Explique que l'on peut devenir non-musulman
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Exemples de certaines croyances qui annule ton Islam
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Exemples de certains actes qui annule ton Islam
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Exemples de paroles qui annule ton Islam
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  بسم الله الرحمان الرحيم     


   *  Il est du devoir de tout musulman de conserver son Islam et de le garder de tout ce qui le corrompt, l'annule et le rompt, c'est-à-dire de l'apostasie et c'est par Allah ta"ala que l'on recherche la protection. An-Nawawiyy ainsi que d'autres ont dit : « L'apostasie est la plus odieuse sorte de mécréance ». A notre époque, le relâchement dans la parole est un fait si répandu qu'un certain nombre de gens prononcent des mots qui les font sortir de l'Islam sans considérer cela comme un péché alors que, bien pire, c'est de la mécréance. 

Ceci est conforme à la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم  : 

(( إِنَّ العَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالكَلِمَةِ لا يَرىَ بِهَا بَأْساً يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفاً )) 
(‘inna l-"abda layatakallamou bi l-kalimati la yara biha ba’san yahwi biha fi n-nari sab"ina kharifa)
 
qui signifie :
 
« Certes, il arrive que l'esclave de Allah prononce un mot dans lequel il ne voit pas de mal, mais à cause duquel il chutera en enfer pendant soixante-dix automnes ». 

C'est-à-dire une distance parcourue en soixante-dix ans de chute correspondant au temps nécessaire pour atteindre le fond de la géhenne qui est réservé aux mécréants. Ce hadith a été rapporté par At-Tirmidhiyy, qui lui a donné le degré de haçan. Il existe un autre hadith dans le même sens, rapporté par Al-Boukhariyy et Mouslim. Ce hadith est une preuve que la chute dans la mécréance ne requiert pas comme condition d'avoir eu connaissance du jugement de mécréance, de s’être satisfait de l'acte ni d’avoir cru en la signification du terme prononcé comme le prétend le livre Fiqhou s-Sounnah. De même, la chute dans la mécréance ne requiert pas comme condition de ne pas être en colère conformément à ce que An-Nawawiyy a signalé. Il a dit :
 
« Si un homme s'emporte contre son fils ou son esclave et qu'il le frappe violemment et qu'un autre lui dit : « N'es-tu pas musulman ? », s'il répond délibérément non, il aura apostasié ». D'autres que lui l'ont dit, parmi les hanafiyy et d'autres encore. 

Commentaire : C’est ce qui arrive à certaines personnes en confirmation de la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم  :
 
( إنّ العبد ليتكلّم بالكلمة لا يرى بـها بأساً يهوي بـها في النار سبعين خريفاً )(‘inna l-"abda layatakallamou bi l-kalimati la yara biha ba’san yahwi biha fi n-nari sab"ina kharifa) 

qui signifie : « Certes il arrive que l'esclave de Allah prononce un mot dans lequel il ne voit pas de mal mais à cause duquel il chutera en enfer pendant soixante-dix automnes »,
 
c’est-à-dire qu’il se peut que quelqu’un dise une parole qu’il ne considère pas nuisible pour lui mais qui lui fera mériter d’être entraîné jusqu’au fond de l’enfer, c’est-à-dire de chuter d’une distance de soixante-dix ans, atteignant ainsi un lieu réservé aux mécréants que même les désobéissants musulmans n’atteindront pas. 


   * L'apostasie est de trois sortes, comme l'ont classée An-Nawawiyy, d'autres savants parmi les chafi^iyy et les hanafiyy, et d'autres encore : croyances, actes et paroles. Chaque sorte se ramifie en des branches nombreuses. 

Commentaire : Sache qu’il y a des croyances telles que si elles arrivent à quelqu’un, il sort de l’Islam. 
Parmi ces croyances il y a 

   . croire que le monde existe de toute éternité par son genre et sa composition ou par son genre seulement 

   . ou croire ce qui entraîne l’entrée en existence au sujet de Allah ta"ala comme le fait de croire que Sa volonté est entrée en existence c’est-à-dire que Allah veut quelque chose après ne pas l’avoir voulue ; 

   . ou croire que Sa science est entrée en existence ou qu’Il lui arrive de savoir quelque chose après ne pas l’avoir sue, car l’entrée en existence d’un seul attribut au sujet de Allah entraîne l’entrée en existence de Son Être. Or l’entrée en existence contredit la divinité.
 
   . De même, il y a le fait de croire à la couleur au sujet de Allah ta"ala ou de croire possible à Son sujet le mouvement ou l’immobilité. En effet, s’Il était immobile Il aurait des semblables innombrables et s’Il était en mouvement Il aurait des semblables innombrables.
 

Par ailleurs, parmi les actes qui font sortir la personne de l’Islam il y a
 
  . jeter le Mous-haf dans les ordures. 


Quant aux paroles qui font sortir leur auteur de l’Islam, elles sont encore plus nombreuses comme cela est prouvé par la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم : 

(( أكثر خطايا ابن ءادم من لسانه )) 
(‘aktharou khataya bni ‘Adama min liçanihi) 

qui signifie : « La plupart des péchés du fils de ‘Adam proviennent de sa langue » [rapporté par At-Tabaraniyy avec une bonne chaîne de transmission du hadith de Ibnou Mas"oud]. 


Chacune de ces trois catégories fait sortir à elle seule de l’Islam sans qu’elle soit accompagnée ou qu’elle soit jointe à une autre de ces trois catégories. C’est-à-dire que les paroles de mécréance qui font sortir de l’Islam suffisent à elles-seules pour faire sortir de l’Islam sans pour autant qu’elles soient accompagnées d’une croyance ou d’un acte. C’est sur cela que se sont accordés les savants, ils ont été unanimes là-dessus. Il n’y a donc aucune considération à donner à ceux qui ont contredit cela à l’exemple de Sayyid Sabiq qui s’est singularisé, s'est égaré et qui a composé un livre appelé « Fiqhou s-Sounnah » dans lequel il dit dans le chapitre de l’apostasie : (Le musulman n’est pas considéré comme étant sorti de l’Islam et on ne le juge apostat que s’il a ouvert son cœur à la mécréance, s’en est satisfait et s’y est engagé par les actes). Il suffit pour lui répliquer de lui mentionner le hadith rapporté par Al-Boukhariyy, Mouslim et At-Tirmidhiyy. Le hadith de At-Tirmidhiyy a déjà été cité précédemment. Le point qui est un argument contre la parole de Sayyid Sabiq c’est la parole du Prophète صلى الله عليه وسلم  : 

(( لا يرى بـها بأساً )) (la yara biha ba’san) qui signifie : « … dans lequel il ne voit pas de mal » 

c’est-à-dire qu’il y a des paroles qui font sortir l’homme de l’Islam sans aucune différence entre le fait qu’il se soit satisfait de la mécréance ou qu’il ne se soit pas satisfait de la mécréance suite à cette parole. 


