les gens de la divergence et de la désobéissance.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous disons : Allah sait plus que tout autre (Allahou ‘a^lam) au sujet de ce qu’il nous est confus de connaître"

 

Commentaire : C’est-à-dire que la chose que nous ne connaissons pas, nous disons : (nous en remettons la connaissance à Allah). La signification, c’est qu’il se peut que la personne soit dans l’incertitude lorsque quelque chose est confuse pour elle. C’est alors qu’elle prend refuge en s’en remettant totalement à Allah en croyant à la réalité de tout ce qui est confirmé de la part de Allah et de Son messager et en sachant avec certitude que les créatures étant incapables d’atteindre certaines sagesses humaines, comment pourraient-elles atteindre l’ensemble des sagesses divines ? L’émir des croyants, ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée, disait : "Ô vous les gens, remettez en cause vos avis personnels et ayez de bonnes pensées au sujet du Messager de Allah en ce qui vous a été rapporté de lui".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous considérons permis de passer la main mouillée sur les khouff pendant le voyage et en-dehors du voyage comme cela est parvenu dans le récit des faits et actes du Messager et de ses compagnons"

 

Commentaire : Il n’y a personne qui contredise au sujet de cette question parmi les compagnons ni parmi ceux qui sont venus après eux des gens de la vérité. Le hadithdu passage des mains mouillées sur les bottines est moutawatir, rapporté d’un grand nombre de témoins à un grand nombre à chaque génération. Il a été rapporté par un nombre incalculable de mouhaddith dans leurs ouvrages à partir de soixante-dix compagnons du Messager de Allah r.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le pèlerinage et le jihad ont cours en compagnie des gouverneurs musulmans, les pieux d’entre eux et les pervers, jusqu’à l’avènement de l’Heure ; rien ne les annulera ni ne les abrogera"

 

Commentaire : Cela signifie qu’il est un devoir d’accomplir le jihad avec l’Imam, que cet Imam soit pieux ou grand pécheur. Si l’Imam déclare la mobilisation et demande aux musulmans de s’engager pour le jihad, il est un devoir pour eux de lui obéir, qu’il soit pieux ou grand pécheur, ce qui est visé étant le jihad contre les mécréants. De même, on lui obéit pour le pèlerinage, c’est-à-dire qu’on le suit sans se rebeller contre lui. Il est en effet plus informé sur l’intérêt pour l’accomplissement des adorations de même qu’il est plus informé sur l’intérêt pour l’accomplissement du jihad, c’est-à-dire du combat contre les mécréants.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement aux Honorables scribes, Allah a fait d’eux des protecteurs pour nous"

 

Commentaire : Les Honorables scribes sont les anges à qui Allah ta^ala a ordonné d’écrire les actes des esclaves. Allah a fait d’eux des protecteurs pour nous. Il dit ta^ala : [وَإِنَّ عَلَيْكُمْ لَحَـفِظِينَ كِرَامًا كَـتِبِينَ يَعْلَمُونَ مَا تَفْعَلُونَ] (wa ‘inna ^alaykoum lahafidhin ; kiraman katibin ; ya^lamouna ma taf^aloun) [sourat Al-Infitar / 10-11-12] ce qui signifie : "Vous avez certes avec vous des anges qui vous protègent, qui sont les honorables scribes et ils savent ce que vous faites".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Et nous croyons fermement à l’ange de la mort chargé de retirer les âmes des mondes"

 

Commentaire : Les mondes, ce sont les hommes et les jinn. Par l’ange de la mort, il vise notre maître ^Azrail et selon certains il s’agit de ^Azrail et de ses aides. La transmission est parvenue en faisant référer le don de la mort aux anges par une expression au pluriel et elle est parvenue au singulier. Dans le cas où elle est parvenue au singulier, cela veut dire que c’est notre maître ^Azrail qui s’empare des âmes directement puis d’autres anges qui l’accompagnent reçoivent l’âme de lui. Ils peuvent être de deux sortes : anges de miséricorde ou anges de châtiment. Mais dès lors que parvient la formule au pluriel, c’est ^Azrail et ses aides qui sont visés car chacun d’entre eux contribue à la prise de l’âme.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Au supplice de la tombe pour celui qui le mérite"

 

Commentaire : Cela veut dire qu’il est une obligation de croire au supplice de la tombe pour les mécréants ainsi que pour les croyants grands pécheurs, sauf ceux à qui Allah fait miséricorde c’est-à-dire parmi les grands pécheurs. Parmi les plus grandes causes du supplice de la tombe, il y a le fait de ne pas se préserver de l’urine, la médisance ainsi que rapporter les paroles des uns aux autres dans le but de semer la discorde.

 

La preuve quant à l’existence du châtiment de la tombe, c’est Sa parole ta^ala : [النّارُ يُعْرَضُونَ عَلَيْهَا غُدُوًّا وَعَشِيًّا وَيَوْمَ تَقُومُ السَّاعَةُ أَدْخِلُوا ءَالَ فِرْعَوْنَ أَشَدَّ العَذَابِ](an-narou you^radouna ^alayha ghoudouwwan wa ^achiyya ; wa yawma taqoumou s-sa^atou ‘adkhilouala fir^awna ‘achadda l-^adhab) [sourat Ghafir / 46] ce qui signifie : "Leur place dans le feu de l’enfer leur sera exposée au début du jour et à la fin du jour et au Jour du Jugement Dernier, ainsi entrera Pharaon et ceux qui l’ont suivi dans un intense châtiment". C’est aussi des hadith parmi lesquels sa parole ^alayhi s-salam :((استنزهوا من البول فإن عامة عذاب القبر منه)) (istanzihou mina l-bawli fa’inna ^ammata ^adhabi l-qabri minhou) qui signifie : "Préservez-vous de vous souiller avec l’urine car, certes, la majorité de ceux qui subissent le supplice de la tombe, c’est pour cette cause".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "A l’interrogatoire du mort par Mounkar et Nakir dans la tombe au sujet de son Seigneur, de sa religion, de son Prophète, conformément à ce qu’ont fait parvenir les nouvelles rapportés du Messager de Allah r et de ses compagnons, que l’agrément de Allah leur soit accordé"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous croyons en cela également. Cet interrogatoire a lieu seulement pour ceux qui sont pubères et qui sont responsables de cette communauté [de l’appel]. Exception est faite pour les prophètes, les martyrs de combat et les enfants. Ceux-là ne seront pas interrogés. Il n’est pas un devoir de connaître la manière avec laquelle a lieu cet interrogatoire. Seulement, il est un devoir de croire que le mort retrouvera son esprit lorsqu’il sera dans la tombe ainsi que sa perception des choses par le retour de l’âme à son corps.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La tombe est un jardin des jardins du paradis ou un antre des antres de l’enfer"

 

Commentaire : Sa parole : "un jardin des jardins du paradis" ne veut pas dire que la tombe devient exactement comme le paradis. De même, la parole "ou un antre des antres de l’enfer" signifie qu’il s’y trouve un chagrin, ce chagrin se présentant sous un grand nombre de sortes. Il s’agit ici d’une comparaison métaphorique [9] pour faire comprendre que la tombe peut être telle un jardin des jardins du paradis ou telle un antre des antres de l’enfer.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement à la résurrection, à la rétribution des œuvres le jour du jugement dernier ainsi qu’à l’exposition des actes, à la récitation du livre des actes, à la récompense, au châtiment, au pont et à la balance"

 

Commentaire : C’est un devoir de croire en ce qui a été cité car il est parvenu un texte légal [10] à l’appui de tout cela. La résurrection, c’est la résurrection par Allah ta^ala des morts à partir de leur tombe. Sa parole "la rétribution des actes" indique le sens que la foi a toujours été obligatoire et que la mécréance a toujours été interdite et les preuves ont indiqué que leur rétribution est pour l’éternité, que la vie du bas-monde est destinée aux œuvres jusqu’à la mort et que la mort est destinée à faire passer à la vie de l’au-delà dans laquelle les gens seront tous ressuscités pour la juste rétribution. Si le début de la rétribution pour l’éternité avait lieu dans le bas-monde, l’épreuve subie par les esclaves suite à ce qu’ils font de leur propre choix serait caduque. La foi serait ainsi par contrainte puisque le châtiment serait observé de visu. La preuve catégorique est par ailleurs donnée que la foi ne profite pas lors de l’arrivée à un état de perte de tout espoir de vie. Il a fait que la rétribution ait lieu dans la demeure de l’éternité. Il dit ta^ala : [مَـلِكِ يَوْمِ الدِّينِ](maliki yawmi d-din) [sourat Al-Fatihah / 4] c’est-à-dire : le Seigneur au jour de la rétribution.