   ** De la première sorte, par la croyance,
 
   * il y a douter au sujet de Allah, de Son messager, du Qour'an, du jour dernier, du paradis, de l'enfer, de la récompense, du châtiment ou de toute autre chose du même genre faisant partie de ce qui fait l'objet de l'Unanimité ,
 
   * ou croire que le monde existe de toute éternité par son genre et sa composition ou bien par son genre seulement, 

   * ou nier un des attributs de Allah qui sont obligatoirement Siens par Unanimité, comme le fait qu'Il sache tout. 

Commentaire : Cela signifie que celui à qui il arrive un doute au sujet de l’existence de Allah devient mécréant. De même pour celui qui a douté au sujet du message d’un des messagers de Allah dont le message est connu d’évidence dans la religion, ou qui a douté au sujet de la révélation du Qour’an à notre maître Mouhammad صلى الله عليه وسلم  ou qui a douté au sujet du jour dernier, du paradis ou de l’enfer, si cela aura lieu ou non. 

Parmi les choses qui constituent une mécréance également, il y a le fait de croire que le monde est éternel, qu’il n’a pas de début aussi bien par son genre que par sa composition comme l’ont dit les philosophes, ou par son genre seulement comme l’a dit Ibnou Taymiyah. Les musulmans ont été unanimes sur la mécréance des deux groupes de pensée, ceci ayant été rapporté par Az-Zarkachiyy dans son livre Tachnifou l-Maçami" comme cela a été précédemment cité.
 
De même devient mécréant celui qui renie l’un des attributs de Allah ta"ala qui Lui sont obligatoires selon l’Unanimité comme le fait qu’Il sait tout ou qu’Il est puissant ou qu’Il est vivant ou le fait qu’Il entend ou qu’Il voit, et personne n’est excusé pour son ignorance de ces attributs. Ibnou l-Jawziyy a dit : « Celui qui renie la puissance de Allah sur toute chose devient mécréant par accord des savants » c’est-à-dire sans aucune divergence ; ceci a été rapporté par Al-Boukhariyy. Une fois ceci connu on sait dès lors que personne n’est excusé pour son ignorance au sujet de la toute-puissance de Allah et des autres attributs de cet ordre, quel que soit le degré d’ignorance qu’ait atteint cette personne. Garde le souvenir et aie présent dans ton cœur ce qu’a rapporté Ibnou l-Jawziyy lorsqu’il a rapporté l’Unanimité. Or le degré de Ach-Chafi"iyy est bien trop élevé pour qu’il soit sorti de l’Unanimité. 


   * ou attribuer à Allah ce dont Il est obligatoirement exempt par Unanimité, comme le corps. 

Commentaire : Cela signifie que celui qui attribue à Allah le corps, s’il croit que Allah est un corps ou s’il le dit, il devient mécréant. Le corps c’est toute chose qui a un volume c’est-à-dire une longueur, une largeur et une profondeur, qu’il soit grand ou petit comme le grain de moutarde ou plus petit encore que le grain de moutarde comme la poussière telle la particule que l’on voit en suspension dans la lumière du soleil qui passe au travers d’une fente dans la maison. Celui qui croit donc que Allah est un corps ou qui dit par sa langue que Allah est un corps aura apostasié. Car il est un devoir d’exempter Allah de cela. En effet s’Il était un corps petit comme cette particule en suspens que l’on voit à la lumière du soleil, Il aurait des semblables. Tandis que s’Il était un corps très grand comme le Trône, Il aurait également des semblables et de ce fait, la divinité ne serait pas valable pour Lui. Il en est de même pour ce qui a une taille intermédiaire c’est-à-dire comprise entre la taille du grain de poussière et celle du Trône. 


   * ou considérer licite ce qui est interdit selon l'Unanimité, connu d'évidence dans la religion et ne pouvant échapper à la personne concernée, comme la fornication, la sodomie, le meurtre, le vol ou l'usurpation. 

Commentaire : C’est-à-dire que devient mécréant celui qui croit qu’une chose interdite selon l’Unanimité des musulmans et connue d’évidence chez eux comme étant une chose interdite, est licite. Cela veut dire que c’est connu sans avoir besoin de réfléchir et d’argumenter. Quelqu’un qui se rend licite une telle chose devient mécréant, ceci vaut dans le cas où la personne n’est pas excusée. Dans le cas où la personne est excusée, comme si, étant entrée récemment en Islam et n’ayant pas su que les musulmans interdisent la fornication par exemple, elle a dit, après être entrée en Islam que la fornication n’est pas interdite, on ne la déclare pas mécréante, mais on lui enseigne ce qui est correct. 


   * ou également considérer illicite ce qui est licite de façon manifeste comme la vente et le mariage. 

Commentaire : Cela veut dire que celui qui considère illicite –c’est-à-dire faisant mériter un châtiment dans l’au-delà– quelque chose qui est licite pour les musulmans et qui est connue d’évidence chez eux comme étant licite –à savoir que les savants aussi bien que les ignorants savent que c’est quelque chose de licite, comme par exemple la vente ou le mariage– celui-là devient donc mécréant. Mais ce n’est pas le cas de celui qui s’abstient lui-même d’une chose tout en croyant qu’elle est licite, comme lorsqu’un homme dit à son épouse : Tu m’es interdite, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant. 


   * ou également nier l'obligation d'un devoir faisant l'objet de l'Unanimité, comme les cinq prières, ou une seule prosternation de ces prières, la zakat, le jeûne, le pèlerinage et le woudou' –la petite ablution–. 

Commentaire : Cela signifie que parmi les choses qui font sortir de l’Islam, il y a nier le caractère obligatoire d’une chose sur laquelle les musulmans ont été unanimes qu’elle est obligatoire d’une manière claire et apparente, son obligation étant connue des savants comme des ignorants. Tel est le cas de celui qui renie les cinq prières, une seule prosternation de ces prières, la zakat, l’obligation du jeûne de Ramadan, l’obligation du pèlerinage pour celui qui en est capable, l’obligation du ghousl après la janabah, ce reniement est une apostasie et une mécréance. 


   * ou également considérer obligatoire ce qui ne l'est pas par Unanimité. 

Commentaire : Cela signifie que celui qui considère obligatoire ce qui ne l’est pas selon l’Unanimité des musulmans, quelque chose de clair et de connu par les musulmans comme n’étant pas obligatoire, celui-là devient mécréant. 


   * ou encore nier le caractère méritoire selon la Loi de l'Islam de ce qui est méritoire par Unanimité. 

Commentaire : Cela veut dire que parmi les choses qui constituent une mécréance par la croyance, il y a le fait de nier par le cœur le caractère méritoire de ce qui fait l’objet de l’Unanimité et qui est connu des musulmans comme étant méritoire par évidence dans la religion, c’est-à-dire d’une manière claire aussi bien chez les savants que chez les ignorants, comme les rawatib et al-witr. 


   * décider d'apostasier dans le futur ou de faire dans le futur une des choses citées ci-dessus ou hésiter entre apostasier ou non. 

Commentaire : C’est-à-dire que devient immédiatement mécréant celui qui décide dans son cœur de devenir mécréant dans le futur ou qui décide de faire l’une des choses citées précédemment ou encore qui hésite entre le faire et ne pas le faire. 


   * mais pas si cela traverse l'esprit sans qu'on l'ait voulu. 

Commentaire : Ce qui veut dire que ce n’est pas le cas de celui à qui est passé à l’esprit l’une de ces idées de mécréance sans que ce soit de sa propre volonté. Il ne devient pas mécréant dans ce cas car cela ne fait pas partie de ce que la personne peut empêcher, et Allah ne charge l’esclave que de ce dont il est capable. Ceci est général pour toute chose. Celui à qui est passé à l’esprit une idée passagère qui contredit la confirmation de l’existence de Allah, du paradis ou de l’enfer alors qu’il a la croyance ferme en leur réalité, cette idée qui lui a traversé l’esprit n’annule pas sa foi. Au contraire, ses récompenses augmenteront en détestant ce qui lui a traversé l’esprit. Ce qui est visé ici par « idée passagère » c’est ce qui n’est ni un doute ni une croyance. 


   * ou nier le statut de compagnon de notre maître Abou Bakr, que Allah l'agrée. 

Commentaire : Ainsi, celui qui renie le statut de compagnon de notre maître Abou Bakr par son cœur, c’est-à-dire que s’il a eu pour croyance que Abou Bakr n’était pas un compagnon du Messager de Allah, il devient mécréant. Par contre, celui qui renie le statut de compagnon de "Oumar, de "Outhman ou de "Aliyy ne devient pas mécréant. Ceci parce que Allah n’a pas mentionné dans le Qour’an un texte indiquant le statut de compagnon de "Oumar, de "Aliyy ou de "Outhman. Quant à Abou Bakr, Allah a indiqué son statut de compagnon par un texte dans le Qour’an. Il dit, ta"ala : 

(’idh yaqoulou lisahibihi la tahzan ‘inna l-Laha ma"ana) [sourat At-Tawbah / 41] 

ce qui signifie : « Il dit à son compagnon : Ne sois pas chagriné Allah nous donne la victoire». 


   * ou le message de l'un des messagers dont le message fait l'objet de l'Unanimité. 

Commentaire : Celui qui renie le message de l’un des messagers au sujet duquel les musulmans ont été en accord qu’il fait partie des messagers de Allah, est un apostat mécréant. Ce qui est visé ici par le message c’est le statut de prophète. Ainsi, celui qui renie le statut de prophète de l’un des prophètes au sujet duquel les musulmans ont été unanimes à dire qu’il est prophète, il aura apostasié et sera devenu mécréant. Ici, il y a un détail. A savoir que parmi les messagers au sujet desquels les musulmans ont été unanimes à dire qu’ils sont messagers, il y a ceux qui ont été connus comme étant messagers par la majorité des musulmans et il y a une grande partie d’entre eux qui n’ont pas été réputés comme étant des messagers. On dit donc : Celui qui renie le statut de prophète ou de messager de l’un de ceux sur lesquels les musulmans ont été unanimes à ce sujet sera devenu mécréant, sauf s’il ne le savait pas car il n’a jamais su que tel était le cas. Dans ce cas-là, nous ne le déclarons pas mécréant, mais nous lui enseignons ce qui est correct. 

Par contre, s’il y a eu divergence sur le fait qu’ils soient prophètes-messagers, prophètes seulement ou uniquement saints comme Al-Khadir "alayhi s-salam, il n’y aura pas de mal à craindre pour celui qui aura déclaré l’une de ces choses. 


   * ou renier par entêtement une lettre faisant partie du Qour'an selon l'Unanimité ou lui rajouter une lettre rejetée par l'Unanimité en croyant qu'elle en fait partie par entêtement. 

Commentaire : Est également considéré apostat celui qui renie une lettre au sujet de laquelle les musulmans ont été en accord à dire qu’elle fait partie du Qour’an. Il en est de même pour celui qui ajoute une lettre au Qour’an alors que les musulmans ont été unanimes à dire qu’elle n’en fait pas partie, ceci par entêtement et non en croyant à tort qu’elle en fait partie. Par contre celui qui a ajouté une lettre dans la récitation pour, selon sa prétention, en embellir la récitation, sans pour autant croire qu’elle fait partie du Qour’an, il n’a pas commis de mécréance . 


   * Démentir un messager, le déprécier ou utiliser un diminutif de son nom par dénigrement. 