 

Il a dit sa parole : "le jour du jugement dernier" parce que le bas-monde n’est pas apte à être la demeure de la rétribution générale. Il a été fait demeure pour les œuvres et l’au-delà a été fait demeure pour la rétribution des actes.

 

Sa parole : "l’exposition des actes" veut dire l’exposition des actes au plus rapide de ceux qui font rendre des comptes.

 

Sa parole : "la récitation du livre des actes", c’est-à-dire que le livre de chaque esclave lui sera exposé au Jour du Jugement, ce livre que les anges ont écrit. Il lui sera dit : Lis ton livre, et il y verra ses actes qu’il a faits dans ce bas-monde.

 

Sa parole : "la récompense et le châtiment" était comprise dans sa parole : "la rétribution des actes". Il y revient à titre de confirmation et d’insistance.

 

Quant à sa parole : "le pont", elle est due à Sa parole ta^ala : [وَإِن مِّنكُم إِلاَّ وَارِدُهَا](wa ‘in minkoum ‘il-la waridouha) [sourat Maryam / 71]. Elle est également due à ce qui a été confirmé du Messager de Allah, à savoir que le pont sera étendu au-dessus de l’enfer. Or il y a eu une divergence au sujet de l’interprétation du passage (al-wouroud). Ce qui est correct, c’est que le passage est de deux sortes : un passage d’entrée en enfer et un passage de franchissement, le passage d’entrée étant pour les mécréants et certains désobéissants musulmans, le passage de franchissement étant pour les pieux.

 

Concernant la foi en la balance et en la pesée des actes, nous devons y croire en raison de Sa parole ta^ala : [وَنَضَعُ المَوَازِينَ القِسْطَ لِيَوْمِ القِيَـمَة](wa nada^ou l-mawazina l-qista liyawmi l-qiyamah) [sourat Al-’Anbiya / 47] ce qui signifie : « La balance sera équitable au jour du jugement » et en raison des nouvelles rapportées à ce sujet.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "le paradis et l’enfer sont tous deux créés, ils ne s’anéantiront jamais et ne seront pas anéantis"

 

Commentaire : On comprend de sa parole l’égarement de ceux qui prétendent que le paradis et l’enfer auront une fin. Il s’agit des jahmiyyah. Il en est de même de celui qui prétend que l’enfer a une fin comme Ibnou Taymiyah. Les deux groupes sont des mécréants.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah ta^ala a créé le paradis et l’enfer avant la création des créatures"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire que le paradis et l’enfer ont été créés avant les humains. Ce sont les humains qui sont visés par sa parole "avant les créatures", c’est-à-dire avant les humains. Cela ne signifie pas que Allah a créé le paradis et l’enfer avant toute chose.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il leur a créé à tous deux des habitants : ceux d’entre eux qu’Il veut seront au paradis par Sa grâce et ceux d’entre eux qu’Il veut seront en enfer par Sa justice. Chacun agira selon ce qui lui est destiné et ira vers ce pour quoi il a été créé"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire que Allah a créé pour le paradis et l’enfer des gens qui y résideront. Les gens qu’Il fera entrer au paradis, ce sera par Sa grâce et ceux qu’Il fera entrer en enfer, ce sera par Sa justice.

 

Sa parole : "chacun agira selon ce qui lui est destiné et ira vers ce pour quoi il a été créé" signifie que chacun des esclaves va agir conformément à ce que Allah tabaraka wa ta^ala lui a prédestiné sur la Table préservée. Parmi les preuves que la récompense d’entrer au paradis est une grâce de la part de Allah, il y a sa parole r : ((لا ينجي أحدكم عملُه)) (la younajji ‘ahadakoum ^amalouhou) ce qui signifie : "Ce ne sont pas vos actes qui vont vous sauver". Les compagnons lui ont dit: "Pas même toi, Ô Messager de Allah ?" Il a dit : ((ولا أنا إلا أن يتغمدني الله منه برحمة)) (wa la ana ‘il-la ‘an yataghammadaniya l-Lahou birahmah) ce qui signifie: "Pas même moi, sauf si Allah me fait miséricorde" [rapporté par l’Imam Ahmad].

 

Sa parole : "par Sa justice" vient du fait que l’injustice, c’est d’accorder à quelque chose autre que sa valeur et d’agir avec les biens d’autrui autrement que conformément à l’ordre et à l’interdiction du propriétaire. Allah ta^ala agit dans ce qui Lui appartient, Il n’agit pas avec les biens d’autrui. Il châtie pour l’abandon des ordres et le fait de commettre les interdictions. Son application du châtiment à ceux qui désobéissent a donc lieu par justice et par sagesse. Ceci est également compris de sa parole r :((لو أن الله عذب أهل سمـواته وأهل أرضه لعذبهم وهو غير ظالم لهم ، ولو رحمهم كانت رحمته خيرًا لهم من أعمالهم)) (law ‘anna l-Laha ^adh-dhaba ‘ahla samawatihi wa ‘ahla ‘ardihi la^adh-dhabahoum wahouwa ghayrou dhalimin lahoum ; wa law rahimahoum kanat rahmatouhou khayran lahoum min ‘a^malihim) [rapporté par Abou Dawoud] qui signifie : "S’il devait être que Allah châtie les habitants des cieux et de la Terre, Il les châtierait et ne serait pas injuste envers eux [parce qu’Il agit avec ce qui Lui appartient] et s’Il leur fait miséricorde, Sa miséricorde vaut mieux pour eux que leurs actes". L’obéissance de l’esclave obéissant est une grâce de la part de Allah. Ainsi, l’esclave et l’acte de l’esclave appartiennent à Allah. Allah ta^ala dit : [وَلَوْلا فَضْلُ اللهِ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَتُهُ مَا زَكَى مِنكُم مِّنْ أَحَدٍ أَبَدًا](wa lawla fadlou l-Lahi ^alaykoum wa rahmatouhou ma zaka minkoum min ‘ahadin ‘abada) [sourat An-Nour / 21] ce qui signifie : "Si ce n’était la grâce de Allah envers vous et Sa miséricorde, aucun d’entre-vous n’aurait jamais été bien guidé".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Le bien et le mal sont prédestinés aux esclaves"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah prédestine le bien et le mal aux esclaves, c’est-à-dire qu’Il prédestine selon Sa science et selon Sa volonté bien qu’Il donne à ses esclaves le fait de choisir. Voilà quel est le sens de cette parole. Allah ta^ala dit : [وَخَلَقَ كُلَّ شَيْءٍ فَقَدَّرَهُ تَقْدِيرًا] (wa khalaqa koulla chay’in faqaddarahou taqdira) [sourat Al-Fourqan / 2] ce qui signifie : "Allah crée toute chose et lui prédestine une destinée".

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La capacité par laquelle l’acte se réalise indispensablement, considérée du point de vue de la réussite accordée par Allah et qu’il n’est pas possible d’attribuer à la créature, cette capacité-là est conjointe à l’acte. Quant à la capacité du point de vue de la santé, de la faculté d’agir, du fait d’être en mesure d’y arriver et du point de vue de l’intégrité des organes, cette capacité est préalable à l’acte et c’est à elle que se rapporte le réquisitoire. Il en est comme Il le dit ta^ala : [لا يُكَلِّفُ اللهُ نَفْسًا إِلاّ وُسْعَهَا](la youkallifou l-Lahou nafsan ‘il-la wous^aha) [sourat Al-Baqarah / 286] ce qui signifie : "Allah ne charge la personne que de ce dont elle est capable"

 

Commentaire : La capacité chez les gens de la vérité est de deux sortes : une capacité qui a lieu avec l’acte en lui étant conjointe et une capacité qui, la concernant, est préalable à l’acte pour que l’acte puisse avoir lieu grâce à elle. Ainsi la capacité qui est conjointe à l’acte, c’est celle grâce à laquelle se réalise l’acte de la part de l’esclave. Allah la fait exister conjointement à l’acte. S’agissant des actes d’obéissance, elle est appelée (tawfiq) réussite accordée par Allah, et s’agissant des désobéissances, elle est appelée (khidhlan) échec prédestiné par Allah, ceci selon les gens de la vérité. Quant aux mauvais innovateurs, ils disent de cette capacité qui est conjointe à l’acte selon les gens de la vérité, qu’elle est préalable à l’acte selon eux. Or ceci est contraire à ce qui est correct. Quant à la deuxième sorte de capacité, il s’agit de l’adéquation des causes et des organes c’est-à-dire du fait que les sens par lesquels l’acte a lieu soient sains. Cette capacité-là est préalable à l’acte, il n’y a pas de divergence à ce sujet. Cette deuxième capacité est celle à laquelle se rapporte le réquisitoire, le réquisitoire signifiant la charge de responsabilité.A savoir que Allah ta^ala a requis de Ses esclaves d’accomplir Ses ordres et d’éviter Ses interdits, c’est cela le réquisitoire que l’auteur a signifié.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les actes des esclaves sont une création de Allah et une acquisition pour les esclaves"

 

Commentaire : C’est-à-dire que les actes des esclaves dans leur totalité sont une création de Allah mais sont une acquisition par rapport aux esclaves. Les actes volontaires ont lieu en tant qu’acquisition pour l’esclave et en tant que création de la part de Allah ta^ala. C’est Lui soubhanahou Qui les crée alors que l’esclave ne les crée pas. Simplement il les acquiert. On dit qu’il les fait. Tout ceci est une expression d’une seule et même chose. Voilà la voie véridique qui est totalement étrangère à la doctrine de la contrainte absolue (al-jabr) et à la voie des mou^tazilah corrompues.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah ta^ala ne les charge que de ce qu’ils peuvent supporter. Ils n’auront à supporter que ce dont Il les a chargés"

 

Commentaire : Le sens de la première phrase est clair. Quant au sens de la seconde, c’est que les esclaves ne seront pas astreints c’est-à-dire les esclaves ne seront astreints qu’à ce dont Allah les a chargés. Le verbe (youtiqoun) dans la première phrase porte une dammah sur le ya et une kasrah sur le ta . Dans la deuxième, il se lit de façon distincte (youtayyaqoun) avec une dammah sur le ya, une fat-hah sur le ta et une chaddah sur le ya suivant. Le sens de cette seconde phrase ne peut être correct que de cette façon du fait que l’autre sens est évidemment faux. Le sens selon la première possibilité entraînerait que les esclaves ne sont capables de faire que ce dont Allah les a chargés. Alors qu’en réalité les esclaves sont capables d’agir en contradiction avec ce dont Allah les a chargés, ceci étant l’état de la plupart des humains.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "C’est cela la signification de : Il n’est de préservation et de force que par Allah (La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah). Nous disons : personne n’a de moyen d’éviter la désobéissance à Allah, personne ne peut faire aucun mouvement contre et personne ne peut s’en détourner si ce n’est par l’aide de Allah"

 

Commentaire : Sa parole : "si ce n’est par l’aide de Allah" veut dire si ce n’est par Sa préservation. Ici l’auteur l’a exprimée par l’aide. Quant à l’explication qui a été rapportée de ^Abdou l-Lah Ibnou Mas^oud d’après le Prophète r, l’expression est la suivante : (‘il-la bi ^ismati l-Lah) "sauf par la préservation de Allah". Si l’auteur l’avait exprimé ainsi, cela aurait été mieux. Voilà la réalité du fait d’être un esclave de Allah. L’esclave a besoin de Allah quant à la préservation des désobéissances et la réussite dans les obéissances. Ainsi l’esclave a besoin de Allah concernant ces deux choses, pour être préservé des désobéissances et pour avoir la force et réussir à faire les obéissances. C’est pour cela que dans la nouvelle sûre, le Messager de Allah a appelé cette phrase un des trésors du paradis. Il a dit à Abou Mouça Al-’Ach^ariyy : ((ألا أدلك على كنز من كنوز الجنّة)) (ala ‘adoullouka ^ala kanzin min kounouzi l-jannah ?) ce qui signifie : "Veux-tu que je t’indique un des trésors du paradis ?" Il lui a dit : Qu’est-ce donc ? Il lui a dit : ((لا حول ولا قوّة إلاّ بالله))(La hawla wa la qouwwata ‘il-la bi l-Lah) [rapporté par l’Imam Ahmad]. La communauté a été unanime que cette parole fait partie des fondements de la croyance. Elle est telle que la parole de Allah ta^ala : [وَمَا تَشآءُونَ إِلاَّ أَن يَشآءَ اللهُ رَبُّ العَـلَمِينَ] (wa ma tachaouna ‘il-la ‘an yacha’a l-Lahou rabbou l-^alamin) [sourat At-Takwir / 29] ce qui signifie : "Et vous ne voulez que ce que Allah veut, Lui le Seigneur des mondes". Le sens est le suivant : Les esclaves ne peuvent avoir de volonté que ce que Allah veut qu’ils veuillent. Donc ce que Allah veut de toute éternité que les esclaves veuillent, leur volonté a lieu. Sinon leur volonté n’a pas lieu.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Et personne n’a de force pour accomplir l’obéissance à Allah et y persévérer si ce n’est par la réussite accordée par Allah"

 

Commentaire : C’est-à-dire que personne ne peut accomplir un acte de bien si ce n’est par la réussite accordée par Allah. Tout comme personne n’est préservé de la calamité de commettre des désobéissances sinon par la préservation de Allah.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Tout se passe selon la volonté de Allah ta^ala, conformément à Sa science, à Sa prédestination et à Sa destinée"

 

Commentaire : C’est-à-dire que tout acte que fait le fils de Adam et toute autre chose de ce qui entre en existence, que ce soit des substances ou ce qui advient aux substances, tout cela n’entre en existence que par la volonté de Allah, conformément à Sa science, à Sa prédestination et à Sa destinée. Rien donc ne se produit dans ce monde que conformément à ces quatre attributs.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Sa volonté domine toutes les volontés, Sa prédestination domine toutes les ruses"

 

Commentaire : C’est-à-dire que rien des volontés des esclaves n’aboutit si ce n’est par la volonté de Allah que cela aboutisse. Ainsi ils exercent leur volonté. Seulement, leurs volontés n’aboutissent que par la volonté de Allah. Celles des volontés dont Allah veut l’aboutissement aboutissent et celles dont Il ne veut pas l’aboutissement n’aboutissent pas. L’auteur a mentionné que les ruses des esclaves ne mènent que ce à quoi Allah tabaraka wa ta^ala a prédestiné. Ainsi ce que Allah tabaraka wa ta^ala n’a pas prédestiné c’est-à-dire ce qu’Il n’a pas créé, la ruse n’y aboutit pas.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il fait ce qu’Il veut et Il n’est absolument pas injuste. Il est exempt de tout mal et de toute injustice"

 

Commentaire : C’est ce qu’indique Sa parole ta^ala : [فَعَّالٌ لِّمَا يُرِيدُ](fa^^aloun lima yourid) [107] ce qui signifie : "Il fait ce qu’Il veut". Sa parole : "Il est exempt" c’est-à-dire Allah, "de tout mal et de toute injustice" c’est-à-dire de toute injustice. Allah tabaraka wa ta^ala est exempt du mal et de l’injustice car il n’est pas concevable de la part du Créateur, d’être attribué d’injustice et de tyrannie. En effet, l’injustice est concevable de la part de celui qui acquiert ses actes c’est-à-dire l’esclave. Quant au Créateur, Il n’est pas attribué d’injustice car le Créateur agit dans ce qui Lui appartient véritablement. Quant à l’esclave, il agit dans ce qui appartient à autrui. Ce qu’il fait conformément à la permission de son Créateur, ce n’est donc pas une injustice mais s’il agit en contradiction avec la permission de son Créateur, c’est-à-dire la permission légale, cela sera une injustice de sa part c’est-à-dire de la part de l’esclave.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il est exempt de tout défaut et de toute opprobre"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’Il est exempt de tout défaut.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : [لاَ يُسْأَلُ عَمّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلونَ] (la yous’alou ^amma yaf^alou wa houm yous’aloun) [sourat Al-’Anbiya / 23] ce qui signifie : "Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait mais Ses esclaves eux le seront".