Commentaire : Cela signifie que celui qui dément un prophète parmi les prophètes de Allah aura apostasié. Il en est de même de celui qui rabaisse un prophète, c’est-à-dire qui lui attribue un défaut ou utilise un diminutif de son nom pour le dénigrer ou le rabaisser, comme s’il appelait "Iça : "Ouyayça ou s’il disait de Mouça : Mouwayça par rabaissement et dénigrement.
Par contre, celui qui le dit pour manifester ainsi son amour envers lui, on ne le déclare pas mécréant mais on lui dit qu’il est interdit d’utiliser un diminutif lorsqu’il s’agit du nom d’un prophète de Allah. 


   * ou considérer possible le statut de prophète à quelqu'un venant après notre prophète Mouhammad صلى الله عليه وسلم . 

Commentaire : Cela veut dire que devient mécréant celui qui a cru qu’il est possible qu’un prophète vienne après Mouhammad صلى الله عليه وسلم , c’est-à-dire que la révélation de la prophétie descende sur lui alors qu’il n’a pas été prophète avant Mouhammad. Il en est de même de celui qui doute à ce sujet, comme s’il se disait qu’il est possible qu’Untel ait reçu le statut de prophète. Or il est apparu un groupe appelé ‘Ahmadiyyah ou Qadiyaniyyah qui a cru en un homme appelé Ghoulam ‘Ahmad du Pakistan, mort il y a environ cent ans. Ils ont cru qu’il était un prophète du renouveau. Certains ont dit qu’il est un prophète à l’ombre de Mouhammad, c’est-à-dire qu’il n’avait pas un statut de prophète indépendant mais qu’il se réclamait de notre maître Mouhammad ; tout cela est de la mécréance, car le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit :
 
(( وَخُتِمَ بي النَّبِيُّونَ )) 
(wa khoutima biya n-nabiyyoun)
 
ce qui signifie : « L'envoi des prophètes a été scellé par moi ». 


   ** La deuxième sorte, par les actes : 

   * il y a par exemple se prosterner pour une idole, le soleil, la lune ou pour toute autre créature dans le but de l’adorer. Se prosterner devant quelqu’un pour le saluer est interdit dans notre Loi mais c’était permis dans la Loi de prophètes antérieurs comme dans le cas des anges qui se sont prosternés pour ‘Adam à titre de salutation. 
Se prosterner pour une idole, le soleil ou la lune est de la mécréance dans tous les cas de même que se prosterner pour le chaytan, comme le font certaines personnes qui veulent apprendre la sorcellerie. C’est de la mécréance dans tous les cas. 

   * Il y a également le fait de jeter aux ordures le Mous-haf ou une feuille comportant un passage du Qour'an, un nom honoré, une citation du hadith ou toute autre science de la religion. 

Commentaire : La deuxième sorte d’apostasie est l’apostasie par les actes comme par exemple la prosternation pour une idole. Une idole, c’est ce qui est adoré à part Allah, qu’elle soit de fer, de pierre précieuse, de bois, de pierre ou d’autre chose encore. Ainsi, celui qui se prosterne pour une idole, que cela soit par conviction ou non sera devenu mécréant. Il en est de même pour celui qui se prosterne pour le soleil ou pour une autre créature en vue de l’adorer. Par contre celui qui se prosterne pour un roi ou ce qui est du même ordre pour le saluer et non pour l’adorer ne devient pas mécréant. Toutefois cela est interdit dans la Loi de notre prophète Mouhammad de façon absolue alors qu’il était permis dans la loi de prophètes antérieurs de se prosterner pour un être humain en vue de lui rendre hommage. 

   
   ** La troisième sorte, par les paroles :
 
elles sont très nombreuses et on ne peut les énumérer exhaustivement. Parmi elles,
 
   * il y a traiter un musul¬man de mécréant, de juif, de chrétien ou d’impie, en visant par là que la religion qu’il suit est une mécréance, un judaïsme, un christianisme ou n'est pas une religion et non dans le but de comparer son comportement à celui de ces non musulmans. 

Commentaire : Cela veut dire que les termes qui font sortir de l’Islam celui qui les dit, même s’il ne croyait pas en cela, sont très nombreux. Comme par exemple si quelqu’un traite un musulman de mécréant, de chrétien, de juif ou d’impie en visant par là que le musulman dont il parle n’est pas sur l’Islam. Ceci est une apostasie qui fait sortir de la religion celui qui la prononce. Par contre, celui qui dit ces quatre paroles en faisant une mauvaise interprétation ne devient pas mécréant, c’est à-dire en voulant dire : « Tu ressembles aux mécréants par la bassesse de tes actes » ou bien « Tu ressembles aux juifs ou aux chrétiens par tes mauvais actes » ou encore « Tu es comme quelqu’un qui n’a pas de religion », c’est-à-dire que c’est comme si tu n’œuvrais pas conformément à la religion, parce que le musulman accompli est celui dont les musulmans sont saufs de sa langue et de sa main. Ceci est néanmoins interdit ; et celui qui dit de telles paroles a commis un grand péché. 


   * Il y a aussi se moquer d’un des noms de Allah ta"ala, de Sa promesse ou de Sa menace, pour quelqu’un à qui il ne peut échapper que ceci est attribué à Allah soubhanah.

Commentaire : Cela signifie que devient mécréant celui qui se moque de l’un des noms de Allah, c’est-à-dire qui rabaisse l’un de Ses noms, qui se moque de la promesse de Allah ta^ala envers les croyants, à savoir du paradis et de ce qu’Il y a réservé pour eux, ou qui se moque de la menace de Allah envers les mécréants et les grands pécheurs, de la menace de châtiment dans l’au-delà, alors que cette promesse ou cette menace dont il s’est moqué n’est pas ignorée par celui qui s’en est moqué et qu’il savait qu’elle est rapportée dans la religion de l’Islam. Il en est de même également pour la parole de certains impudents qui, lorsque l’enfer est mentionné devant eux disent : (Nous nous y réchaufferons ce jour-là), car cela comporte un démenti de ce que Allah ta^ala nous a transmis, puisqu’Il nous a appris que le feu de l’enfer est extrêmement intense. Par contre, celui qui renie ou qui se moque d’une sorte de menace de Allah tout en ignorant qu’elle en fait partie, cette menace ne faisant pas partie des choses évidentes connues à la fois des savants et des ignorants, il n’aura pas commis de mécréance. Tel est le cas de celui qui a nié l’existence des scorpions en enfer. De même ne devient pas mécréant celui qui est récemment entré en Islam et qui a nié l’existence de l’enfer, c’est-à-dire qu’il n’avait pas entendu que les musulmans croyaient en l’existence de l’enfer dans leur religion. Quant à celui qui a déjà entendu que les musulmans croient en l’existence de l’enfer et qu’il s’y trouve un feu intense que Allah y a réservé et qui le renie malgré cela, celui-là devient mécréant. 