 

Commentaire : C’est-à-dire que les esclaves, ce sont eux qui seront interrogés sur ce qu’ils font.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il y a dans l’invocation des vivants et dans leurs aumônes un profit pour les morts"

 

Commentaire : L’invocation est utile pour les morts des musulmans selon l’Unanimité et l’aumône également leur est profitable selon l’Unanimité. La récitation du Qour’an sur la tombe est également profitable pour le mort. Certains ont déduit la validité de la récitation du Qour’an sur la tombe à partir du hadith de la palme verte que le Prophète r avait coupée en deux, plantant une moitié sur l’une des deux tombes et l’autre moitié sur l’autre tombe en disant :((لعله يخفف عنهما ما لم ييبسا)) (la^allahou youkhaffafou ^anhouma ma lam yaybaça) [rapporté par les deux Chaykh] ce qui signifie : "Il se peut qu’il leur soit allégé un peu tant qu’ils n’auront pas séché". On tire de cela la preuve qu’il est valide de planter des arbres et de réciter le Qour’an sur les tombes. Si déjà les arbres allègent leur supplice, que dire de la récitation du Qour’an d’un homme croyant. An-Nawawiyy a dit : "Les savants ont approuvé la récitation du Qour’an auprès de la tombe et ils se sont appuyés en cela sur le hadith des deux palmes vertes. Ils ont dit : Si le profit parvient aux morts par leur tasbih lorsqu’elles sont encore vertes, le mort profite de la récitation du Qour’an auprès de sa tombe à plus forte raison" fin de citation. Ainsi la récitation du Qour’an d’une personne est plus profitable que le tasbih d’une tige. D’autre part, le Qour’an profitant à certaines personnes qui ont subi une nuisance durant leur vie, il profite au mort également.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah ta^ala exauce les invocations et satisfait aux besoins"

 

Commentaire : Allah ta^ala exauce les invocations et satisfait aux besoins par Sa grâce et Son don et non par obligation. S’Il n’exauçait pas, cela ne serait pas par injustice. Il nous a pourtant appris qu’Il exauce et Il ne contredit pas Sa parole. Cependant Il exauce ce qu’Il veut donner aux esclaves et non tout ce qu’ils demandent.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Il possède toute chose et rien ne Le possède. On ne se passe pas de Allah ta^ala même le temps d’un clin d’œil. Celui qui prétend se passer de Allah le temps d’un clin d’œil a fait de la mécréance et fait partie des gens de la perdition"

 

Commentaire : C’est-à-dire que Allah est Celui à Qui appartient toute chose et que toute chose a besoin de Allah ta^ala car Il est Celui Qui fait exister toute chose. Celui qui croit qu’il se passe de Allah le temps d’un clin d’œil est mécréant et fait partie des gens de la perdition.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Allah fait parvenir le châtiment (yaghdab) et agrée (yarda) mais pas comme l’une des créatures"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’il est un devoir de confirmer l’attribut de (al-ghadab) la volonté de châtier et l’attribut de l’agrément (ar-rida) à Allah tout en exemptant Allah ta^ala d’avoir une volonté de châtier et un agrément qui soient des sautes d’humeur. Ce sont deux attributs éternels exempts de début et exempts de fin. Quant à ce qui est parvenu dans le hadith rapporté par Al-Boukhariyy que ‘Adam et d’autres ont dit :((إن الله غضب اليوم غضبًا لم يغضب قبله مثله ولا يغضب بعده مثله)) (inna l-Laha ghadiba l-yawma ghadaban lam yaghdab qablahou mithlahou wa la yaghdabou ba^dahou mithlahou) ce qui est visé, ce sont les manifestations de la volonté de châtier et non l’attribut lui-même. En effet, l’attribut est éternel exempt de début exempt de fin, ce n’est pas une chose qui advient à l’Être de Allah. Cela signifie que Allah ta^ala a préparé pour ce jour-là des manifestations de Sa volonté de châtier qui n’ont pas eu de précédent auparavant et qu’Il ne fera rien de plus intense après cela. Allah ta^ala veut que ce jour-là aient lieu, parmi les manifestations de Sa volonté de châtier, des manifestations extrêmes. Allah ta^ala est pourtant tout puissant à créer ce qui serait plus intense que cela, seulement Il ne le fait pas. Ainsi le châtiment que Allah a réservé à Ses ennemis, Il a voulu de toute éternité le leur infliger dans l’au-delà sans que cela ne dépasse la limite qu’Il a voulue. C’est cela la signification de ce qui a été rapporté dans le hadith de l’intercession. La signification n’est pas qu’Il aurait un changement d’humeur à ce moment-là car le changement d’humeur est impossible au sujet de Allah. En effet, il est indispensable que celui qui change d’humeur soit entré en existence.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous aimons les compagnons du Messager de Allah r et nous n’exagérons pas dans l’amour envers l’un d’entre eux. Nous ne nous innocentons d’aucun d’entre eux. Nous détestons celui qui les déteste et qui les mentionne autrement qu’en bien. Nous ne les mentionnons qu’en bien, les aimer fait partie de la religion, c’est un signe de foi et un acte de bienfaisance"

 