   * Il y a par exemple dire : "si Allah m'ordonnait de faire telle chose, je ne la ferais pas" ou "si la qiblah était changée vers telle direction, je ne m'orienterais pas vers elle pour prier" ou "si Allah me donnait le paradis, je n'y entrerais pas" par dédain ou par entêtement dans tout cela. 

Commentaire : Cela signifie que celui qui dit ces expressions devient mécréant s’il les dit pour rabaisser l’ordre de Allah qu’Il ordonne à Ses esclaves d’accomplir, pour rabaisser la qiblah, pour rabaisser le paradis ou s’il le dit par entêtement. 


   * ou encore dire : "Si Allah me punit parce que je ne prie plus avec la maladie que j'ai, Il sera injuste envers moi". 

Commentaire : Cela signifie que si un malade a perdu patience à cause de sa maladie et que quelqu’un lui dit : « Fais la prière ! N’abandonne pas la prière, il t’est un devoir de l’accomplir ! », s’il répond : ( Si Allah me punit parce que je ne prie plus à cause de cet état, alors Il sera injuste) il aura commis de la mécréance, car il y a en cela un rabaissement de Allah ta"ala. 


    * ou dire au sujet d'un acte : "c'est arrivé sans que Allah l'ait prédestiné" ; 

   * ou dire : "Si tous les prophètes", ou "tous les anges", ou "tous les musulmans témoignaient devant moi de telle chose, je ne l'accepterais pas d'eux" ; 

   * ou dire : "Je ne ferai pas ceci, même si c'est recommandé " dans l'intention de se moquer ; ou dire : "Si Untel était prophète, je ne croirais pas en lui "
 

Commentaire : Cela signifie que si l’on dit à quelqu’un : « Ceci est arrivé par la prédestination de Allah, toute chose est par la prédestination de Allah », et qu’il répond : (Cet acte est arrivé sans la prédestination de Allah, c’est moi qui l’ai fait et Allah ne l’a pas prédestiné), il aura commis de la mécréance. Cela vaut aussi bien pour les bons actes que pour les mauvais, car tout ce que fait l’esclave est prédestiné par Allah. En revanche, la prédestination de Allah pour cela n’est pas mauvaise. Ce qui est mauvais, c’est l’acte que l’esclave fait alors que Allah le lui a interdit. Ainsi, l’esclave est blâmé, mais pas Allah. On ne s’oppose pas à Lui concernant Sa prédestination de cet acte. 

De même, celui qui dit : (Si les prophètes, les anges ou l’ensemble des musulmans témoignaient devant moi de telle chose je ne l’accepterais pas d’eux), c’est un mécréant apostat sans aucun détail. 

Cela est également le cas pour celui qui dit : « Je ne ferais pas cela même si c’est sounnah » en voulant se moquer de la sounnah du Messager de Allah. Quant à celui qui n’a pas voulu se moquer de la sounnah, mais qui a visé par là qu’il n’accomplirait pas la sounnah car c’est telle personne qui lui a dit de le faire, c’est-à-dire qu’il ne veut pas exécuter l’ordre de cette personne, dans ce cas-là il ne devient pas mécréant. De même si on dit à quelqu’un : « Pourquoi délaisses-tu les rawatib ? Pourquoi te limites-tu aux obligations ? » et qu’il répond : « Je ne les ferais pas même si elles sont sounnah », sans viser par-là une moquerie envers la sounnah, dans ce cas-là il ne commet pas de mécréance. 


   * ou dire à un savant qui donne un avis de jurisprudence : "Qu'est-ce que c'est que cette Loi ?" par dédain envers le jugement de la Loi de l'Islam, 

Commentaire : Cela signifie que celui qui dit ces paroles en voulant se moquer du jugement de la Loi devient mécréant. Par contre, si quelqu’un ne voulait pas se moquer du jugement de la Loi mais avait simplement voulu renier ce que disait un moufti qui a donné un avis infondé, c’est-à-dire voulant dire par-là que ce moufti a donné un avis qui n’est pas conforme à la Loi, il a dit cette parole voulant se moquer de ce qu’il a dit. C’est comme s’il lui avait dit : « Mais qu’est-ce que tu prétends comme faisant partie de la Loi alors que cela n’en fait pas partie ». Dans ce cas-là il ne devient pas mécréant. Le fond de ses paroles est : « Ce n’est pas la Loi que Allah nous a ordonnée mais ce n’est que ton avis à toi, moufti ». 


    * ou dire : " Que Allah maudisse tous les savants" en visant l'absolue totalité d'entre eux. Quant à celui qui n’a pas voulu maudire ainsi l’absolue totalité des savants mais a seulement voulu maudire par cette phrase les savants de son époque ET qu’il y avait dans le contexte de la discussion ce qui indique cette restriction, en raison de ce qu’il pense d’eux et de leur mauvais état, celui-ci ne devient pas mécréant, même si ses propos ne sont pas saufs de désobéissance ; 

Commentaire : Quant à celui qui n’a pas voulu maudire l’absolue totalité des savants, mais qui a seulement voulu maudire les savants de son époque alors qu’il y avait dans le contexte de la discussion ce qui l’indique, ceci en raison de ce qu’il pense de leur mauvais état, il ne devient pas mécréant, même si sa parole n’est pas sauve de désobéissance. 


   * ou dire : "Je n'ai plus rien à voir avec Allah" ou "avec les anges" ou "avec le Prophète" ou "avec la Loi de l'Islam" ou "avec l'Islam", 

Commentaire : Cela signifie que celui qui dit ces paroles devient mécréant même s’il est en colère, car la colère n’est pas une excuse comme cela a été précédemment cité. 


   * ou dire : "Je ne connais pas ce jugement" en voulant ironiser sur le jugement révélé par Allah. 

Commentaire : Ainsi, si quelqu’un dit : « Je ne connais pas ce jugement », après qu’un juge légal lui a donné un jugement de la Loi par exemple, en voulant se moquer de la Loi et en visant par-là qu'il n'a aucune considération pour ce jugement, il devient mécréant apostat. 