Commentaire : Les compagnons du Messager de Allahr ce sont ceux qui l’ont rencontré en croyant en lui durant sa vie de la manière habituelle et non d’une manière extraordinaire. Ainsi les Prophètes qui se sont réunis avec lui la nuit de l’ascension dans la mosquée Al-’Aqsa ne sont pas comptés au nombre des compagnons car cette rencontre n’a pas eu lieu de la manière habituelle. Quant à sa parole : "Et nous n’exagérons pas dans l’amour envers l’un d’entre eux", elle veut dire que nous ne dépassons pas la limite dans l’amour de l’un d’entre eux tout comme l’ont fait certains innovateurs. La signification de sa parole : "Nous ne nous innocentons d’aucun d’entre eux" c’est-à-dire que nous ne déclarons mécréant aucun d’entre eux. La signification de : "Nous ne les mentionnons qu’en bien" est d’un point de vue global, mais d’un point de vue détaillé, nous faisons évidemment l’éloge en fonction de ce que la Loi requiert. Quant à sa parole : "Nous ne nous innocentons d’aucun d’entre eux" jusqu’à sa parole : "un acte de bienfaisance", cela ne signifie pas qu’il considère égaux tous ceux pour qui il a été confirmé qu’ils étaient compagnons. Il ne les considère pas égaux dans l’amour, le respect et l’honneur car ce n’est pas là ce qu’il vise. Ce qu’il vise, c’est que nous ne rejetons aucun de ceux pour qui il a été confirmé qu’il était compagnon et qui a persévéré sur cela jusqu’à la fin de sa vie, c’est-à-dire que nous n’excluons aucun d’entre eux du jugement d’être compagnon, c’est cela qui est visé. Car la compagnie le statut de compagnon–, si elle est prise dans le sens absolu de la réunion avec la foi en le Prophète, elle englobe ceux au sujet de qui le Messager a dit : Untel est dans l’enfer. En effet, il a dit au sujet d’une personne qui faisait partie des gens de As-Souffah chez qui on avait trouvé un ou deux dinars, le Prophète a dit : ((كيَّةٌ أَو كَيَّتَان بالنّار)) (kayyatoun ‘aw kayyatani bi n-nar) ce qui signifie : "Une ou deux brûlures par le feu". En effet, il montrait l’apparence d’être pauvre et cachait de l’argent. Il a dit au sujet d’un autre qui était avec le Messager dans la conquête, qui avait pris une cape, c’est-à-dire qu’il l’avait prise en cachette avant que le butin ne soit partagé : ((رأيت شملته تشتعل عليه نارًا )) (ra’aytou chamlatahou tachta^ilou ^alayhi nara) ce qui signifie : "J’ai vu sa cape brûler sur lui". Il a dit de quelqu’un d’autre qui combattait avec force les mécréants dans certaines conquêtes et qui avait plu à certains compagnons lorsqu’ils avaient vu son activité, le Messager avait dit de lui :((إنه في النار )) (‘innahou fi n-nar) [rapporté par Al-Boukhariyy]ce qui signifie : "Il sera en enfer". Il se peut que la raison de cette parole était qu’il faisait acte d’insincérité. En résumé, ce n’est pas chaque individu d’entre eux qui était pieu vertueux. De plus, sa parole r au sujet des gens de Siffin qui ont combattu ^Aliyy : ((إنهم دعاة إلى النار)) (‘innahou dou^atoun ‘ila n-nar) "Ce sont des gens qui appellent à l’enfer". Ces gens qui avaient combattu à Siffin, une petite partie d’entre eux était au nombre des compagnons, la plus grande partie n’étant pas des compagnons. Seulement, ils étaient de ceux qui sont entrés en Islam parmi les gens de Ach-Cham et qui ont été induits en erreur par Mou^awiyah et à qui Mou^awiyah avait donné l’illusion que ^Aliyy avait une part de responsabilité dans l’assassinat de ^Outhman. Alors que ^Aliyy en est innocent. Or lui c’est-à-dire Mou^awiyah après être parvenu à son objectif n’a plus cherché à mettre la main sur ceux qui avaient assassiné ^Outhman. On comprend de là qu’il recherchait des choses de ce bas-monde, tout comme l’a dit ^Aliyy, que Allah l’agrée, parmi ce qui a été rapporté de lui par Mouçaddad dans son Mousnad. Tous ceux-là dont le degré est inférieur à celui des grands compagnons, nous les aimons d’un seul et même point de vue : au nom de leur appartenance aux compagnons. Nous les aimons par rapport à cela et nous les aimons car ils ont été au service de la religion.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les haïr est de la mécréance, de l’hypocrisie et de l’injustice"

 

Commentaire : Ce qui est visé ici c’est de les haïr dans leur totalité. Celui donc qui hait l’ensemble des compagnons est un mécréant mais cela ne signifie pas que celui qui hait un seul d’entre eux devient mécréant, surtout s’il en hait certains en raison d’une cause légale.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous confirmons le califat après le Messager de Allah r en premier lieu pour Abou Bakr As-Siddiq, que Allah l’agrée, en raison de son mérite et de sa priorité sur toute la communauté, ensuite pour ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Outhman, que Allah l’agrée, ensuite pour ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Ce sont eux les califes bien guidés et les Imams de bonne guidée"

 

Commentaire : On apprend de cette expression que le meilleur de la communauté de Mouhammad selon le jugement de Allah est Abou Bakr, ensuite ^Oumar, ensuite ^Outhman, ensuite ^Aliyy. Quant au mérite de Abou Bakr et de ^Oumar sur ceux qui viennent après eux deux, c’est quelque chose d’établi par Unanimité des gens de la vérité. Quant au mérite de ^Outhman sur ^Aliyy,c’est ce sur quoi sont la plupart des savants de Ahlou s-Sounnah. Certains savants de Ahlou s-Sounnah l’ont contredit et ont dit : Nous n’accordons pas un mérite de l’un sur l’autre ni de l’autre sur le premier. Le terme "califes bien guidés" ne signifie pas que le califat bien guidé soit limité à ces quatre-là. Al-Haçan fils de ^Aliyy entre lui aussi dans le califat bien guidé. De même, ^Oumar Ibnou ^Abdi l-^Aziz est également appelé calife bien guidé.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les dix que le Messager de Allah r a nommés et à qui il a annoncé le paradis, nous témoignons qu’ils auront le paradis conformément à ce que le Messager de Allah r a témoigné qu’ils auraient, sa parole étant véridique. Il s’agit de Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman, ^Aliyy, Talhah, Az-Zoubayr, Sa^d, Sa^id, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf et Abou ^Oubaydah Ibnou l-Jarrah qui est l’Honnête de cette communauté, que Allah les agrée tous"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous témoignons du paradis en faveur des dix à qui le Prophète r a annoncé le paradis tout comme cela est parvenu dans le hadith rapporté par Abou Dawoud et d’autres. Sa^d Ibnou Abi Waqqas s’appelle Malik. Quant à Sa^id, il s’agit de Sa^id Ibnou Zayd. Abou ^Oubaydah s’appelle ^Amir.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Celui qui parle en bien au sujet des compagnons du Messager de Allah r, de ses épouses pures de toute souillure et de sa descendance purifiée de toute association, celui-ci sera innocenté de l’hypocrisie"

 

Commentaire : C’est-à-dire que les épouses du Prophète r qui ont eu la faveur de vivre avec lui, il est un devoir de les vénérer, de les aimer tout comme il est un devoir d’aimer les compagnons. La souillure qui est citée dans Sa parole ta^ala :[لِيُذْهِبَ عَنكُم الرِجْسَ أَهْلَ البَيْتِ](liyoudh-hiba ^ankoumou r-rijsa ‘ahla l-bayt) [sourat Al-’Ahzab / 33] ce qui signifie : "Pour vous purifier de toute souillure, Ô vous, gens de la famille du Prophète", c’est l’association. Quant au taqdis, le fait d’être mouqaddas, il s’agit de la purification. Ce mérite englobe les gens de sa famille : ^Aliyy, Fatimah, Al-Haçan, Al-Houçayn, Al-^Abbas et leurs semblables. Que personne ne se donne pour illusion que Ahlou l-Bayt désigne seulement les hommes, pour preuve Sa parole ta^ala : [قَالُوا أَتَعْجَبِينَ مِنْ أَمْرِ اللهِ رَحْمَتُ اللهِ وَبَرَكَـتُهُ عَلَيْكُمْ أَهْلَ البَيْتِ](qalou ‘ata^jabina min ‘amri l-Lahi rahmatou l-Lahi wa barakatouhou ^alaykoum ‘ahla l-bayt) [sourat Houd / 73] ce qui signifie : "Est-ce que tu es suprise de ce que Allah a destiné. Allah vous accorde Sa miséricorde et Ses bénédictions vous les gens de la famille". La parole dans cette ayah est adressée à l’épouse de ‘Ibrahim.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Les savants du Salaf parmi les prédécesseurs et ceux qui les ont suivis parmi les successeurs sont les gens du bien et de la tradition et les gens de la science et de la réflexion. Ils ne sont mentionnés qu’en bien. Celui qui les mentionne en mal n’est pas sur la bonne voie"

 

Commentaire : En effet, glorifier ces gens-là et les honorer revient à glorifier la religion agréée par Allah. Ce sont les successeurs du Messager pour transmettre la Loi de l’Islam aux gens. Il est donc un devoir de les honorer, de les glorifier et de les suivre car Allah nous a recommandé de faire des invocations et de demander le pardon pour eux par Sa parole : [ وَالَّذِينَ جَآءُو مِن بَعْدِهِمْ يَقُولُونَ رَبَّنَا اغْفِرْ لَنَا وَلإِخْوَنِنَا الَّذِينَ سَبَقُونَا بِالإِيمَـنِ وَلا تَجْعَلْ فِي قُلُوبِنَا غِلاًّ لِّلّذِينَ ءَامَنُواٍ](wa l-ladhina jaou min ba^dihim yaqoulouna Rabbana ghfir lana wa li’ikhwanina l-ladhina sabaqouna bi l-‘imani wa la taj^al fi qouloubina ghillan li l-ladhina ‘amanou) [sourat Al-Hachr / 10] ce qui signifie : "Ceux qui sont venus après eux disent : notre Seigneur pardonne-nous et à nos frères qui nous ont précédés dans la foi et ne fais pas qu’il y ait dans nos cœurs une haine à l’encontre de ceux qui ont cru". Telle est la voie des croyants, à savoir que les uns soient les partisans des autres en faveur de la réalité de la foi qui les a réunis. Allah ta^ala dit : [وَالمُؤْمِنُونَ وَالمُؤْمِنَـتِ بَعْضُهُمْ أَوْلِيَآءُ بَعْضٍ](wa l-mou’minouna wa l-mou’minati ba^douhoum ‘awliya’ou ba^d) [sourat At-Tawbah / 71] ce qui signifie : "Les croyants et les croyantes qui sont les partisans les uns des autres". Celui qui les mentionne en mal aura dévié de la voie de loyauté dans la religion. Ceci est un signe d’hypocrisie et d’échec et ce, parce que c’est grâce à leur vertu qu’ils sont devenus des gens que Allah agrée.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous ne préférons aucun des saints à aucun des prophètes ^alayhimou s-salam et nous disons qu’un seul prophète est meilleur que tous les saints"

 

Commentaire : Ceci en raison de Sa parole ta^ala : [وَكُلاًّ فَضَلْنَا عَلَى العَـلَمِينَ](wa koullan faddalna ^ala l-^alamin) [sourat Al-’An^am / 86] ce qui signifie : "A chacun, Nous avons accordé un degré supérieur au reste des mondes". C’est-à-dire qu’à chacun des prophètes qui ont été cités, Nous avons donné un mérite sur les mondes et ceci en raison du degré du statut de prophète. Tout autre prophète que ceux qui ont été cités partage ce mérite car la caractéristique par laquelle ils ont eu ce mérite se retrouve dans tous les autres, à savoir le fait d’être prophète. D’autre part, il n’est pas permis d’interpréter cette ayah par le fait que ce qui est visé, ce serait les gens de l’époque de ceux qui ont été cités. Ce serait alors une interprétation par un autre sens que le sens apparent, sans preuve. Ceci, on s’en abstient.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement à ce qui est venu au sujet de leurs prodiges et dont le récit a été rapporté d’une manière sûre par les gens dignes de confiance"

 

Commentaire : Il est un devoir de croire en les prodiges des saints. Ce sont les croyants qui s’attachent à la droiture dans l’obéissance à Allah. De plus, le prodige est une chose extraordinaire qui apparaît aux mains des croyants qui s’attachent à la droiture dans l’obéissance à Allah. Il se peut que ce que vise l’auteur par sa parole : "leurs prodiges" soit ce qui englobe également les miracles des prophètes car du point de vue de la signification selon la langue, c’est un prodige même si ce qui arrive aux prophètes et par quoi ils défient les mécréants de leur communauté est spécifié par le nom de miracle. Cela n’empêche pas d’employer une telle expression à ce sujet dans le sens qui englobe les deux. D’autre part, il se peut qu’il ait visé par sa parole : "leurs prodiges" les saints et non les prophètes.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement aux signes annonciateurs du jour du jugement, à savoir la sortie de l’imposteur (al-macih ad-dajjal) et la descente du ciel de ^Iça, le fils de Maryam, ^alayhi s-salam"

 

Commentaire : Le premier de ces signes selon ce qui apparaît dans ce qui a été rapporté dans Mouslim est la sortie de l’imposteur (ad-dajjal). D’autre part, les signes sont de deux sortes : les grands signes qui sont au nombre de dix et d’autres en-dehors d’eux que l’on appelle les petits signes. La descente de ^Iça du ciel fait partie des grands signes. Quant à ce qu’a mentionné un certain auteur des Qadiyaniyyah dans une édition à lui que pour ce qui est parvenu dans le hadith en tant que descente de ^Iça, il n’aurait pas été cité que sa descente a lieu du ciel, c’est une ignorance du hadith de sa part. En effet, il a été rapporté une version dans Al-Bayhaqiyy et dans d’autres encore : ((من السّماء)) (mina s-sama) ce qui signifie : "à partir du ciel". Ce qui l’a trompé, c’est que cela n’a pas été mentionné dans la plupart des versions.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous croyons fermement au lever du soleil à partir de son couchant et à la sortie de la bête de la terre de son endroit"

 

Commentaire : C’est-à-dire qu’il est un devoir de croire en cela. La mention du lever du soleil à partir de son couchant est parvenue dans Al-Boukhariyy et Mouslim. Quant à l’emplacement de la sortie de la bête, ce sera de As-Safa tel que c’est parvenu dans la tradition des compagnons. Mais cela n’ayant pas été confirmé par une voie sûre, ce n’est pas une obligation pour nous de croire qu’elle sortira de là-bas. Seulement, ce qu’il est un devoir pour nous de croire, c’est qu’elle sortira de l’endroit que Allah veut.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous n’accordons foi ni au devin ni au voyant ni à quiconque prétendant quelque chose qui contredise le Livre, la Sounnah la Tradition Prophétiqueou l’Unanimité de la communauté"

 

Commentaire : Le devin, c’est quelqu’un qui pratique l’annonce de ce qui devrait avoir lieu dans le futur en se basant sur un collaborateur à lui parmi les jinn ou en se basant sur les étoiles ou sur des prémices et des causes sur lesquelles ils se sont entendus. Quant au voyant, c’est celui qui parle des choses cachées qui ont déjà eu lieu comme le vol ou les objets perdus. Il n’est pas permis de croire ni à l’un ni à l’autre. D’autre part, sa parole : "l’Unanimité de la communauté" signifie le consensus des moujtahid. Celui qui contredit quelque chose sur laquelle les moujtahid se sont accordés, sa parole est réfutée. Quant à l’accord des chaykh d’un ou de deux, voire de trois pays sur une question de Loi, on n’appelle pas cela une Unanimité.

 

La preuve sur l’interdiction de consulter les devins et les voyants tient à de nombreux hadith parmi lesquels il y a le hadith de Mouslim : ((من أتى عرافاً فسأله عن شىء لم يقبل له صلاة أربعين ليلة)) (man ‘ata ^arrafan fasa’alahou ^an chay’in lam youqbal lahou salatoun ‘arba^ina laylah) ce qui signifie : "Celui qui vient consulter un voyant pour l’interroger sur quelque chose, sa prière ne sera pas acceptée pendant quarante nuits". Il y a aussi le hadith de Al-Hakim dans Al-Moustadrak : ((من أتى عرافاً فسأله أو كاهنًا فصدقه بما يقول فقد كفر بما أنزل على محمّد)) (man ‘ata ^arrafan fasa’alahou ‘aw kahinan fasaddaqahou bima yaqoulou faqad kafara bima ‘ounzila ^ala Mouhammad) ce qui signifie : "Celui qui consulte un voyant ou un devin et a cru en ce qu’il a dit aura mécru en ce qui a été révélé à Mouhammad" c’est-à-dire s’il a cru qu’il a connaissance des choses cachées. Celui qui est visé, ce n’est pas celui qui pense que cela peut correspondre à la réalité comme ne pas correspondre à la réalité. Dans ce cas-là, il ne devient pas mécréant mais aura été désobéissant pour les avoir interrogés. Parmi ceux qui rentrent dans cette catégorie, il y a ceux qui basent leurs présages en jetant une serviette ou en regardant au fond d’une tasse de café le marc ou encore celui qui se base sur le livre appelé Qour’atou l-’Anbiya ou encore le livre appelé Qour’atou t-Touyour ou encore le livre de Abou Ma^char Al-Falakiyy qui prétend que tous les états des humains sont liés aux douze constellations du zodiaque et que la vie de chaque nouveau-né revient à l’une de ces constellations. De même, ceux qui se basent sur le sable bien connu chez certains d’entre eux ou sur le jet de cailloux ou de graines pour ce faire. Parmi les devins, il y a ceux que les gens appellent les spiritistes (rouhaniyy), ils disent : Untel est un spirite. Ils se basent sur ses propos en croyant qu’il est en contact avec les anges alors qu’il ne se base en réalité que sur des jinn grands pécheurs, qu’ils soient mécréants ou pas.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous considérons que la Majorité est véridique et correcte et que la séparation est une déviation et une cause de châtiment".