   * Il y a aussi dire après avoir rempli un verre :  وَكَأْساً دِهَاقاً  
[sourat An-Naba' / 34] (wa ka'san dihaqa) ce qui signifie : « et un verre plein », cette 'ayah faisant référence à un verre rempli à ras-bord de boisson du paradis ; ou après avoir achevé une boisson dire :  فَكَانَتْ سَرَاباً 
[sourat An-Naba' / 20] (fakanat saraba) ce qui signifie : « c'était un mirage », cette 'ayah faisant référence aux montagnes qui s'évanouiront au jour du jugement comme si elles étaient un mirage ; ou au moment de peser ou de mesurer un volume : وَإِذَا كَالُوهُمْ أَوْ وَزَنُوهُمْ يُخْسِرُونَ
[sourat Al-Moutaffifin / 3] (wa 'idha kalouhoum 'aw wazanouhoum youkhsiroun) ce qui signifie : « et s'ils mesurent un volume ou pèsent pour les autres, ils diminuent » ; ou à la vue d'un rassemblement :  وَحَشَرْنَاهُم فَلَمْ نُغَادِرْ مِنْهُمْ أَحَداً
[sourat Al-Kahf / 47] (wa hacharnahoum falam noughadir minhoum 'ahada) ce qui signifie : « et Nous les rassemblerons sans en laisser aucun de côté » cette 'ayah faisant référence au jour du jugement lorsque les gens seront rassemblés et que nul ne sera laissé de côté, lorsque tout ceci est dit par dédain envers la signification de ces 'ayah et de même en toute situation où le Qour'an est utilisé dans ce but. Si ce n'était pas dans ce but-là, celui qui s’exprime ainsi ne commet pas de mécréance, mais le Chaykh 'Ahmad Ibnou Hajar a dit qu’il n’est pas difficile d’en comprendre le caractère illicite. 

Commentaire : Cela signifie que celui qui cite ces paroles du Qour’an dans ce genre de contexte, comme après avoir rempli un verre en disant :  وَكَأْساً دِهاقاً (wa ka’san dihaqa) ce qui signifie : « Et un verre plein » en voulant se moquer de ce que Allah a promis aux croyants au Paradis comme boisson, il aura en effet commis de la mécréance.  وَكَأْساً دِهاقاً (wa ka’san dihaqa) qui signifie : « Et un verre plein » veut dire un verre remplis à ras-bord de boissons plaisantes. 

Ibnou Hajar a dit : « Il n’est pas difficile à quelqu’un de comprendre que citer des ’ayah dans de telles situations, même si cela n’est pas à titre de rabaissement est interdit, car c’est un manque de considération à l’égard du Qour’an ». 


   * De même, devient mécréant celui qui insulte un prophète ou un ange, ou dit : « Je serais un vrai proxénète si je priais » ou « Je n'ai rien gagné de bon depuis que je fais la prière » ; ou encore s’il dit : « la prière, ce n'est pas pour moi » dans l'intention de se moquer ; 

Commentaire : Cela signifie que celui qui dit ces paroles sort de l’Islam. Il n’y a pas de différence entre celui qui insulte l'ange Jibril, "Azra’il ou tout autre qu’eux. 

Quant à celui qui dit : (Je serais un vrai proxénète si je priais), il s’est moqué de la prière et l’a rabaissée, c’est pour cela qu’il est devenu mécréant.
 
Il en est de même pour celui qui dit : (Je n’ai rien gagné de bon depuis que je fais la prière). Et est semblable à cela la parole du commun des gens qui est : (Jeûne et prie, tu deviendras pauvre !). 

Il en est de même pour celui qui dit : (La prière ce n’est pas pour moi) en voulant se moquer de la prière. Par contre, si c’est une femme qui a les menstrues qui dit : « La prière ce n’est pas pour moi » visant par-là qu’il ne lui est pas permis de faire la prière durant les jours de menstrues, ce n’est pas une apostasie. De même si quelqu’un qui, étant éprouvé par l’incontinence d’urine et ignorant, ne connaissait pas les lois relatives à l’incontinence et croyait qu’il ne pouvait pas faire la prière selon la Loi jusqu’à ce qu’il n’ait plus son incontinence, il n’est pas déclaré mécréant. 


   * ou celui qui dit à un musulman : « Je suis ton ennemi et l'ennemi de ton prophète » ou bien à un descendant du Prophète : « Je suis ton ennemi et l'ennemi de ton ancêtre » en visant le Prophète صلى الله عليه وسلم  ; ou celui encore qui dit des choses du même genre que ces expressions laides et abominables. 

Commentaire : Parmi les paroles qui font tomber dans l’apostasie, il y a dire à un musulman : (Je suis ton ennemi et l’ennemi de ton prophète). La moquerie et le rabaissement en cela sont clairs, c’est pour cela que celui qui le dit est mécréant. Est également mécréant celui qui dit à un charif, c’est-à-dire à quelqu’un qui est Haçaniyy ou Houçayniyy, à savoir quelqu’un de la descendance de Al-Haçan ou de Al-Houçayn, les deux petit-fils du Messager de Allah صلى الله عليه وسلم  : les deux fils de sa fille Fatimah, s’il lui dit : (Je suis ton ennemi et l’ennemi de ton ancêtre) en visant par « ton ancêtre » le Prophète, il devient dans ce cas-là mécréant. Par contre, s’il avait visé un de ses ancêtres qui a succédé au Prophète, sans viser le Prophète lui-même, dans ce cas-là on ne le déclare pas mécréant. Il en est de même pour toute expression qui indique une moquerie à l’égard du Prophète, qui lui attribue un défaut "alayhi s-salatou wa s-salam, ou bien qui attribue à Allah une imperfection comme ces paroles qui indiquent le changement de la volonté éternelle de Allah, ce qui revient à croire que Allah aurait voulu l’arrivée d’une chose de toute éternité et qu’Il aurait ensuite changé cette volonté, ou encore ce qui revient à croire que Allah sait que telle chose est ainsi, puis qu’Il l’a sue contraire à cela ; tout ceci est de la mécréance. Parmi les paroles de mécréance, il y a la parole de certains qui disent : (Allah a voulu créer Unetelle homme, puis Il l’a créée femme) et inversement. En effet, il y a en cela l’attribution de l’ignorance à Allah. Il y a également l’attribution du changement de Sa volonté éternelle, alors que le changement est impossible s’agissant de Allah Lui-même ou de l’un de Ses attributs, car le changement est le signe de l’entrée en existence et l’entrée en existence contredit la divinité. Les textes parmi lesquels le sens apparent pourrait laisser croire autrement doivent être interprétés par un autre sens, car dans ce cas-là ce n’est pas le premier sens qui est visé. 


   * De nombreux spécialistes de la jurisprudence, tels que le faqih hanafiyy Badrou r-Rachid et le juge malikiyy Al-Qadi ^Iyad, que Allah leur fasse miséricorde, en ont énuméré beaucoup. Il convient donc d'en prendre connaissance car celui qui ne connaît pas le mal risque d'autant plus d'y tomber. 

Commentaire : Certains spécialistes du fiqh parmi les chafi"iyy, les malikiyy et d’autres ont mentionné de nombreux cas d’apostasie ; ceux qui en ont énuméré le plus sont les hanafiyy. Quant à Badrou r-Rachid, c’est un spécialiste du fiqh hanafiyy du huitième siècle de l’Hégire qui a composé un ouvrage qu’il a intitulé Riçalatoun fi ‘Alfadhi l-Koufr . Quant à Al-Qadi "Iyad, il est malikiyy et il est décédé dans le sixième siècle. 


La règle est que toute croyance, tout acte ou toute parole qui signifie une moquerie ou un dédain à l'égard de Allah, de Ses Livres, de Ses messagers, de Ses anges, des rites ou des signes de la religion agréée par Allah, de Ses lois, de Sa promesse ou de Sa menace est une mécréance. Alors, que chacun prenne garde à cela, de toutes ses forces dans n'importe quelle situation. 

Commentaire : Cela veut dire que ce qui indique un rabaissement ou une moquerie est une mécréance. Par contre, ce qui indique un manque de considération qui n’arrive pas au rabaissement, c’est-à-dire tout ce qui comporte un manquement à la glorification et à la correction, cela est interdit. 

Les spécialistes du fiqh ont dit : « Sont exceptés de la mécréance par la parole : 

   • le cas du lapsus de langue, c’est-à-dire lorsque la personne dit quelque chose de ce genre sans l’avoir voulu, cela est provenu de sa langue sans qu’il ait voulu le dire du tout. 

   • le cas de la perte de conscience ou de raison, c’est-à-dire la perte de la raison. 

   • le cas de la contrainte, ainsi celui qui a prononcé de la mécréance par sa langue en étant contraint par la menace de la mort ou ce qui est de cet ordre alors que son cœur est satisfait par la foi, il ne devient pas mécréant ». 

Avertissement : Il convient d’ajouter à leur parole : « Est excepté de la déclaration de mécréance celui qui l’a dite dans le cas du lapsus de langue, de la perte de conscience ou de la contrainte par la mort » les paroles suivantes : « Est excepté le cas de celui qui rapporte la mécréance d’autrui », c’est-à-dire que dans ce cas-là il ne commet pas de mécréance s’il ne l’approuve pas. 


   * Il est du devoir de celui qui a commis une apostasie de revenir immédiatement à l'Islam, en prononçant les deux témoignages et en abandonnant la cause de son apostasie. Il est de son devoir de regretter ce qu'il a commis et d'avoir la ferme intention de ne pas récidiver. 

Commentaire : Le jugement de la Loi concernant celui qui s’est retrouvé dans une apostasie, c’est qu’il lui est un devoir de revenir à l’Islam en prononçant les deux témoignages et en abandonnant ce qui a été la cause de l’apostasie, c’est-à-dire la chose par laquelle l’apostasie a eu lieu. Il lui est également un devoir de regretter ce qui lui est arrivé comme apostasie et de prendre la résolution de ne pas recommencer. La résolution de ne pas recommencer n’est pas une condition pour que l’entrée en Islam soit valable, mais s’il a témoigné en ayant l’intention de se libérer de la mécréance, c’est valable de sa part. Il lui est un devoir après cela de prendre la résolution de ne pas recommencer pour le repentir et le regret. Quant aux péchés que la personne a commis avant cela, ils nécessitent également un repentir. 


   * Par l'apostasie, son jeûne est rompu, ainsi que son tayammoum , son mariage avant la consommation ainsi qu'après s'il ne revient pas à l'Islam pendant la période d'attente postmaritale. Le contrat de mariage d'un apostat avec une musulmane ou une non musulmane n'est pas valable. Il est illicite de manger ce qu'il égorge. Il n'hérite pas et on n'hérite pas de lui. On ne fait pas la prière funéraire pour lui, on ne le lave pas, on ne l'enveloppe pas dans un linceul, on ne l'enterre pas dans un cimetière de musulmans et ses biens seront dépensés dans l'intérêt des musulmans. 

Commentaire : Ce qui vient d’être cité constitue quelques-uns des jugements relatifs à l’apostat. 
Parmi ces jugements, il y a que le mariage qui n’a pas été consommé est annulé par la simple apostasie de l’un des deux époux. Ainsi l’apostasie intervenant avant la consommation du mariage annule ce mariage. La femme ne sera licite pour l’homme, même si lui ou elle revient à l’Islam, qu’avec un nouveau contrat. Par contre, si l’apostasie a eu lieu après la consommation du mariage et qu’il revient à l’Islam avant la fin de la période d’attente postmaritale, le mariage est rétabli sans avoir à le renouveler. Toutefois si la période d’attente postmaritale s’est écoulée avant le retour de l’un ou l’autre à l’Islam, c’est-à-dire avant le retour à l’Islam de celui des deux qui a apostasié, le mariage ne sera rétabli qu’avec un nouveau contrat de mariage. Il y a encore parmi ces jugements que le contrat de mariage d’un apostat n’est pas valable, ni avec une apostate comme lui, ni avec une musulmane, une juive, une chrétienne ou une idolâtre. 
Il y a encore que l’animal que l’apostat égorge n’est pas licite à la consommation. 
D’autre part il n’hérite pas, c’est-à-dire qu’il n’hérite pas de son proche musulman s’il meurt et on n’hérite pas de lui, c’est-à-dire que son proche parent musulman n’hérite pas de lui si cet apostat meurt. 
On n’accomplit pas la prière funéraire en sa faveur. Cela veut dire qu’il n’est pas permis d’accomplir la prière funéraire pour lui lorsqu’il meurt. De même, on ne le lave pas, cela signifie qu’il n’est pas un devoir de le laver. Toutefois s’il a été lavé, il n’y a pas de péché en cela. On ne l’enveloppe pas dans un linceul et on ne l’enterre pas dans un cimetière de musulmans. Cela veut dire que ce n’est pas permis. Donc, celui qui l’a enterré dans un cimetière de musulmans aura commis un péché. 
Par ailleurs, ses biens seront dépensés pour l’intérêt des musulmans. C’est-à-dire que les biens de l’apostat, après sa mort due à une exécution ou autre, seront fay’, dépensés pour l’intérêt des musulmans. 
L’apostasie est confirmée par l’aveu de l’apostat ou par la preuve claire, c’est-à-dire par le témoignage de deux hommes justes. Par contre s’il n’y en a qu’un qui témoigne, il ne lui sera pas appliqué les lois relatives à l’apostat. 