 

Commentaire : Ce qu’il vise par la Majorité (al-jama^ah), c’est l’Unanimité des gens de la vérité sur une question de religion dans la croyance ou dans les branches de la Loi. Il se peut encore que ce qu’il vise par la Majorité (al-jama^ah), ce soit l’obéissance envers l’Imam pour lequel les musulmans se sont engagés par un pacte d’allégeance (bay^ah), parce que se désengager de l’Imam pour lequel le pacte a été validé, cela fait partie des grands péchés. Ceci vient de sa parole r : ((من خلع يداً من طاعة لقي الله لا حجّة له يوم القيامة ، ومن مات وليس في عنقه بيعة مات ميتة جاهلية)) (man khala^a yadan ^an ta^atin laqiya l-Laha la houjjata lahou yawma l-qiyamah ; wa man mata wa laysa fi ^ounouqihi bay^atoun mata mitatan jahiliyyah) [rapporté par Mouslim et d’autres] ce qui signifie : "Celui qui se désengage de l’obéissance au Calife viendra sans avoir aucune preuve pour se défendre au jour du jugement, et celui qui sera mort sans avoir prêté allégeance au Calife sera mort comme dans une mort jahiliyyah". Ceci concerne par exemple ceux qui se sont rebellés contre l’Emir des croyants ^Aliyy, que Allah l’agrée, et qui l’ont combattu. Il n’est pas valable de dire qu’ils ont fait un ijtihad –un effort de déduction– car ceci n’est pas basé sur un ijtihad légal. Pour preuve, la parole de ^Aliyy, que Allah l’agrée : "Banou ‘Oumayyah –les Omeyyades– me combattent, ils prétendent que j’ai assassiné ^Outhman et ils ont menti. Ils ne veulent que le pouvoir" [rapporté par le Hafidh Mouçaddad Ibnou Mousarhad dans son Mousnad]. Il en est de même de ^Ammar Ibnou Yaçir, que Allah les agrée tous les deux, dans ce qu’a rapporté de lui Al-Bayhaqiyy et Ibnou Abi Chaybah. Ces deux-là ont plus de connaissance de l’état de Mou^awiyah que celui qui a dit : (Ayant fait un ijtihad et s’étant trompé, il aura une seule récompense). Le spécialiste de la jurisprudence et de la science de al-kalam –la science du Tawhid Ibnou Fourak a rapporté dans son livre Maqalatou l-’Ach^ariyy la parole de l’Imam Abou l-Haçan Al-’Ach^ariyy concernant ceux qui se sont rebellés contre ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah l’agrée. Il a dit : "Al-’Ach^ariyy disait au sujet de ceux qui se sont rebellés contre lui et au sujet de ceux qui ont renié son califat qu’ils étaient tous sur l’erreur en ce qu’ils avaient fait. Ils n’avaient pas à faire ce qu’ils ont fait en reniant son statut d’Imam et en se rebellant contre lui. Il disait au sujet de ^A’ichah qu’elle n’avait voulu sortir que pour essayer de concilier entre les deux groupes, pour servir d’intermédiaire entre eux. Quant à Talhah et à Az-Zoubayr, ils étaient tous deux sortis contre lui en ayant fait une interprétation et un ijtihad. Ils avaient considéré que c’était correct par une sorte d’ijtihad mais c’était une erreur de leur part. Toutefois, ils étaient revenus sur cet avis et avaient regretté. Ils avaient manifesté le repentir et étaient morts en s’étant repentis de ce qu’ils avaient fait. De même, il disait au sujet de la guerre de Mou^awiyah que c’était par un ijtihad de sa part et que c’était erroné, faux et blâmable, qu’il s’agissait d’une rébellion dans le sens que c’était un abandon de l’obéissance à un Imam juste. Quant à l’erreur de Talhah et de Az-Zoubayr, il disait qu’elle a été pardonnée en raison de la nouvelle sûre rapportée du Prophète selon laquelle il leur a annoncé le paradis. Ceci figure dans ce qui a été rapporté concernant l’annonce de la bonne nouvelle du paradis à dix de ses compagnons, puisqu’il a mentionné parmi eux Talhah et Az-Zoubayr. Quant à l’erreur de ceux à qui le Messager de Allahr n’a pas annoncé le paradis, il est possible qu’elle soit pardonnée et effacée" fin de citation.

 

Ceci est donc un texte clair de la part de l’Imam de Ahlou s-Sounnah Abou l-Haçan Al-’Ach^ariyy que tous ceux qui l’ont combattu ont désobéi, que Talhah et Az-Zoubayr s’en sont repentis catégoriquement et que les autres sont sous la volonté. Il se peut que Allah pardonne à qui Il veut parmi eux. Après cela, il ne convient pas à un ‘ach^ariyy –quelqu’un de l’école de Al-’Ach^ariyy de contredire la parole de l’Imam et de dire : (Mou^awiyah et son armée n’étaient pas dans le péché) tout en reconnaissant qu’ils étaient des rebelles. Quant à celui qui dit qu’ils sont récompensés, il est encore plus loin de la vérité.

 

L’auteur a signifié par "la séparation" la contradiction de l’Unanimité. L’égarement ici, c’est le fait de s’éloigner de la droiture. Enfin sa parole : "un châtiment" est pour dire que le fait de quitter la majorité est une cause pour le châtiment, à savoir dans le bas-monde et dans l’au-delà.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "La religion que Allah agrée sur terre et au ciel est une seule et même religion, c’est la religion de l’Islam. Allah ta^ala dit :[إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلامُ](‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘Islam) [sourat ‘Ali ^Imran / 19] ce qui signifie : "Certes, la religion que Allah agrée c’est l’Islam" et Il dit ta^ala : [وَرَضِيتُ لَكُمُ الإِسْلامَ دِينًا](wa raditou lakoumou l-‘Islama dina) [sourat Al-Ma’idah / 3] ce qui signifie : "J’agrée pour vous l’Islam en tant que religion". Elle est entre l’outrance et la négligence, entre l’assimilation et le négationnisme"

 

Commentaire : C’est-à-dire que les anges ont pour religion l’Islam. Les croyants des gens de la terre, qu’ils soient humains ou jinn, ont pour religion l’Islam. La signification de la parole de Allah ta^ala :[إِنَّ الدِّينَ عِندَ اللهِ الإِسْلامُ](‘inna d-dina ^inda l-Lahi l-‘Islam) [sourat ‘Ali ^Imran / 19] c’est que la religion correcte qui est acceptée selon le jugement de Allah est l’Islam et que toute autre religion que l’Islam est fausse et infondée. Il y a en cela une preuve que les premiers humains étaient sur l’Islam. Ils n’avaient pas d’autre religion que l’Islam. Allah ta^ala dit : [كَانَ النَّاسُ أُمَّةً وَحِدَةً] (kana n-naçou ‘oummatan wahidah) [sourat Al-Baqarah / 213]. Ibnou ^Abbas a dit pour interpréter cette ayah : "Tous étaient sur l’Islam" [rapporté par Abou Ya^la dans son Mousnad et d’autres].

 

L’outrance (al-ghoulouww), c’est dépasser la limite fixée pour les esclaves de Allah dans le domaine de la religion. La négligence ou le laisser-aller (at-taqsir), c’est manquer d’atteindre la limite qui a été ordonnée. L’assimilation (at-tachbih), c’est assimiler Allah à Ses créatures. Le négationnisme (at-ta^til), c’est nier l’existence de Allah ou bien Ses attributs. Toutes ces choses qui viennent d’être citées, chacune d’elles est blâmée et infondée en raison de sa déviation de la voie de justice et de vérité.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Entre la croyance en la contrainte (al-jabriyyah) et la croyance que l’homme crée ses actes (al-qadariyyah)"

 

Commentaire : C’est-à-dire que la religion agréée par Allah est entre la croyance en la contrainte et la croyance que l’homme crée ses actes. La croyance en la contrainte, c’est de croire qu’aucun acte ne revient à l’homme. Quant à la croyance que l’homme crée ses actes, c’est de croire que l’homme créerait ses actes faits de son propre choix, par une puissance que Allah aurait créée en lui.

 

L’auteur a indiqué ici que les assimilateurs (mouchabbihah) sont mécréants et qu’ils ne sont donc pas musulmans, que les négationnistes (mou^attilah) sont des mécréants, que ceux qui prétendent que l’homme est contraint privé de volonté (jabriyyah) sont des mécréants et que ceux qui nient la destinée (les qadariyy) également appelés mou^tazilah, sont des mécréants. Il l’a repris ici pour montrer que les mou^tazilah sont mécréants en raison de deux points : le négationnisme, c’est-à-dire nier les attributs de Allah et leur prétention qu’ils créent leurs actes.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Entre se croire protégé du châtiment et désespérer de la miséricorde"

 

Commentaire : La signification de la parole de l’auteur : "Entre se croire protégé du châtiment et désespérer de la miséricorde" est la suivante : l’Islam, qui est la religion agréée par Allah, consiste à ce que l’esclave se maintienne entre la crainte et l’espoir. C’est la réalité même du fait d’être esclave de Allah. En effet, dans le fait de se croire protégé de ce dont Il a fait la menace, il y a la croyance en l’incapacité de châtier et dans le désespoir de Sa miséricorde, il y a la croyance en l’incapacité de pardonner. Ces deux croyances font sortir de la communauté, c’est-à-dire que c’est de la mécréance. Ceci est clair selon l’explication des matouridiyy des termes al-’amn et al-ya’s. Ce qui est devenu réputé chez les chafi^iyy, c’est de compter ces deux termes au nombre des grands péchés qui ne confirment pas l’apostasie.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Voilà notre religion, notre croyance en apparence et en réalité. Nous nous innocentons en prenant Allah à témoin, de tous ceux qui contredisent ce que nous avons mentionné et présenté ici"

 

Commentaire : C’est-à-dire que nous sommes innocents de tous ceux-là.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous demandons à Allah ta^ala de faire que nous persévérions sur la foi, qu’Il nous accorde de mourir sur elle et qu’Il nous préserve des différentes passions, des avis dispersés, des voies médiocres telles que celle des assimilateurs mouchabbihah, des mou^tazilah, des jahmiyyah, des jabriyyah, des qadariyyah et d’autres parmi ceux qui ont contredit As-Sounnah wa l-Jama^ah et se sont alliés à l’égarement"

 

Commentaire : L’auteur n’a fait que demander la persévérance sur la religion car cela fait partie des plus importants sujets de la religion. Allah ta^ala dit au sujet de Youçouf : [رَبِّ قَدْ ءَاتَيْتَنِي مِنَ المُلْكِ وَعَلَّمْتَنِي مِن تَأْوِيلِ الأَحَادِيثِ فَاطِرَ السَمـوَاتِ وَالأَرْضِ أَنتَ وَلِيِّ فِي الدُّنْيَا وَالآخِرَةِ تَوَفَّنِي مُسْلِمًا وَأَلْحِقْنِي بِالصَّالِحِينَ] (Rabbi qad ‘ataytani mina l-moulki wa ^allamtani min ta’wili l-‘ahadithi Fatira s-samawati wa l-‘ardi ‘anta waliyyi fi d-dounya wa l-‘akhirah ; tawaffani mousliman wa ‘alhiqni bi s-salihin) [sourat Youçouf / 101] ce qui signifie : "Seigneur Tu m’as accordé une souveraineté et Tu m’as appris l’interprétation des rêves. Toi le Créateur des cieux et de la terre, je me fie à Toi dans le bas-monde et dans l’au-delà. Fais-moi mourir musulman et fais que je sois au nombre des vertueux". Les passions (al-’ahwa) c’est le pluriel de (hawa), ce sont les choses incorrectes vers lesquelles penchent les âmes. Le mot (hawa) peut avoir le sens de l’amour, mais ce n’est pas ce qui est visé ici.

 

L’auteur a cité les assimilationnistes (mouchabbihah), les jahmiyyah et les qadariyyah pour insister sur ce qu’il a cité auparavant. En effet, la mise en garde contre ces voies-là fait partie de ce que Allah a rendu obligatoire. Les mouchabbihah ont été présentés précédemment. Quant aux jahmiyyah, il s’agit d’un groupe dont le nom est relatif à Jahm Ibnou Safwan qui disait : (Allah c’est cet air, avec toute chose et sur toute chose). Il prétendait que le paradis et l’enfer auraient une fin. Ibnou Taymiyah Al-Harraniyy l’a suivi dans sa prétention que l’enfer aura une fin. D’autre part, la parole de l’auteur : "et se sont alliés à l’égarement" signifie : se sont attachés.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Nous sommes innocents d’eux"

 

Commentaire : Ceci est un surcroît d’insistance sur ce qui a précédé.

 

L’auteur, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : "Ils sont pour nous des égarés, des gens médiocres et c’est par Allah qu’est la préservation et la réussite"

 

Commentaire : Il y a en cela également un surcroît d’insistance pour accroître le sentiment de répulsion à l’égard de tous ceux-là.

 

Ce commentaire a été complété par la grâce de Allah ta^ala et Son honneur le

dimanche neuf du mois de Dhou l-Hijjah de l’an mille quatre cent cinq de l’Hégire

bénie, dans la ville d’Istambul. La louange est à Allah le Seigneur des mondes,

et que l’honneur et l’élévation en degré soient accordés à notre maître

Mouhammad le dernier des prophètes et des messagers,

ainsi qu’à ses compagnons et aux gens de

sa famille excellents et purs.



[1] ceux qui attribuent à Allah le corps mais se défendent de le dire explicitement.

[2] ceux qui assimilent Allah à Ses créatures.

[3] à qui Allah a fait entendre Sa parole qui n'est ni de lettres ni de sons.

[4] ceux qui attribuent à Allah le corps.

[5] successeur direct des compagnons.

[6] le fait d'être Dieu, le fait d'être divin.

[7] les Salaf ce sont les musulmans des trois premiers siècles de l'Hégire.

[8] synecdoque (métonymie) : figure de rhétorique consistant à évoquer la partie pour le tout, le plus pour le moins, le singulier pour le pluriel ou le contraire, le sens étant compris par la raison. (ex.: les mortels pour les hommes ; un fer pour une épée ; une voile pour un navire). Ici : la souveraineté des esclaves désigne la souveraineté sujette à l'anéantissement accordée par Allah sur certaines choses du bas-monde.

[9] NdT : Cela ne veut pas dire que dans la tombe il y a le sol du paradis, il s'agit d'une ressemblance pour montrer qu'il y a ou la félicité ou le châtiment. Il y a des exemples de félicité. Parmi eux, il y a le fait que la personne ait l'odeur du paradis dans la tombe, que le sol soit rempli de verdure et que la tombe soit éclairée d'une lumière semblable à la lumière lors d'une nuit de pleine lune.

[10] 'ayah du Qour'an ou hadith du Prophète.