   * Chapitre : Il est du devoir de tout moukallaf d'accomplir tous les actes que Allah a rendu obligatoires sur lui. Il est de son devoir d’accomplir ses obligations conformément à ce que Allah lui a ordonné – à savoir en effectuant leurs piliers et en remplissant leurs conditions de validité , et il est de son devoir de se garder de faire les choses qui les annulent. 

Commentaire : Il est un devoir d’accomplir les obligations que Allah a rendues obligatoires pour Ses esclaves, qu’il s’agisse d’une prière, d’un jeûne, d’une aumône obligatoire, d’un pèlerinage ou autre, de la manière que Allah a ordonné d'accomplir : en faisant les piliers et en vérifiant les conditions de validité. 
On comprend de sa parole : « Et de se garder des choses qui les annulent » qu’il est un devoir pour la personne de connaître quelles sont les choses qui annulent ces obligations pour s’en garder. 


   * Il est un devoir d'ordonner à celui qu'on a vu en délaisser quelque chose ou les pratiquer d'une manière inappropriée, de les pratiquer de la manière appropriée. 

Commentaire : Il est du devoir de la personne responsable d’ordonner à celui qu’elle a vu délaisser quelque chose de ce que Allah a ordonné d’accomplir, et d’ordonner à celui qu’elle a vu pratiquer l’une de ces obligations d’une manière inappropriée de l’accomplir de façon qu'elle devienne correcte. Ceci vaut dans le cas où il a manqué à une obligation ou qu’il a effectué une cause d’annulation selon l’Unanimité des Imams. Par contre si elle l’a vu manquer à quelque chose sur laquelle il y a divergence, elle ne la blâmera pas pour cela. 


   * Il est de son devoir de l'y contraindre si on en a la capacité, 

Commentaire : Celui qui a pris connaissance que quelqu’un n’accomplit pas ses obligations correctement ou les délaisse complètement et que celui-ci n’obéit que sous la contrainte, il lui est alors un devoir de l’y contraindre, c’est-à-dire de l’obliger à les faire, s’il en est capable. 


   * sinon il est de son devoir de le réprouver dans son cœur au cas où on est dans l'incapacité de contraindre ou d'ordonner, ceci étant le minimum que la foi exige, c'est-à-dire le minimum que l’on doit faire en cas d'incapacité à agir. 

Commentaire : Celui qui est incapable de contraindre la personne qu’il a vue délaisser certaines obligations ou les accomplir d’une manière qui n’est pas correcte, en ayant su que sa prière n’est pas valable, que son jeûne n’est pas valable ou que son pèlerinage n’est pas valable, il lui est un devoir de réprouver cela dans son cœur, c’est-à-dire de détester l’acte de cette personne qui est contraire à la Loi par son cœur. S’il l’a réprouvé par son cœur, il sera sauf du péché, et ceci est le minimum de la foi, c’est-à-dire le minimum que la foi exige et pour être sauf du péché. 
Ce qui est visé par « la vision » dans le hadith :
 
(( مَن رَّأَى مِنْكُم مُّنكَراً فَلْيُغَيِّرْهُ بِيَدِهِ )) 
(man-ra’a minkoum mounkaran falyoughayyirhou biyadih) 

qui signifie : « Celui d’entre vous qui voit un mal qui se pratique, qu’il le change par sa main», 

c’est le fait de prendre connaissance de cette chose blâmable et non pas particulièrement de la voir de ses yeux. 
Par contre, si quelqu’un est capable de réprouver par la main ou la parole, il ne lui est pas suffisant de le réprouver par le cœur, cette réprobation ne le sauve pas de la désobéissance à Allah. Celui qui est sauvé de la désobéissance, c’est celui qui l’a réprouvé par la main s’il en est capable, s’il ne peut pas par la langue et s’il ne peut pas par le cœur. 


Il est un devoir d'abandonner toutes les choses interdites, de les interdire à celui qui les commet et de l'en empêcher par la contrainte si on en est capable. Sinon, c’est un devoir de le réprouver dans le cœur. 

Commentaire : Ceci vaut dans le cas où ces choses blâmables sont de l’ordre des instruments de musique interdits et des figurations en trois dimensions en les détruisant pour celui qui en est capable. S’il s’agit d’alcool ce sera en le vidant et en le jetant. Pour tout cela il est une condition que cela ne mène pas à quelque chose d’encore plus blâmable que ce qui est réprouvé. Sinon ce n’est pas permis, car ce serait se détourner d’un mal pour un mal pire. C’est la signification de sa parole : « Sinon, il est un devoir de le réprouver dans le cœur ». 


   * L'illicite (al-haram) est ce dont Allah a menacé du châtiment celui qui le commet et a promis la récompense à celui qui l'abandonne. Son opposé est le devoir (al-wajib). 

Commentaire : Ceci est la définition de l’illicite (al-haram), cela veut dire que l’illicite, c’est ce dont Allah a rendu obligatoire de s’abstenir à Ses esclaves. Cela signifie qu’il y a un châtiment dans l’au-delà à le commettre et une récompense à l’abandonner.